La Birmanie poursuit son ouverture

Par Geoffroy de Becdelièvre  |   |  407  mots
« Nous rendre visite maintenant reviendrait à cautionner le régime actuel » selon la célèbre opposante birmane, Aung San Suu Kyi.
Longtemps isolée, la Birmanie fait aujourd’hui face à un afflux massif de visiteurs étrangers. Depuis la fin de la dictature en 2011, cette hausse spectaculaire du tourisme est encouragée par les instances politiques, ttous bords politiques confondus. Une nouveauté pour la jeune République.

Voyager en Birmanie du temps de la junte était l'objet de débats éthiques importants. Aung San Suu Kyi, la célèbre opposante birmane, avait affirmée de son côté à la fin des années 90 :

« La Birmanie sera encore là pendant de nombreuses années, alors (...) rendez-nous visite plus tard. Nous rendre visite maintenant reviendrait à cautionner le régime actuel ».

Il est vrai que le pouvoir militaire avait fait du tourisme une arme politique : création d'un ministère du tourisme et de l'hôtellerie, organisation d'une campagne de communication « Visit Myanmar » en 1996... Le tout savamment orchestré par les généraux birmans avides de devises étrangères pour acheter des armes et, qui plus est, propriétaires d'une bonne partie des grands hôtels du pays.

Libéralisation progressive

Suite au changement de régime en 2011 et à la levée des sanctions internationales, c'est une nouvelle page du tourisme birman qui s'écrit. Le nouveau pouvoir a récemment autorisé les grands groupes étrangers à investir dans le pays : Accor vient ainsi d'ouvrir son premier établissement en Birmanie, sept autres devraient suivre dans les prochaines années.

Côté touristes, le seuil du million de visiteurs en Birmanie a été dépassé pour la première fois en 2012, celui des trois millions l'année dernière ! Le président birman Thein Sein a prôné pour une libéralisation des conditions d'entrée des touristes et, depuis septembre, les ressortissants d'une quarantaine de pays (dont la France) peuvent faire leur demande de visa directement sur Internet.

Bien sur, des problèmes sociétaux persistent dans le pays mais voyager en Birmanie ne pose plus le même cas de conscience que dans les années 90. D'ailleurs, le parti de la « Dame de Rangoon », désormais présent au Parlement, n'appelle plus au boycott et préfère prôner un tourisme responsable, profitant véritablement à l'ensemble de la population.

Pour se faire, le mieux est encore de séjourner dans des petites guest houses, les anciens dirigeants du pays contrôlant toujours une partie de l'économie locale. Ce sera aussi l'occasion d'apprécier au mieux la culture et le quotidien des birmans. Car si les relations extérieures du pays se normalisent peu à peu, voyager en Birmanie constitue encore et toujours un moment unique.

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