Le nouveau business des « casas particulares » à Cuba

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(Crédits : mickeym23)
Après plus de 50 ans de guerre froide, l’heure est au dégel entre les États-Unis et Cuba avec l’annonce par Barack Obama du rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays. Difficile de prédire comment ce réchauffement va affecter la république socialiste, politiquement et économiquement. L’embargo n’étant pas levé, un statu quo semble le plus probable. Mais se dirige-t-on vers une libéralisation de l’économie cubaine ?

J'irai dormir chez vous

Raùl Castro, et avant lui Fidel, n'ont pas attendu cet accord historique pour injecter une dose de capitalisme dans leur communisme. En 1997, le régime a ainsi autorisé les particuliers à louer des chambres à des étrangers. Une petite révolution au pays du socialisme puisque cette loi permettait donc aux individus de faire du profit financier. Le parc hôtelier de l'île appartenant majoritairement à l'Etat, cette entreprise personnelle n'était toutefois pas facilitée. Pendant longtemps, les Cubains n'ont pu louer que deux chambres maximum de leur logement. Mais, en 2011, le gouvernement a dû libéraliser cette location touristique afin de donner une bouffée d'air - et de capitaux - à sa population. Il est désormais légal de louer plus de deux chambres par logement voire même une maison entière. Cette libéralisation a non seulement augmenté la capacité d'accueil de l'île mais a également permis à un certain nombre d'habitants de bénéficier d'une source de revenus supplémentaires. Depuis 4 ans, les chambres d'hôtes, appelées casas particulares, se sont ainsi multipliées dans les villes et à la campagne.

A la rencontre des Cubains

Choisir d'habiter dans une casa particular pendant son séjour sur l'île, c'est découvrir Cuba autrement, plus personnellement. On ne dort pas uniquement chez l'habitant, on vit avec lui, chez lui, dans sa famille. On dispose de notre chambre, parfois de notre salle de bains personnelle, mais la cuisine est commune. Et, si on le désire, on peut y déguster des petits déjeuners copieux tout comme de gargantuesques repas faits-maison préparés par notre hôte. Plus authentique, cet hébergement permet un véritable échange, que l'on n'a pas forcément lorsqu'on loge à l'hôtel. On découvre comment vit vraiment la population en s'immergeant dans son quotidien et on profite de l'accueil chaleureux des Cubains qui conservent leur joie de vivre malgré les restrictions et les difficultés de la vie dans leur pays.

Une libre entreprise pas tout à fait libre


Et des difficultés, il y en a. Car tout n'est pas simple pour ces entrepreneurs en pays socialiste, l'enrichissement de la population ne faisant pas bon ménage avec les idéaux égalitaristes du castrisme. Pour obtenir la licence nécessaire à l'ouverture d'une casa particular, un Cubain doit payer chaque mois une taxe très élevée à l'Etat, de 150 à 300 CUC par chambre alors que le salaire mensuel est de 10 à 30 CUC. Une somme due, que la chambre soit louée ou pas. Depuis 2011, l'hôte doit aussi s'acquitter d'une taxe gastronomique mensuelle, même si le touriste hébergé ne prend pas ses repas dans la casa. Enfin, l'année achevée, un nouvel impôt sur les bénéfices est à régler. L'équilibre financier est donc difficile à trouver pour certaines maisons d'hôtes. Ainsi, si ce commerce privé fournit effectivement un revenu supplémentaire aux foyers cubains, il profite au final beaucoup plus à l'État.

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Commentaires
a écrit le 31/12/2014 à 15:38 :
Article profondément débile. Les C P existent depuis vingt ans, principalement à la Havane et pour une raison très simple, les cubaines étaient interdites à l' hôtel, donc c' était la meilleure solution pour "profiter" de l' "accueil chaleureux du pays(autre cliché éculé pour pigiste débutant) car dans l' état du pays, l' accueil est proportionnel aux dollars -et c' est tout à fait normal, le touriste beauf/lambda souhaitant le beurre, etc..Et ce type de touriste est largement majoritaire là-bas, Français, canadiens, etc..
a écrit le 31/12/2014 à 8:21 :
j'ai eu le plaisir de partir à CUBA deux fois et à chaque voyage en casa particular. Je peux donc confirmer que l'accueil des Cubains a toujours été de grande qualité. Humainement ce sont des gens extraordinaires et malgré l'embargo ils sont toujours prêts à partager ce qu'ils ont. Les petits déjeuners sont effectivement copieux et de grande qualité. "les difficultés annoncées sur cette île ne sont donc pas contradictoires avec des déjeuners copieux" Déjeuners en plus de grande qualité. Il n'y pas besoin d'être richissime pour partager, mais ce que je retiens surtout c'est la qualité de coeur des Cubains. La révolution est en marche et tant mieux.
Réponse de le 04/01/2015 à 19:47 :
@teix: les latinos dans leur ensemble sont des gens accueillants et leur culture est proche de la nôtre. Par conséquent, on s'y sent bien :-)
a écrit le 30/12/2014 à 10:15 :
"Nouveau" !
Vous ne manquez pas d'air (ou alors ce papier a été écrit par un stagiaire)
Réponse de le 30/12/2014 à 19:35 :
Tout a fait d'accord . Ce sont les employés de l'agence cubaine de tourisme a Paris qui m ont propose , apres avoir refuse une location a l'hotel , de loger dans leur famille alors que je faisais un voyage en individuel .
a écrit le 29/12/2014 à 22:46 :
Difficultés toujours annoncées sur cette île ne sont ils pas contradictoires avec le petit déjeuner copieux?
Il est heureux de noter que les cubains avaient bien longtemps eu développer une pratique dont on découvre les bienfaits en France.

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