Pour ses 50 ans, Davos appelle à créer une « valeur commune »

Par Klaus Schwab  |   |  621  mots
Klaus Schwab, fondateur du symposium européen du management en 1971, qui deviendra le Forum économique mondial en 1987. (Crédits : Denis Balibouse/Reuters)
MANIFESTE. Avant l’édition 2020 du Forum économique mondial, qui s’est tenu du 21 au 24 janvier à Davos (Suisse), son fondateur, Klaus Schwab, en a publié le manifeste, sous le signe de « l’objectif universel d’une entreprise dans la Quatrième Révolution Industrielle ». En voici le texte intégral.

«A. Une entreprise a pour objectif...

... d'impliquer tous ses partenaires dans la création d'une valeur commune et pérenne. Pour ce faire, l'entreprise doit répondre non seulement aux besoins de ses actionnaires, mais également des autres acteurs qu'elle implique : employés, clients, fournisseurs, communautés locales et la société dans son ensemble. Le meilleur moyen de comprendre et d'harmoniser les intérêts divergents consiste à susciter un engagement commun en faveur de politiques et de décisions qui renforcent la prospérité de l'entreprise à long terme.

  • I. Une entreprise est utile à ses clients...

... dès lors qu'elle leur apporte une proposition de valeur qui répond au mieux à leurs besoins. Elle accepte et encourage la concurrence loyale et les règles du jeu équitables. Elle ne tolère pas la corruption. Elle assure la fiabilité et le sérieux de son écosystème numérique d'intervention. Elle communique à ses clients toutes les informations relatives à la fonctionnalité de ses produits et services, y compris leurs implications indésirables ou aspects externes négatifs.

  • II. Une entreprise traite son personnel...

... avec dignité et respect. Elle respecte la diversité et cherche toujours à améliorer les conditions de travail et le bien-être des employés. Dans notre monde en constante évolution, l'entreprise favorise le maintien de l'aptitude à l'emploi en permettant l'acquisition de nouvelles compétences ou l'adaptation à la formation continue.

  • III. Une entreprise considère ses fournisseurs...

... comme de véritables partenaires de création de valeur. Elle laisse une chance équitable aux nouveaux entrants sur le marché. Elle intègre le respect des droits de l'homme à l'ensemble de la chaîne logistique.

  • IV. Une entreprise est au service...

... de la société dans son ensemble à travers ses activités. Elle soutient les communautés dans lesquelles elle travaille et s'acquitte des impôts qui sont dus. Elle garantit une utilisation sûre, éthique et efficace des données. Elle agit en qualité de garant de l'univers environnemental et matériel des générations à venir. Elle protège consciemment notre biosphère et se fait le défenseur d'une économie circulaire, commune et régénérative. Elle s'attelle à toujours repousser les limites de la connaissance, de l'innovation et de la technologie pour améliorer le bien-être de chacun.

  • V. Une entreprise fournit à ses actionnaires...

... un retour sur investissement qui tient compte des risques entrepreneuriaux engagés et de la nécessité d'innover et d'opérer des investissements durables en continu. Elle assure une gestion responsable de la création de valeur à court, moyen et long terme en vue de produire des rendements durables pour les actionnaires sans toutefois privilégier le présent au détriment du futur.

B. Une entreprise est...

... plus qu'une simple entité économique qui génère des richesses. Elle répond à des aspirations humaines et sociétales dans le cadre du système social général. Ses performances doivent être mesurées non seulement en termes de retour pour les actionnaires, mais également de réalisation des objectifs environnementaux, sociaux et de bonne gouvernance. La rémunération des dirigeants devrait prendre en compte leurs responsabilités vis-à-vis de tous les acteurs impliqués.


C. Une entreprise dont les activités s'étendent à l'international est...

... non seulement au service de tous les acteurs directement impliqués, mais agit elle-même en qualité de participante (avec les gouvernements et la société civile) - à notre avenir global. La conscience sociale mondiale exige de l'entreprise qu'elle exploite ses compétences fondamentales, son dynamisme commercial, ses aptitudes et ses ressources compétentes pour contribuer aux efforts de collaboration déployés avec d'autres entreprises et stakeholders en vue d'améliorer l'état du monde.»