Un accord ou des taxes : à Davos, Trump impose son style offensif et menace l'Europe

 |   |  764  mots
Donald Trump a aussi profité de son passage à Davos pour rencontrer une foule de patrons étrangers et américains, et pour distribuer bons et mauvais points.
Donald Trump a aussi profité de son passage à Davos pour rencontrer une foule de patrons étrangers et américains, et pour distribuer bons et mauvais points. (Crédits : Reuters)
Le président américain estime que "ce sera très simple" avec les Européens. "Si nous ne pouvons pas faire d'accord commercial (avec l'UE), nous devrons mettre une taxe de 25% sur leurs voitures", a-t-il déclaré, en marge du forum économique de Davos.

Après la Chine, au tour de l'Europe: le président américain Donald Trump a profité de sa venue au forum économique de Davos pour mettre sous pression l'Union européenne, en agitant à nouveau mercredi la menace de taxes sur les voitures.

"Il est très très dur de traiter avec l'Europe. Ils tirent avantage de notre pays depuis des années [...] Si nous n'aboutissons pas à quelque chose (en terme de négociations commerciales), je prendrai des mesures, et ce sera des taxes très élevées sur leurs automobiles et autres produits", a dit le président américain lors d'un entretien accordé mercredi à CNBC dans la douillette station de ski suisse.

"Je voulais attendre d'en finir avec la Chine. Je ne voulais pas m'occuper de la Chine et de l'Europe en même temps", a commenté le président américain, faisant référence à la trêve commerciale tout juste conclue par Washington et Pékin.

Lire aussi : Accord Chine-USA : vous avez aimé la phase 1 ? Vous allez adorer la phase 2

Un accord ou des taxes

Le président américain, qui avait rencontré mardi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen en vue d'engager des discussions sur un accord commercial bilatéral, estime que "ce sera très simple" avec les Européens.

"Si nous ne pouvons pas faire d'accord commercial (avec l'UE), nous devrons mettre une taxe de 25% sur leurs voitures", a-t-il dit dans une autre interview à la chaîne Fox News.

Espère-t-il conclure avant les élections? "Je pense que nous aurons un accord avant", a dit le président américain, d'humeur offensive, lors d'une conférence de presse de dernière minute.

Il a toutefois adopté un ton plus consensuel pour annoncer que les États-Unis étaient prêts à discuter d'une réforme "très spectaculaire" de l'Organisation mondiale du commerce.

L'OMC est très critiquée par les États-Unis, qui lui reprochent de trop bien traiter les puissances émergentes, et surtout la Chine, alors que les Européens se montrent très attachés à ce cadre multilatéral.

"Visages corrompus"

Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a lui lié la menace des taxes sur les automobiles européennes non à un vaste accord commercial, mais à la taxation du numérique, sujet hautement conflictuel entre Washington et certains pays européens, France en tête.

D'autres pays de l'UE lui ont emboîté le pas: l'Autriche et l'Italie ont introduit une taxation nationale, l'Espagne y réfléchit.

Le ministre des Finances britannique Sajid Javid a lui dit à Davos que Londres entendait "mettre en place en avril" sa propre taxe sur le numérique.

Par ailleurs, "en tout état de cause, les entreprises numériques paieront une taxe en 2020 en France", soit sur la base d'un système coordonné au niveau international, soit sur la base du dispositif français, a assuré à l'AFP le ministre français de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire, lui aussi présent en Suisse.

Après un entretien entre le président français Emmanuel Macron et Donald Trump ce week-end, la France avait indiqué envisager de "suspendre" cette année le prélèvement de cette taxe, donnant plus de temps pour trouver un accord mondial au sein de l'Organisation pour la Coopération et le développement économiques (OCDE). Et levant la menace de surtaxes américaines à court terme sur des produits français.

Distribution de bons et mauvais points

Donald Trump a aussi profité de son passage à Davos pour rencontrer une foule de patrons étrangers et américains, et pour distribuer bons et mauvais points.

Il a ainsi fait part de sa "grande déception" face aux déboires de Boeing avec son avion 737 MAX, et répété que le géant Apple devait "aider" à accéder aux données chiffrées de ses téléphones en cas d'enquêtes criminelles.

Lire aussi : Le cauchemar continue pour Boeing : le 737 MAX ne revolera pas avant cet été

Donald Trump a en revanche, sur CNBC, dit tout le bien qu'il pensait du fantasque patron de Tesla, Elon Musk, "l'un de nos grand génies".

Le tout, alors que son procès en destitution a commencé à Washington par une guerre de tranchées entre les défenseurs républicains et les procureurs démocrates.

"J'adorerais y aller. J'aurais en quelque sorte adoré m'asseoir au premier rang et contempler leurs visages corrompus", a déclaré M. Trump. Néanmoins, "je pense que [mes avocats] pourraient trouver cela problématique".

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 22/01/2020 à 20:00 :
Je crois bien qu'il s'amuse surtout beaucoup avec nos dirigeants européens incapables de négocier quoi que ce soit, sachant seulement prendre le pognon et valider. Après la tension avec la puissante Chine il faut bien qu'il se détende un peu.

Et nos bons soldats néolibéraux, paniqués que les bagnoles allemandes se fassent taxer, vont peut-être aller jusqu'à proposer les organes des citoyens européens à Trump.

Ils ne savent pas négocier, ils ne savent même pas gérés ils sont seulement là pour défendre la marge bénéficiaire des actionnaires milliardaires européens mais surtout allemands.

Trump fait tomber leurs masques dévoilant leurs véritables visages nous faisant comprendre pourquoi ils en portent, des masques.

Vite un frexit.
a écrit le 22/01/2020 à 18:05 :
L'Europe des lapins sans caractère souffre d'un adversaire qui se moque des parlotes contournées de la diplomatie, et ne pense qu'au commerce. Un gros défis pour ces administratifs qui n'ont jamais bossé dans le dur, protégés par leur statut et les connivence de caste.
a écrit le 22/01/2020 à 17:42 :
Il y en a encore qui confonde l'UE avec l'Europe, il est encore temps que l'on fasse le distinguo!
a écrit le 22/01/2020 à 17:33 :
C'est simple, nous devons choisir entre le viol ou la prostitution.
Réponse de le 22/01/2020 à 17:57 :
Vu la force politique de l'UE, ce sera les 2 mon ami... On se prostituera si facilement et pour si peu cher que ce sera un viol
a écrit le 22/01/2020 à 17:31 :
Je suis surpris, il a fini avec la Chine? Les chinois n'ont pas cédé alors il passe à autre chose.
a écrit le 22/01/2020 à 16:57 :
Bravo voila un president qui en A pas comme le notre avec sa minorite de la LREM qui ne represente que 6 Millions sur 47 a Assemblee Nationnale
Réponse de le 22/01/2020 à 17:27 :
Je ne suis pas fan de Macron mais bon , c'est plus facile d'en avoir quand on parle au nom de la première puissance mondiale, encore faut-il obtenir des résultats.
a écrit le 22/01/2020 à 16:52 :
Ne confondez pas l'Europe avec l'UE de Bruxelles, des menaces avec des avertissements.... et bien sur le pragmatisme avec le dogmatisme!
a écrit le 22/01/2020 à 16:42 :
Depuis son arrivé le monde des bisousnours s'effondre, c'est génial à regarder, les démocrates complètement démolis, les accords bidons entre les uns et les autres renégociés et il montre clairement que "tout le monde" se fout complètement du climat ... Bref pas évident pour les énarques du monde habitués à se retrouver en petit club bidon à coup de grandes tirades ! Bravo c'est impressionnant de voir un président qu'on ne peut pas corrompre (vu sa fortune) reprendre un tel leadership !
Le procès pshhhiitttt est une preuve flagrante de la déconfiture.
a écrit le 22/01/2020 à 16:05 :
La France n'hésite pas à mettre des taxes exorbitantes sur les automobiles étrangères pour cause écologiste...pardon pour cause protectionniste !
Réponse de le 22/01/2020 à 16:54 :
Issues de quels pays par exemple ? Quel taux ? Celles venant des USA par bateau ?
J'imagine que si la France met des taxes c'est en concertation avec l'UE.
A moins que vous ne parliez de celles dégageant plus de 170g CO2/km (qq chose comme ça), malus écolo 20 000€, 1% des ventes en France, véhicules à 1 million pièce ou plus ? Ça s'applique à toutes, françaises ou pas. Mais on n'en a peut-être pas de ce gabarit (marque étrangère fabriquée en France, même tarif).
Trump est aucunement protectionniste ? Non, c'est pour défendre les intérêts élémentaires de son pays. :-)
a écrit le 22/01/2020 à 15:49 :
Acheter des marchandises à une vendeur, pour Trump c'est ce dernier qui tire un avantage sur l'acheteur! Quand il fait ses courses si cela lui arrive, à la caisse il doit se dire, j'achète mais je donne un avantage à ce magasin même si je suis incapable de trouver la même qualité moins chère ailleurs!

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :