Douze ans que les Guinéens attendent de mettre de nouveaux noms sur les visages de leurs maires. Plus pour leurs délégués de quartier et leurs chefs de district qui n'ont pas été renouvelés depuis les années 80 !
Une situation qui a poussé l'opposition à descendre massivement dans la rue ce mercredi pour réclamer la tenue d'un nouveau scrutin local et communal. A l'appel de la plateforme d'opposition dont les leaders ont pris la tête du cortège, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues de Conakry, la capitale.
Pour le symbole, le cortège, parti du centre-ville, a achevé sa marche devant le « Stade du 28 Septembre », date anniversaire de l'indépendance de la Guinée en 1957. Assez confuse, la marche englobait autant les réclamations d'une tenue rapide du scrutin que le soutien aux habitants de la cité minière de Boké.
La manifestation intervient alors que le président Alpha Condé, à New-York pour l'Assemblée Générale de l'ONU, ne s'est pas privé de quelques piques à l'encontre de l'opposition. Cette dernière multiplie les foyers de revendications politiques et sociales pour faire pression sur le président guinéen.
Dans le cas des locales qui focalisent l'attention, tout aurait dû être réglé depuis longtemps. Depuis octobre 2016, pouvoir, opposition et société civile ont scellé un pacte lors des consultations du dialogue politique national.
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Ce dernier prévoyait la tenue d'un scrutin couplé entre les locales et les communales en février 2017. Seul hic, les chefs de quartiers et de districts devraient être désignés au prorata des résultats communaux, ce qui reviendraient à les nommer et non les élire. Cette disposition jugée contraire à la constitution guinéenne a été corrigée par le vote en février dernier, d'une loi révisant le code électoral.
Pourquoi alors, les communales tardent-elles à se tenir ? Si le pouvoir maintient les manœuvres dilatoires, c'est la commission électorale nationale indépendante(CENI) qui traîne des pieds dans l'établissement d'un calendrier qui va conduire au scrutin.
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Mi-septembre, dans son avant-projet de calendrier, elle planchait sur un planning qui laisserait « un délai de 120 jours à partir d'une date qui reste à déterminer » pour parvenir à la tenue d'un scrutin. La colère gronde dans les rues guinéennes mais le pouvoir semble jouer sa carte maîtresse : le sablier !
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