La réalité augmentée pour améliorer son moi virtuel

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Antoine Vu, Co-fondateur chez Atomic Digital Design.
Antoine Vu, Co-fondateur chez Atomic Digital Design. (Crédits : Christophe Pouget)
De quoi DEMAIN sera-t-il fait ? Bpifrance s'est lancé le défi de mener une réflexion sur les sujets d'innovation qui révolutionneront notre quotidien dans les années à venir, du point de vue de notre transport, notre alimentation, notre santé, notre façon de commercer et de travailler. Pour cela, Bpifrance anime une démarche collective en mode projet, pilotée par les collaborateurs Bpifrance et associant les acteurs des écosystèmes concernés. L’un des sujets stratégiques récemment traité est l’épanouissement de l’individu grâce à la réalité augmentée qui permet d’améliorer son « moi virtuel » sur les plateformes sociales.

Placer des oreilles et des moustaches de chat sur son visage grâce à la réalité augmentée est une pratique courante des adeptes de Snapchat ou Instagram. Mais ces artifices consistant à rajouter une couche logicielle (layer ou filtre) sur une image réelle - son visage en cas de selfie - possède d'autres usages. De plus en plus de marques utilisent la réalité augmentée pour apporter une expérience différente à leurs clients et séduire les jeunes générations rétives à la publicité traditionnelle.

Une nouvelle façon d'innover

L'agence de création digitale Atomic Digital Design a été fondé en 2012 par Antoine Vu et Gabriel Picard, deux anciens du cinéma d'animation qui ont participé à plusieurs grosses productions (Moi moche et méchant, le Lorax...) et travaillé dans le jeu vidéo chez Ubisoft. « Nous voulions créer des contenus à mi-chemin entre l'animation et les jeux vidéos pour proposer des expériences interactives sur les nouveaux supports (tablettes, smartphones et autres écrans) » explique Antoine Vu, co-fondateur. D'abord spécialisé dans le ludo-éducatif, Atomic Digital Design  s'est mis à la gamification (utiliser les codes du jeu pour des sujets plus sérieux) pour aider les entreprises en recherche de sens et d'innovation. « Nous avons commencé à travailler sur des campagnes de communication externe, souvent pour toucher une audience jeune présente sur les réseaux sociaux et très sensible aux valeurs des marques mais qui n'apprécie pas qu'on la bombarde de publicités » précise Antoine Vu.

Du filtre Instagram au BIG aux vaisseaux spatiaux pour le groupe PNL.

L'agence, certifiée partenaire officiel de Snapchat, Facebook et Instagram, emploie une dizaine de personnes et a créé il y a un an la filiale myReality.design, une offre d'expérience en réalité augmentée sur les médias sociaux. C'est cette structure qui a réalisé le filtre Instagram de l'événement Bpifrance Inno Génération pour inviter les participants à publier leur story. « On pouvait personnaliser son look avec des éléments virtuels (chapeau, moustache, cravate, etc.). Le message étant : venez comme vous êtes, il n'y a pas de stéréotype d'entrepreneur » précise Antoine Vu. Un filtre partagé 50 000 fois. Atomic Digital Design  avait un stand ambulant lors de l'événement pour expliquer aux visiteurs le but et l'usage de ce filtre. « Dans l'utilisation des réseaux sociaux, il y a eu d'abord une époque de consultation, puis est arrivée l'interactivité avec la story. Les filtres développés pour les plateformes permettent aux utilisateurs de s'exprimer différemment et de s'embellir (effet « cuty » ou mignon). Une façon d'augmenter son moi et de contribuer à l'épanouissement des individus » analyse le co fondateur de l'agence digitale. La dernière opération de l'agence eu lieu récemment pour le groupe de rap PNL. Le groupe a fait un live sur YouTube (près de 100 000 vues) avec des vaisseaux spatiaux flottant au-dessus de la planète. A 21 heures, ces capsules virtuelles ont « atterri » dans cinq villes de France. Les fans devaient se rendre sur place pour scanner les capsules via Snapchat et accéder à la billetterie. « En 48 heures, tous les billets étaient vendus ! » se félicite Antoine Vu.

Lutte contre le cancer et stand dématérialisé

Autre innovation mais cette fois pour un sujet nettement plus sensible : le filtre pour la Follicular Lymphoma Foundation, qui récolte des fonds pour aider les familles touchées par ce cancer du sang incurable. La vice-présidente Europe de Facebook, elle même atteinte, a lancé cette fondation il y a deux semaines à Londres. Le filtre Instagram visait à rendre visible cette maladie invisible, en représentant le système lymphatique de façon artistique sous la forme d'une arborescence violette. Un filtre relayé 500 000 fois. Pour la start-up Blade et son logiciel Shadow, qui dématérialise les ordinateurs dans le cloud, l'agence a imaginé un stand virtuel lors de la Paris Game Show. En scannant un code Snaphat, les visiteurs arrivaient sur un portail virtuel. Un moyen pour Blade d'être présente sans pour autant payer un stand physique onéreux. Atomic Digital Design  est membre de Moovjee, association de jeunes entrepreneurs proche de Bpifrance, qui apporte son aide la société parisienne pour l'innovation et l'export. Atomic Digital Design, qui travaille en France pour Dior, Adidas ou Coca Cola, envisage en effet de se développer au Royaume-Uni et au Moyen Orient.

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