Le plastique nouvelle génération

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« La priorité est d'agir sur les plastiques à usage unique, qui représentent près de 60% des déchets et 40% de la production de plastique » pour Michel Daigney, responsable sectoriel chimie et environnement à la direction des filières industrielles de Bpifrance
« La priorité est d'agir sur les plastiques à usage unique, qui représentent près de 60% des déchets et 40% de la production de plastique » pour Michel Daigney, responsable sectoriel chimie et environnement à la direction des filières industrielles de Bpifrance (Crédits : DR)
De quoi DEMAIN sera-t-il fait ? Bpifrance s'est lancé le défi de mener une réflexion sur les sujets d'innovation qui révolutionneront notre quotidien dans les années à venir, du point de vue de notre transport, notre alimentation, notre santé, notre façon de commercer et de travailler. Pour cela, Bpifrance anime une démarche collective en mode projet, pilotée par les collaborateurs de Bpifrance et associant les acteurs des écosystèmes concernés. L'un des thèmes explorés récemment est le plastique, son recyclage et ses alternatives. Michel Daigney, spécialiste de ces sujets chez Bpifrance, partage son analyse.

Le plastique, c'est fantastique ! Pour Michel Daigney, responsable sectoriel chimie et environnement à la direction des filières industrielles de Bpifrance, ce refrain est encore d'actualité... Difficile en effet de se passer de cette invention, composée de polymères en majorité issus de ressources fossiles et de nombreux additifs. Et pour cause, les plastiques sont légers, faciles à mettre en forme, peu chers et ils ont des propriétés barrières intéressantes. Conséquence, ils sont partout. Mais cela ne veut pas dire, compte tenu des difficultés à faire disparaître le matériau - grand pollueur, notamment des océans, qu'il ne faut pas travailler à améliorer sa fabrication et son recyclage, voire à développer des alternatives bio-sourcées et biodégradables. Au contraire !


« La priorité est d'agir sur les plastiques à usage unique, qui représentent près de 60% des déchets et 40% de la production de plastique », souligne l'expert de Bpifrance. D'autant que dans ce domaine, la France n'est pas bonne élève. Elle recycle  29% des films, barquettes, bouteilles, flacons, pots de yaourt, contre une moyenne européenne de 40%, d'après les chiffres cités par Citeo cet été... Certes, la collecte est délicate. Et dans les fameuses bennes jaunes, qui sont utilisées par la moitié des Français seulement, tout est mélangé. Difficile, ensuite, de séparer les différents composants d'emballages pour leur donner une nouvelle vie.

Demain, un meilleur tri

« Si les industriels et les consommateurs doivent être davantage sensibilisés, l'amélioration de la collecte et du tri est clé », poursuit Michel Daigney. Et c'est là que l'innovation entre en jeu. Au-delà du tri optique, déjà pratiqué, l'intelligence artificielle pourrait demain faire des merveilles. De même, l'économie circulaire va se développer. « Pour l'heure, nombre de déchets plastiques servent à fabriquer des bancs publics ou des arrosoirs, tandis que d'autres entrent dans la confection de vêtements en laine polaire, par exemple, poursuit-il. Pourquoi pas, mais cela pose toujours la question du recyclage... ».

Mieux vaudrait réutiliser directement les plastiques récoltés pour fabriquer les mêmes objets - barquettes ou pots de yaourt - et créer ainsi une boucle fermée et un cycle de consommation quasi-infini. A condition, évidemment, que les filières s'organisent et qu'un business modèle rentable émerge... « La matière recyclée de qualité va devenir une ressource stratégique », prédit à cet égard Michel Daigney.

Innovations

Autre solution, repenser la conception des emballages de manière à faciliter leur recyclage, d'une part, et, d'autre part, emballer les produits, alimentaires, notamment, dans du papier hydrophobe et des barquettes compostables, fabriquées à partir de cellulose. Sans oublier le vrac, là encore, pour les denrées alimentaires, mais pas seulement, de façon à limiter le packaging. Enfin, il s'agit, en parallèle de ces efforts, de trouver des alternatives au plastique pétrosourcé.Certaines entreprises françaises y travaillent déjà.

C'est, entre autres, le cas de Lactips, spécialisée dans un plastique fabriqué à partir de la caséine du lait, hydrosoluble et biodégradable, que la société propose notamment pour enrober les pastilles de détergent dans les lave-vaisselles. Quant à la société de chimie biologique Carbios, elle conçoit et développe des procédés enzymatiques en vue d'une biodégradation et un biorecyclage des matières plastiques. De son côté, Carbiolice adjoint un additif aux plastiques d'origine végétale pour qu'ils soient 100% compostables et biodégradables.

Usage plus raisonné du plastique classique, meilleure collecte des déchets et recyclage dans une logique d'économie circulaire, vrac et emballages écoconçus : demain, le plastique va changer de nature, pour, justement, mieux protéger la nature.

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Commentaires
a écrit le 26/10/2020 à 18:02 :
"Elle recycle 29% des films, barquettes, bouteilles, flacons, pots de yaourt, contre une moyenne européenne de 40%," ici on ne doit pas mettre les films, barquettes, pots de yaourt (PS, les miens n'ont pas d'étiquette, l'opercule en alu est imprimé mais pas le pot), mais les flacons et bouteilles oui, mais c'est tout. pas étonnant que le taux soit faible, mais quand les consignes de tri vont changer en prenant plus de choses, quelqu'un disait qu'il faudrait déjà mettre tout le plastique dans le conteneur et ils trient ensuite ce qui est ou pas pris (jeté/incinéré). En Suède on met tout dans le conteneur plastique, même les feuilles de bulles, jouets, sac de caisse (les gens vont faire les courses les mains dans les poches, pas grave c'est pris dans les conteneurs ! mais pas gratuits....). (re)Traitent-ils tout ?

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