Atténuer le réchauffement climatique et s’y adapter : le double objectif du groupe RATP
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À lui seul, le secteur des transports émet plus de gaz à effet de serre en France que l'agriculture et l'industrie de l'énergie réunies. Et si les transports en commun ne représentent qu'une infime part de ces émissions - causées principalement par le transport routier et les trajets en véhicules thermiques - ils jouent un rôle fondamental pour convaincre les usagers de laisser leur voiture au garage et réduire ainsi massivement l'impact carbone des déplacements individuels. Un enjeu dont s'est emparé très tôt le groupe RATP, qui s'est engagé à devenir un acteur mondial incontournable de la mobilité et de la ville durable. « Un trajet en métro, RER ou tramway émet 50 fois moins de CO2 qu'un déplacement en voiture individuelle, rappelle Sophie Mazoué, directrice RSE du groupe RATP. C'est pourquoi l'engagement environnemental fait partie de notre ADN et se retrouve dans notre raison d'être : « S'engager chaque jour pour une meilleure qualité de ville ». Cela se traduit par de nombreuses actions de réduction de notre empreinte carbone en activant les leviers de l'innovation, de la sobriété énergétique, des achats, de l'économie circulaire, des investissements et de la mobilisation de nos 71 000 collaborateurs dans le monde. »
Depuis 2019, le groupe RATP est ainsi parvenu à diminuer d'un tiers ses émissions, et devrait atteindre -43 % d'ici 2027. Premier réseau au monde à avoir équipé l'ensemble de ses stations et gares d'éclairages LED, il a également atteint un taux de valorisation de ses déchets d'exploitation de 99,4 % et veille à l'efficacité énergétique de ses locaux tertiaires, industriels et d'habitat. Une démarche exemplaire qui a permis à l'entreprise de recevoir une certification en management de l'énergie selon la norme ISO 50001 et d'obtenir le label RSE niveau exemplaire d'Afnor Certification. L'initiative SBTi (Science-Based Targets) a quant à elle validé ses engagements climat selon le plus haut niveau de l'Accord de Paris, qui vise un réchauffement de 1,5 degrés. Sur le terrain, le plan mobilité-climat du Groupe se décline en une large palette de mesures, allant de la modernisation des métros et des RER au pilotage des fluides en passant par la réduction de l'éclairage des panneaux lumineux publicitaires, la mise en place d'une politique d'achats responsables ou le recours à des matériaux bas carbones. Des solutions innovantes permettent également d'éviter l'émission de nombreuses tonnes de CO2 grâce à la géothermie, la récupération de la chaleur du métro ou même celle de l'énergie de freinage des trains. En parallèle, tous les conducteurs sont formés à l'éco conduite tandis que la consommation des lignes de métro automatisées ou rénovées est optimisée, permettant des gains supplémentaires allant jusqu'à 8 GWh par an. Afin de soutenir la transition énergétique, le Groupe a également signé avec des producteurs d'énergies renouvelables des contrats PPA (Power Purchase Agreement) qui lui permettront d'atteindre 15 % d'énergies renouvelables dans sa consommation électrique d'ici 2030.
Mais face à la crise climatique, l'ambition de l'opérateur de transports ne s'arrête pas aux mesures d'atténuation. « Si nous gardons le cap donné par les Accords de Paris, notre responsabilité consiste également à anticiper un réchauffement qui pourrait dépasser la barre des 2 degrés et augmenter les épisodes de canicule et d'inondation, poursuit Sophie Mazoué. C'est pourquoi depuis 2018, notre programme d'investissement continu a permis d'investir plus de 9 millions d'euros pour adapter nos métiers et nos infrastructures aux risques physiques du changement climatique. » Concrètement, la RATP n'a pas attendu les terribles inondations du bassin méditerranéen pour limiter au maximum les dangers humains et électriques en cas de crues ou de glissement de talus. Chaque année, elle éprouve sur le terrain les actions prévues par son plan de protection et teste la bonne connaissance des consignes et la mobilisation des agents. Lors des vagues de chaleur, un suivi en temps réel de l'évolution de la température interne des rails est quant à lui réalisé grâce à des capteurs connectés et des missions de surveillances sont mises en place pour détecter et prévenir la moindre déformation des voies aériennes. Afin de rendre la ville plus résiliente en cas de sécheresse, le Groupe valorise également ses « eaux d'exhaure » qui proviennent des infiltrations d'eaux de pluie, des nappes phréatiques ou des fuites de réseaux. Chaque jour, ce sont ainsi 25 000 m3, soit l'équivalent de 10 piscines olympiques, qui sont collectées dans les ouvrages de la RATP, qui multiplie ses initiatives pour favoriser la valorisation de cette eau pour nettoyer les métros, arroser les espaces verts du réseau de tramway, soutenir la biodiversité en lien avec le plan de sobriété hydrique de l'entreprise. Une partie de ces eaux sert également à alimenter le réseau de froid urbain de la Ville de Paris, Fraîcheur de Paris, dont le Groupe détient 15 % auprès d'Engie. Plus qu'un simple opérateur de transports, le groupe RATP revendique ainsi son rôle dans la transformation de la ville en veillant à la rendre plus sobre, plus fluide et plus agréable à vivre.
Dès 2014, le groupe RATP, avec Ile-de-France Mobilités et le soutien de la Commission européenne, s'est engagé dans la transformation de sa flotte de bus, avec comme ambition de devenir le leader mondial des transports urbains bas carbone. En Ile-de-France, où la RATP exploite 350 lignes de bus, le remplacement progressif des véhicules diesel par des modèles électriques et biométhane devrait permettre de diviser par 2 l'impact carbone de ce mode de transport dès l'année prochaine avec, en prime, une réduction des nuisances sonores et une amélioration de la qualité de l'air. Un chantier pharaonique qui nécessite non seulement de remplacer plus de 4700 bus, mais aussi de convertir les 25 dépôts pour les raccorder aux réseaux d'énergie et les équiper de bornes de recharge et de stations de compression. Pour aller encore plus loin, la RATP expérimente depuis 2 ans une solution de recharge intelligente avec la filiale d'EDF DREEV. En rentrant au dépôt, les bus sont ainsi banchés à une borne qui calcule l'état de leur batterie et leur besoin en recharge. Au lieu de commencer immédiatement, la charge se cale ainsi à la minute près en fonction du réseau électrique, lorsque l'énergie sur le réseau est la moins chère et la moins carbonée. Une solution écologique et économique qui participe à l'absorption des pics nocturnes de production des éoliennes, lorsqu'il y a moins de demande. Une solution prometteuse, qui concerne déjà 400 bus électriques et devrait se développer à l'ensemble de la flotte RATP dans les années à venir.
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