Meta : l'activité repart à la hausse sur les trois premiers mois de 2023, l'action s'envole en Bourse

Par latribune.fr  |   |  886  mots
Selon son cabinet d'études, Meta détiendra 20% du marché mondial de la publicité numérique en 2023, soit sa plus petite part du gâteau depuis 2018. (Crédits : YVES HERMAN)
Le chiffre d'affaires de Meta est meilleur qu'attendu au premier trimestre, soit 3% sur un an, même si le bénéfice recule de 24% sur un an. Le groupe californien s'est recentré sur son cœur de métier : vendre de la publicité sur les réseaux sociaux. Le géant numérique s'apprête à recruter de nouveau, après plusieurs vagues de licenciements.

[Article publié le jeudi 27 avril 2023 à 11h33 et mis à jour à 16h04] Après trois trimestres consécutifs de baisse, Meta - qui détient les plateformes Facebook, Instagram et WhatsApp - a vu son chiffre d'affaires augmenter entre janvier et mars 2023. Légèrement, +3%, pour atteindre 28,65 milliards de dollars, selon un communiqué de résultats publié ce mercredi.

Meilleurs qu'attendu, ces résultats ont immédiatement fait réagir les marchés. L'action Meta s'envolait dans les premiers échanges à la Bourse de New York. Vers 13h45 GMT, le titre gagnait 13,57%, parvenant, à lui seul, à tirer l'indice Nasdaq vers le haut (+0,89%).

« Meta a eu un début d'année meilleur qu'attendu. Dans ce contexte économique, et après le désastre de 2022, 3% de croissance des revenus sur un an, c'est un accomplissement », a réagi Debra Aho Williamson, analyste d'Insider Intelligence.

Lire aussiLes bénéfices de Meta (Facebook, Instagram...) fondent comme neige au soleil

L'expert estime même que « leurs solides prévisions pour le trimestre en cours montrent que l'entreprise est peut-être vraiment en train de se remettre ». Le groupe californien a toutefois dégagé un bénéfice net en baisse lors de ce premier trimestre : -24% sur un an, à 5,7 milliards de dollars. Reste que son titre prenait environ 11% lors des échanges électroniques après la clôture de la Bourse de New York.

Une concurrence féroce

Les revenus de Meta souffrent depuis plusieurs mois pour diverses raisons : la diminution des budgets des annonceurs publicitaires à cause de l'inflation, la concurrence de TikTok et les changements réglementaires d'Apple, qui brident ses capacités à récolter les données des utilisateurs pour vendre des publicités ultra ciblées.

Lire aussiEn « temps passé », TikTok se rapproche de Netflix aux Etats-Unis

En conséquence, en 2022, le géant des réseaux sociaux a connu deux premières baisses depuis son entrée en Bourse en 2012 : ses recettes publicitaires ont décliné et Facebook a perdu des utilisateurs (avant d'en regagner).

« Meta ne peut pas se permettre de se reposer. Le groupe doit finir de reconstruire le ciblage publicitaire après la débâcle causée par Apple, convaincre les annonceurs de délaisser TikTok et conserver les influenceurs », a commenté Debra Aho Williamson.

L'analyste a aussi évoqué la concurrence accrue d'Amazon et des autres sites de vente en ligne qui attirent les publicitaires en leur permettant de « communiquer avec les consommateurs là où ils font leurs achats ». Selon son cabinet d'études, Meta détiendra 20% du marché mondial de la publicité numérique en 2023, soit sa plus petite part du gâteau depuis 2018.

À l'assaut de l'IA

Éperonné par l'immense popularité de TikTok, le groupe américain a changé le fonctionnement de ses plateformes pour copier l'application, de ses vidéos courtes et divertissantes avec les « Reels » à ses puissants algorithmes de recommandation des contenus. « Désormais, 20% de ce que l'intelligence artificielle (IA) vous recommande sur Facebook et Instagram vient de comptes que vous ne suivez pas », s'est félicité le patron Mark Zuckerberg lors d'une conférence téléphonique aux analystes.

« Depuis que nous avons lancé les Reels, les recommandations d'IA ont entraîné une augmentation de 24% du temps passé sur Instagram », a-t-il ajouté, assurant que ces vidéos rapportent aussi plus de recettes qu'avant.

Lire aussiSous la pression de TikTok, Instagram se transforme à marche forcée

Le dirigeant a aussi fait part de son enthousiasme pour l'IA générative (capable de créer des contenus sur requête en langage courant), la coqueluche actuelle de la tech. Ces nouveaux systèmes vont selon lui permettre à « des dizaines de millions de petites entreprises d'avoir des agents d'IA qui répondent en leur nom aux clients. (...) Tous nos produits et services vont être concernés », a-t-il précisé.

Recrutements à venir après des vagues de licenciements

Comme ses voisins de la Silicon Valley, Meta investit donc conséquemment dans l'IA, malgré des licenciements massifs. En février, Mark Zuckerberg, a placé 2023 sous le signe de « l'efficacité ». L'entreprise, qui n'avait jusqu'ici jamais lancé de plan social en 20 ans d'existence, a congédié 11.000 personnes en novembre (13% des effectifs) et 10.000 en mars.

Lire aussiMeta taille à nouveau dans ses effectifs, 10.000 postes supplémentaires vont être supprimés

Une troisième vague doit avoir lieu en mai, mais « ensuite nous reprendrons les recrutements », a indiqué Susan Li, la directrice financière du groupe. Notamment pour les équipes chargées de « l'IA générative, de la publicité, de l'infrastructure et de la branche Reality Labs », qui conçoit des produits et services pour le métavers. Cette dernière a perdu près de 4 milliards de dollars au premier trimestre, après des pertes nettes de 13,7 milliards en 2022.

Mark Zuckerberg a confirmé que cet univers parallèle restait une priorité pour sa société, alors que l'enthousiasme est retombé en 2022. Il a évoqué un nouvel appareil de réalité virtuelle et augmentée pour cette année, « à un prix abordable pour de nombreuses personnes ».

Lire aussiLa publicité en temps d'inflation : une course aux prix bas ?

Les réseaux Facebook et Instagram cherchent de leur côté à diversifier leurs sources de revenus avec « Meta Verified », un abonnement à partir de 12 dollars par mois, lancé en mars pour authentifier son compte sur ces plateformes et bénéficier d'autres privilèges.

(Avec AFP)