Jeux en ligne : Betclic et Bwin dénoncent une fiscalité trop lourde

Par latribune.fr  |   |  423  mots
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Dans une interview au Figaro, Stéphane Courbit, président du conseil d'administration et propriétaire de Betclic, l'un des trente-trois opérateurs agrémentés par l'Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel), estime que la loi est trop rigide, notamment en matière de fiscalité. L'autrichien Bwin également.

"La loi française (sur les jeux et paris en ligne, ndr) est la pire d'Europe", assure au Figaro, Stéphane Courbit, président du conseil d'administration et actionnaire à 50% de BetClic Everest, opérateur ayant obtenu de l'Autorité de régulation des jeux en ligne trois agréments (paris sportifs, paris hippiques et poker) sur le marché français.

"La loi ne nous permet pas d'exister: nous sommes taxés, le périmètre des jeux est trop limité et le taux de retour aux joueurs (les sommes qui reviennent aux joueurs après les taxes et les bénéfices de l'entreprise) trop bas". "Aujourd'hui nous ne pouvons pas redistribuer plus de 85% des sommes misées aux gagnants. Partout en Europe, mais également en France si vous n'avez pas pris de licence, vous redistribuez 96%". Conséquence: la loi "encourage la fraude! Les joueurs savent qu'ils ont intérêt à aller jouer sur les sites qui n'ont pas de licences et ils ne s'en privent pas".

Pour l'autrichien Bwin détenteur de deux agréments: paris sportifs et poker, le président du site en France, Carlo Costanzia, estime dans les colonnes du Parisien ce lundi, que "pas un seul opérateur ne devrait afficher de bénéfices cette année en France". Pour sa part, son résultat opérationnel du troisième trimestre est passé dans le rouge avec une perte de 6,2 millions d'euros. A la même époque l'année précédente, alors que Bwin n'était pas encore offciellement présent sur le marché français, il affichait un bénéfice de 8,2 milions d'euros.

Tous deux dénoncent un fiscalité "trop lourde" et réclament pour cette raison un assouplissement de la loi. Le patron de Bwin va même plus loin en réclamant l'accès aux "jeux de casinos, de grattage et de loterie" en ligne. Marché réservés en France aux 197 casinos français et à la Française des jeux. Stéphane Courbit de son côté s'estime en effet désavantagé par rapport à la Française des Jeux et au PMU et plaide pour plus d'équité sous peine d'une remise à plat de leur monopole sur les jeux de tirage et de grattage et sur les paris hippiques hors Internet.

Depuis l'ouverture officielle du marché des jeux en ligne le 8 juin dernier, 46 agréments (23 pour le poker, 15 pour les paris sportifs et 8 pour les paris hippiques) ont été accordés à 33 opérateurs par l'Autorité de régulation des jeux en ligne.