Publicité : combien perdent les principaux sites victimes des adblockers ?

Par Sylvain Rolland  |   |  536  mots
Les sites français sont particulièrement touchés par les adblockers. Pas étonnant : selon une étude de l'institut Ipsos réalisée en novembre dernier, 36% des internautes français utilisent un bloqueur de pub (+20% en moins d'un an), dont plus d'un jeune de 16-24 ans sur deux et 45% des 25-34 ans. (Crédits : Statista*)
La startup AdBack vient de publier le premier classement des pertes annuelles de revenus publicitaires pour les éditeurs de contenus et les sites de e-commerce, en France et dans le monde. Les géants de la vente en ligne Amazon, Le Bon Coin, Darty, ainsi que les médias Le Figaro, Le Monde et YouTube font partie des plus touchés en France, avec des pertes jusqu’à 5 millions d’euros.

Grande terreur du marché publicitaire, les adblockers, ou bloqueurs de publicité, coûtent cher aux médias et aux sites de e-commerce. Si cette affirmation n'est pas nouvelle, la startup française AdBack vient de publier le premier classement chiffrant précisant le manque à gagner, en France et dans le monde.

Premier constat : les pertes concernent l'ensemble des sites web en France et n'épargnent aucun secteur d'activité, qu'il s'agisse des géants du e-commerce, de la vidéo en ligne, des sites des médias et pour adultes. Pour mener son étude, AdBack a pris en compte les 1000 sites réalisant les plus fortes audiences mensuelles par pays.

« Les éditeurs qui sont contraints à la gratuité par leur taille ou leur business model perdent entre 15% et 20% de leur chiffre d'affaires publicitaire global », explique Antoine Ferrier-Battner, le fondateur et président d'AdBack.

Amazon, Le Bon Coin, Darty, Le Figaro et Le Monde grands perdants en France

Les sites français sont particulièrement touchés par les adblockers. Pas étonnant : selon une étude de l'institut Ipsos réalisée en novembre dernier, 36% des internautes français utilisent un bloqueur de pub (+20% en moins d'un an), dont plus d'un jeune de 16-24 ans sur deux et 45% des 25-34 ans.

Dans le détail, deux géants du e-commerce occupent les deux premières places : l'Américain Amazon perd 5,18 millions d'euros par an, suivi par le français Le Bon Coin (3,67 millions d'euros). Le site de vente en ligne Darty.com est en 8e position, avec des pertes estimées à 1,37 million d'euros.

Les éditeurs de contenus, notamment ceux qui séduisent une audience jeune, sont particulièrement touchés. En troisième position se trouve la plateforme de vidéos YouTube, qui perd 3,36 millions d'euros par an, tandis que son homologue Twitch, spécialisée dans les vidéos pour la communauté des gamers, arrive en cinquième position (2,46 millions d'euros). Le portail Yahoo.com, qui perd 3,1 millions d'euros, se classe en quatrième position, tandis que le site Buzzfil.net est septième (1,65 million d'euros).

Les médias traditionnels ne sont pas en reste. En 9e position, le site du Figaro perd 1,35 million d'euros par an, tandis que celui du Monde accuse une perte de 1,01 million d'euros (12e place). Enfin, les sites pornographiques souffrent : Pornhub est 10e (1,13 million d'euros), Youporn 15e (774.500 euros) et Upornia 17e (765.000 euros).

13 sites dans le monde perdent plus de 100 millions de dollars par an

Sur les 55.000 sites référencés au niveau mondial, 1000 d'entre eux perdent plus d'un million de dollars par an à cause des adblockers. 590 perdent plus de 2 millions de dollars, 270 plus de 5 millions de dollars, 150 plus de 10 millions de dollars, 29 plus de 50 millions de dollars et 13 plus de 100 millions de dollars. On retrouve parmi les plus grands perdants YouTube (en 5e position, 219,5 millions de dollars) et Yahoo (n°6, 214.3 millions).

Le top 3 est dominé par des médias : Kompas.com (468 millions) et Liputan6.com (352 millions) sont très actifs en Asie du Sud-Est, tandis que Varzesh3.com (244 millions) s'illustre dans le Moyen-Orient. De nombreuses entreprises dans le Top 20 mondial sont issues d'Asie et du Moyen-Orient, confirmant le succès grandissant des adblockers dans ces régions.

*Un graphique de notre partenaire Statista