Le gouverneur de la Banque de France appelle l'assurance vie à se réinventer

Par latribune.fr  |   |  418  mots
Dans son allocution à la conférence annuelle de la FFA, le gouverneur de la Banque de France, M.Villeroy de Galhau a insisté sur la nécessité d'adapter l'assurance vie aux attentes des épargnants. (Crédits : Reuters)
Coller aux attentes des Français, trouver la solution face aux taux d'intérêt bas et assurer le besoin de financement par fonds propres de l'économie. Voilà, selon le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, les impératifs que doit suivre l'assurance vie pour se réinventer.

Se renouveler en période de crise. Tout en prévenant que les taux bas étaient partis pour durer, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau a appelé les assureurs à réinventer l'assurance vie, lors de son allocution à la conférence annuelle de la Fédération français de l'assurance (FFA), qui a eu lieu ce 27 octobre.

"Les assureurs ont ici un rôle essentiel à jouer, en prenant l'initiative de nouvelles formes d'assurance vie", a déclaré M. Villeroy de Galhau. Le gouverneur de la BdF a inscrit cette demande dans le cadre de taux voués à rester bas longtemps, relativisant au passage, l'annonce, la veille d'un début de resserrement de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE).

L'institution de Francfort a décidé jeudi de réduire l'an prochain de moitié ses rachats d'actifs lancés en mars 2015, affichant son optimisme sur l'économie européenne. M.Villeroy de Galhau a jugé qu'il ne fallait pas "se focaliser à l'excès" sur ces rachats d'actifs.

Les trois commandements de la nouvelle assurance vie

Selon lui, il faut que les nouvelles formes d'assurance vie qu'il appelle de ses vœux visent une "triple compatibilité" :

  • "Les taux d'intérêt bas". Ils doivent pousser les assureurs à trouver le bon business model dans ce contexte là.
  • "Le besoin de financement par fond propre de notre économie". Les entreprises ont en effet un réel besoin d'accroître leur financement en fonds propres, soit sous forme d'actions et non de dette. Selon lui, la France accuse un "sérieux retard dans ce domaine".
  • "Les attentes des Français". Le vieillissement de la population entraîne une modification de ce que les épargnants attendent de leur assurance vie. 

    La possibilité de vite mobiliser des liquidités perd de l'importance au profit de la protection à long terme de leur capital.

Dans ce contexte, le gouverneur de la BdF a accordé aux assureurs qu'il faudrait apporter des "ajustements nécessaires" au nouveau cadre réglementaire porté par la directive européenne Solvabilité 2, en tenant compte des impacts "sur les comportements d'investissement et le financement de l'économie".

Avant l'intervention de M. Villeroy de Galhau, Bernard Spitz, président de la FFA, a déjà évoqué les taux bas et le vieillissement de la population comme deux des trois "tendances lourdes" du secteur, aux côtés de "nouveaux risques", naturels et informatiques.

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(avec AFP)