Crédit immobilier : une nouvelle baisse des taux... insuffisante

Par Hugo Baudino  |   |  380  mots
La hausse des prix de l'immobilier à Paris a été particulièrement haute ces derniers mois (Crédits : Charles Platiau)
La hausse des prix de l'immobilier constatée en 2017 est la plus importante depuis 2012. Face à cette tendance, la légère baisse des taux de crédit de l'automne ne permettra pas aux particuliers de retrouver suffisamment de pouvoir d'achat immobilier.

La hausse des taux de crédit immobilier se fait toujours attendre... Quasi stables depuis avril, les taux d'intérêt des crédits immobiliers accordés aux particuliers par les banques françaises ont très légèrement baissé au mois de novembre, selon l'observatoire Crédit Logement/CSA.

Les taux des prêts du secteur concurrentiel (toutes durées confondues) se sont établis à 1,54% le mois dernier contre 1,55% en moyenne au mois d'octobre, indique Crédit Logement/CSA dans un communiqué. Dans le détail, les taux se sont établis à 1,62% pour l'accession dans le neuf et 1,55% dans l'ancien.

Une baisse des taux bien trop faible par rapport à la hausse des prix

"Les taux sont restés pratiquement stables depuis avril", avec des fluctuations "de l'ordre du point de base d'un mois sur l'autre", commente l'observatoire. Les niveaux de novembre restent toutefois toujours plus élevés que ceux que constataient Crédit Logement/CSA en novembre 2016. Ils étaient alors de 1,31% en moyenne, soit 22 points de base de moins qu'en novembre 2017.

"En revanche, alors que les conditions de crédit ne s'améliorent plus, la hausse rapide des prix de l'immobilier pèse sur une demande qui s'affaiblit progressivement", analyse-t-il.

En effet, selon les chiffres du baromètre LPI-SeLoger, les prix de l'immobilier étaient à fin octobre 2017 sur une hausse annuelle de 4,3%. Mais la hausse de prix est en train de se tasser depuis plusieurs mois, du fait de la difficulté croissante des particuliers à accéder à la propriété :

"La pression de la demande s'est en effet relâchée, la solvabilité de la demande ayant été altérée dans de nombreuses villes par une hausse trop rapide des prix qui, depuis plusieurs mois, ne peut plus être compensée par l'amélioration des conditions de crédit, comme cela était encore le cas jusqu'au printemps 2017".

Une durée d'emprunt toujours élevée

Pour ce qui est de la durée des prêts, elle s'est établie en novembre 2017 à 219 mois en moyenne. Les durées d'emprunt "restent donc élevées et se sont d'ailleurs encore allongées de 6 mois depuis la fin de l'année 2016, après être restées stables pendant plus d'un an", commente l'observatoire.

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(avec AFP)