Le FMI doute du "bazooka" de la BCE

Par Marina Torre  |   |  373  mots
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Le programme de rachat illimité d'obligation proposé par la BCE aux pays qui en feraient la demande est soumis à des décisions de politique intérieure, relève le FMI dans ce mercredi. Des conditions qui rendent ses effets réels caduques pour le moment.

Christine Lagarde avait qualifié de "tournant " le programme de rachat illimité d'obligations publiques annoncé par la Banque centrale européenne en septembre. Ce fameux "Bazooka" promis par Mario Draghi pour rassurer les marchés. Dans son rapport sur la stabilité financière, dévoilé ce mercredi à Tokyo,le  FMI, se montre moins enthousiaste.

Facteurs politiques

Le Fonds pointe "d'importants risques liés à des facteurs politiques" susceptibles de bloquer la mise en oeuvre de ce plan. En effet, pour en bénéficier, les pays en difficulté doivent préalablement demander l'aide du Fonds de secours européen, et en contrepartie accepter la mise en place de plans budgétaires contraignants. Ce programme de rachat illimité "ne donne pas l'assurance catégorique" que la dette sera réduite, est-il écrit.

Un mécanisme "virtuel"?

Lors d'une conférence de presse, José Vinals, directeur du département des marchés internationaux au FMI, s'est inquiété de ce que les "marchés peuvent considérer que ce mécanisme est virtuel et pas encore réel" puisque des pays peuvent hésiter à demander l'aide de la BCE "en raison de considérations de politique intérieure".  Sans être cité explicitement, le cas de l'Espagne pourrait correspondre à cette situation. Même en période d'envolée de ses taux d'emprunt, Madrid s'est refusée à demander une aide européenne globale.

Créer l'union bancaire

Par ailleurs, le FMI presse les dirigeants européens d'accompagner ce programme par la création d'une union bancaire. Pour autoriser le Mécanisme européen de stabilité, officiellement lancé lundi, soutenir directement des banques en difficulté, une supervision bancaire est nécessaire. Or, celle-ci n'existe pas encore. L'institution estime par ailleurs que les banques européennes devront vendre jusqu'à 4.500 milliards de dollars (3.500 milliards d'euros) d'actifs en 2013 si les dirigeants ne parviennent pas à sortir de la crise financière.

Mardi, dans un autre rapport sur l'état de l'économie dans le monde, le FMI avait mis l'accent sur les risques que fait encourir la crise européenne pour la stabilité économique mondiale et sur la nécessité d'agir au plus vite pour la juguler.

--> Pour aller plus loin:  Rapport sur la stabilité financière dans le monde (en anglais).