Mario Draghi, la BCE et « la preuve du pudding »

 |   |  1537  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Espérée depuis le début de la crise grecque, la décision historique du président de la Banque centrale européenne de racheter de façon illimitée des dettes souveraines pour des maturités allant jusqu'à trois ans est le premier vrai tournant de la crise. Au point de rendre l'euro irréversible ? Sans doute, à condition que les gouvernements de la zone euro fassent l'autre partie du chemin vers l'union fiscale et bancaire.

Il ne faut jamais sous-estimer un (Mario) Draghi. Le 26 juillet, puis le 2 août derniers, le président de la BCE avait mis en garde tous ceux qui s'apprêtaient à spéculer sur l'éclatement de la zone euro au cours de l'été, se déclarant prêt à faire "tout ce qui est nécessaire pour préserver" la monnaie unique..., ajoutant une phrase assez mystérieuse pour frapper les esprits : "Croyez moi, cela sera suffisant" ("Believe me it will be enough"). C'est le génie propre des banquiers centraux que d'avoir le pouvoir de la parole : ils disent ce qu'ils font (ou feront) et on attend d'eux qu'ils fassent ce qu'ils disent. Pendant tout le mois d'août, la parole de Mario Draghi a fait merveille sur les marchés. Les banquiers et les investisseurs ont enfin pu passer quelques semaines tranquilles ! La méthode Draghi, inspirée de la dissuasion nucléaire, a effectivement empêché les marchés d'attaquer à nouveau les pays faibles de la zone euro et les taux d'intérêt ont recommencé à converger. Mais, de même qu'il faut apporter la preuve que l'on dispose de l'arme atomique pour bénéficier d'un parapluie nucléaire nous protégeant (en théorie) de toute attaque, parce que les dommages que l'on est capable d'infliger à un éventuel ennemi sont tels que ceux-ci préfèrent s'abstenir, le monde entier attendait que Mario Draghi démontre en cette rentrée qu'il n'avait pas prononcé ses menaces en l'air. En clair, qu'il disposait bien de l'arme atomique monétaire, que l'on appelle plus prosaïquement sur les marchés le « gros bazooka ».

La victoire posthume de Nicolas Sarkozy

"La preuve du pudding, c'est qu'on le mange" : pour montrer qu'il ne plaisantait pas, notre banquier italien préféré, qui a passé quelques années à Londres chez Goldman Sachs, s'est inspiré de ce célèbre proverbe anglais cité, ce qui ne manque pas de saveur, par le philosophe allemand Engels dans un ouvrage de vulgarisation consacré au matérialisme historique, "Socialisme utopique et socialisme scientifique". La preuve du pudding, c'est donc que la BCE va pouvoir procéder si nécessaire à des achats illimités de titres de dette publique des pays sous assistance financière, sur des maturités allant de un à trois ans.

Cette annonce constitue un tournant absolument majeur dans la crise que traverse depuis 2009 la zone euro. Depuis trois ans en effet, les Français avec Nicolas Sarkozy (qui s'est vaillament battu sans succès sur ce terrain), mais aussi tous les pays du Sud, attendaient que l'Allemagne laisse enfin la banque centrale européenne faire son travail, c'est-à-dire intervienne massivement sur le marché secondaire des dettes souveraines. Avec l'argument qu'une telle intervention ne contrevient absolument pas au principe dit de "no bail out" du traité de Maastricht, puisqu'il s'agit d'opérations de politique monétaire qui est de la seule responsabilité de la banque centrale indépendante.

Réunifier les taux d'intérêt

Or, même s'il y a mis des formes et l'a assorti de strictes conditions pour les pays bénéficiaires (le respect de leurs engagements budgétaires), le programme de rachat de dette présenté hier par Mario Draghi s'inscrit bien dans ce cadre: il s'agit pour la BCE de « s'assurer de la bonne transmission de la politique monétaire et de son unicité » (« singleness »). En d'autres termes, le président de la BCE affirme sa ferme volonté de réunifier les taux d'intérêt des différents pays de la zone euro, qui ont divergé de façon anormale et spectaculaire depuis trois ans.

En principe, dans une zone monétaire unique qui fonctionne bien, les taux d'intérêt doivent être uniques : c'est ce que l'on observait avant le début de la crise grecque, jusqu'à ce que le doute s'installe chez les investisseurs sur la solvabilité des différents Etats membres. Ce doute apparu à cause des mensonges budgétaires de la Grèce s'est transformé en panique lorsqu'Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont appelé à Deauville à une participation des investisseurs privés à une restructuration de la dette d'Athènes. La confiance des prêteurs dans la qualité des risques souverains s'est alors évanouie, et la crise grecque s'est propagée dans toute la zone euro.

Les dangers d'une stratégie irréversible

La stratégie de la BCE peut marcher, mais elle n'est pas exempte de dangers. Elle peut marcher parce qu'elle ressemble, à s'y méprendre, à la façon dont la Banque de France et la Bundesbank ont mis fin en 1994 avec succès à la crise spéculative du franc français. Les marges de fluctuation du système monétaire européen avaient été supprimées et les banques centrales avaient signé un accord d'intervention illimité. Sans repères, les spéculateurs avaient cessé leurs attaques. Le gros Bazooka de Mario Draghi procède du même principe : le président de la BCE s'est bien gardé de donner une indication aux marchés sur le niveau de taux d'intérêt jugé excessif à partir duquel la banque centrale interviendra. Dans l'idéal, l'espoir secret est bien évidemment que la BCE n'ait pas besoin de se montrer très souvent pour convaincre de son sérieux. 

Certes, mais pour montrer qu'il a bien une balle dans son pistolet, Mario Draghi a pris des risques. Il a violé la culture allemande de stabilité qui assimile le rachat des emprunts d'Etats à une monétisation de la dette publique, première étape vers l'hyperinflation. On peut comprendre l'inquiétude d'un peuple dont les parents ont connu par deux fois au XXème siècle la faillite monétaire. Mais la BCE a pris toutes les précautions pour apaiser ces craintes : les éventuels achats de dette seront stérilisés. Autre risque à ne pas négliger, celui d'une nouvelle détérioration de la qualité du bilan de la banque centrale, qui a gonflé démesurément depuis trois ans. De fait, jamais la BCE n'était allée aussi loin pour convaincre les marchés de l'irréversibilité de l'euro. C'est d'ailleurs bien ce qui dérange au fond l'Allemagne et les pays du Nord de l'Europe. Le programme Draghi rend encore plus impossible le démontage de l'euro, parce qu'il faudrait que les pays membres épongent les pertes éventuelles en cas de sortie de l'un d'entre eux.

Le tournant de la crise ?

C'est aussi en cela que l'action de la BCE constitue un tournant. Elle donne du temps aux gouvernements et aux opinions pour avancer sur le volet politique de l'union fiscale et bancaire tout en rendant encore plus nécessaire et urgent le basculement vers une Europe fédérale. Parce qu'elle est conditionnée au respect des programmes d'ajustement exigés des pays les plus fragiles de la zone euro, la décision de Mario Draghi renforce la pression sur les gouvernements pour qu'ils accélèrent la marche vers l'adoption du pacte budgétaire européen, le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) signé en février dernier. Au risque que les opinions publiques rejettent ce qui pourrait apparaître aux yeux des eurosceptiques comme un façon d'imposer le fédéralisme par la peur de l'explosion.

En apportant la preuve de son "pudding", Mario Draghi est allé le plus loin qu'il le pouvait pour mettre fin à une crise autoréalisatrice, propagée par les taux d'intérêt meurtriers exigés à la Grèce, l'Italie, l'Espagne ou le Portugal, qui n'ont jamais été récompensés des efforts qu'ils ont fait. Cette injustice impitoyable des marchés justifie une intervention massive de la BCE pour réunifier peu à peu les taux d'intérêt. L'idéal serait que la banque centrale n'ait pas besoin de se servir de la puissance de feu qu'elle vient de s'arroger. Mais, pour les marchés se suffisent de la parole de super Mario, il faut désormais que les gouvernements européens fasse leur part du chemin. C'est-à-dire à la fois faire passer auprès des opinions les réformes nécessaires et les maintenir dans la durée de façon à restaurer leur crédibilité budgétaire (c'est le rendez-vous qui attend notamment François Hollande avec le projet de budget 2013). Et se coordonner de façon intelligente pour donner du temps aux économies pour supporter la purge budgétaire sans aggraver la récession, en reportant d'un an le calendrier de réduction des déficits dans tous les pays. Pris en tenaille entre le bazooka de Mario Draghi et leur propre conviction que l'Europe doit trouver un meilleur équilibre entre austérité et croissance, les marchés financiers seraient bien forcés d'applaudir au retour d'une Europe de la raison, celle que l'on aime. Faute de quoi le « pudding » de M. Draghi pourrait bien s'avérer immangeable parce qu'arrivé  trop tard... Ce qui est sûr, c'est que l'Europe s'apprête à vivre cet automne des événements spectaculaires et plus historiques que jamais...(à suivre jeudi 12 septembre avec la décision de la Cour consitutionnelle allemande sur le MES et le TSCG...).
 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 08/09/2012 à 6:36 :
Imaginer une victoire posthume de Sarkozy, qui à cette heure est bien vivant, est une grossière contre-vérité.
Là ou la stratégie d'alignement de la politique française aux injonctions de l'Allemagne a totalement échouée, la reprise d'une politique normale de femeté tranquille et l'appui recherché des partenaires méditerranéens a délié les mains de M. Draghi, et lui a donné la liberté d'agir.
Belle démonstration de la supériorité d'une action diplomatique bien conçue et coordonnée sur les agitations et les rodomontades solitaires.
a écrit le 07/09/2012 à 22:50 :
Si on doit payer toutes nos dettes pour se sortir de là, vous savez qui est-ce qui va raquer ? C'est chacun des pays de cette Union zombifiée. Et par pays, j'entend le peuple de ces pays à qui l'on donne gentiment la note. Et pendant des éons on va raquer.

Laissons couler les banques au lieu d'aduler un plan qui ne donne que plus de pouvoir à un seul homme. Refusons de payer les dettes. Les Islandais l'ont bien fait, ils ont virés leurs politiques et ce sont des citoyens comme vous et moi qui réécrivent leur propre constitution, qui écrivent leur propres lois. ça vous fait pas rêver ? Même la révolution qu'on a eu nous Français ne va pas aussi loin que ce qu'ils sont en train de faire. Et personne ne relaye l'information.

Et là, on se retrouve avec des gens qui écrivent des articles de six pieds de long sur une crise économique qu'ils ne comprennent pas et qui ne voient que le fait qu'il faille bien parler du grand Draghi, du super héro, du sauveur de l'Europe esclave et vache à lait puisqu'il fait la une de tous les autres grands journaux.

Et SURTOUT ! Avec des fautes d'orthographes et de syntaxes grosses comme mon nez au milieu de la figure ! Et Dieu sait que c'est Disproportionné !

Sur ce, je vais aller pleurer sur l'avenir.
Mon avenir, celui de tous mes potes universitaires, sur celui de l'enfant que je n'aurais jamais parce-que ce monde ne saurait l?accueillir décemment (il ne connaîtra même pas la définition du mot "retraite" qui ne sera plus cité dans le dictionnaire) et enfin, sur celui de mes pauvres parents qui ne verront que la chute avant de mourir, siphonnés par un banquier véreux. Chouette programme, vraiment.
Réponse de le 08/09/2012 à 7:28 :
à Aethrlwyn .Vous êtes donc un jeune homme --avec tout l'avenir devant lui .Mais quelle "lucidité" !Et vous avez remarqué que l'on évite de nus parler de ce qu'il s'est passé en Islande,vous avez conscience dela manière que les "politiques" nous promènent en "bateau" !
MAIS,il faut espérer que beaucoup de vos semblables - vos amis ,vos collègues - aient la même conscience que vous de la situation ET l'avenir peut être ""différent"".(( ET vous êtes ,pour moi, l'espoir !!!) . Vous pouvez à quelques-uns (le plus possible - et vous êtes un bon jeune lucide capable de ce faire,j'en suis sûr ! ) former une équipe qui prépare des jours meilleurs . Voyez ce qu'a fait DE GAULLE en 58-60 ! -- Trois gars ont fondé l'organisation des 3 points ( et, quelle force ils ont représenté !) -- Napoléon ! qui avait presque réussi l'Europe ( s'il n'y avait eu les Anglais et,surtout, ROTSHILD ! ).Croyez-y et - si vous n'avez pas PEUR ! car tant d'intérêts sont liés contre le vrai ""changement"" vers plus de JUSTICE , alors vous pourrez faire un avenir de qualité pour vos ENFANTS !!!!
TOUS mes voeux vous accompagnent ! MOI je suis trop vieux mais j'aimerais voir ,de mon vivant , que certains ont relevé le Défi !!!
Réponse de le 08/09/2012 à 17:04 :
"Refusons de payer les dettes", "Laissons couler les banques" et bientôt vous n'aurez plus d'argent sur votre compte en banque, plus de travail parce que votre entreprise ne pourra plus emprunter, vous achèterez votre baguette 10? parce que plus personne ne voudra d'euros... La solution évidemment
Réponse de le 08/09/2012 à 18:01 :
à Lil : Comme j'aimerais que vous ayez raison ET que je ne sois qu'un vieux radoteur . Hélas ,mon cher monsieur , je crois que nous n'aurons plus très longtemps à attendre pour voir ce que vous redoutez ici ! Rappelez-vous de ce que vous lisez ce 08/09/2012 ,dans un petit coin . Car , à fabriquer des Euro comme votre Bankster DRAGHI nous a promis de faire, nos (vos) Euro ne vaudront plus grand chose de toute façon !!! Mais, vous avez la FOI en vos ban (quiers) - ksters , Bon courage et Bonne chance !!!
a écrit le 07/09/2012 à 18:28 :
Après tant de tergiversations et d'attente, voilà enfin une première décision qui pose le jalon du fédéralisme européen qui est la seule solution pour faire face aux spéculateurs et aux grandes puissances (USA, Chine...). Ce n'est qu'une première étape vers une Europe plus stable et plus puissante. Tout le reste n'est que bavardage inutile.
Réponse de le 07/09/2012 à 22:27 :
Le fédéralisme européen signifie la disparition de la France en tant qu'Etat Nation !! De graves pertes de souveraineté ont déjà eu lieu et auront bientôt lieu ( perte de la souveraineté budgétaire et monétaire )
Quelle sera la langue commune ? ( l'anglais, le français, l'espagnol ??? etc) Le peuple français est-il prêt à accepter que tout soit décidé de Bruxelles ? La réponse est clairement NON
a écrit le 07/09/2012 à 17:31 :
C'est une illusion d'optique.
Le problème n'est pas la spéculation, mais le redressement économique de l'ensemble des pays du sud de la zone euro. Racheter les dettes à court terme de ces pays là en leur demandant davantage de rigueur budgétaire est stupide ou malhonnête, tout dépend de ce qu'on veut réellement faire. Bon, les taux vont diminuer, et après? La dette de ces pays est déja insupportable. Va-t-elle diminuer? Non mais leur PIB va diminuer dont leur ratio d'endettement dette/PIB va encore augmenter, ce qui va à l'encontre de leur redressement économique. Seule solution, reprendre les monnaies nationales et faire un constat d'échec de l'euro.
a écrit le 07/09/2012 à 16:46 :
NE PAYONS PAS LES DETTES PUBLIQUES !

Que les banquiers aillent se faire pendre, et les politiciens véreux qui nous ont vendus avec !

VIVE LA REVOLUTION !
a écrit le 07/09/2012 à 15:55 :
"Il est utile de nommer aux postes de pouvoir des hommes incompétents ou corrompus afin de pouvoir plus facilement les contrôler." Nicolas MACHIAVEL

Mario DRAGHI est un assassin économique, et il va faire gagner beaucoup d'argent aux banques privées, sur le dos des citoyens européens que nous sommes.

"Donnez-moi le contrôle de la monnaie d'un pays, et je n'aurai plus à me soucier de qui fait ses lois." Thomas JEFFERSON

Voir la petite vidéo suivant pour comprendre le boulot d'un assassin économique : http://www.dailymotion.com/video/xt41u7_john-perkins-confessions-d-un-corrupteur-de-nations_news
Réponse de le 08/09/2012 à 6:56 :
tres bonne la video,
a écrit le 07/09/2012 à 12:49 :
Pour connaitre les intentions de ce monsieur et mieux quune réponse, je vous conseille ceci
http://videos.arte.tv/fr/videos/goldman-sachs-la-banque-qui-dirige-le-monde--6894428.html
a écrit le 07/09/2012 à 12:08 :
Trop long, pas toujours clair, quant à l'orthographe...
Devrait mieux faire ?
a écrit le 07/09/2012 à 12:03 :
Que vive GOLDMAN SACHS !
a écrit le 07/09/2012 à 12:02 :
OK pour assortir de strictes conditions pour les pays bénéficiaires de l'open bar (le respect de leurs engagements budgétaires) mais qui va se charger de ces contrôles? Quels délais seraient nécessaires entre l'appel au secours et le ramassage des titres sans valeur au nominal? Enfin l'alimentation du MES endettera un peu plus les déficits publics sans même parler du comblement des pertes éventuelles sur ces achats de papiers pourris. Bon courage mais l'unification n'est pas à notre porte telle que le laisse entendre cet article dithyrambique.
a écrit le 07/09/2012 à 11:48 :
Réunifier les taux d'intérêt, cela étais la plus logique des choses a faire pour une Europe solidaire, les Allemands on finalement compris que l'Europe en crise c'est aussi l?Allemagne en crise.
Mauvaise nouvelle pour les spéculateurs non avisé, mais Goldman Sachs est compagnie on déjà retirer les billes du jeux ,il suffixait de regardé le mouvement des fluctuations des changes mondiale.
Les allemands on dit quoi faire à Draghi sans le dire publiquement, élections prochaine oblige.
Pour l'inflation elle a toujours exister tant que on parlera de croissance.
Si en 1965 on pouvait acheter un lot de terrain pour 2.000 euro aujourd?hui il faut bien pour le même terrain 30.000 euro, donc tous va bien, continuons de parler de croissance pour payer les dettes au banques.
a écrit le 07/09/2012 à 11:12 :
La décision prise par Mario est une bonne décision mais il faut que les pays en "défaut" potentiel acceptent une mise sous tutelle de fait en échange d'une aide de la BCE. C'est à ce prix que l'on parviendra à une vraie union, en abandonnant des pans de souveraineté. Pour le beurre et l'argent du beurre, la fin est proche.
Réponse de le 07/09/2012 à 13:32 :
C'est bien de cela donc il faut parler, cela sauve les politiques qui ne savent que gérer leur carrière; ne résouts pas les problèmes (l'argent de la BCE, c'est notre argent) mais les amplifies en route vers l'hyperinflation. Mais comme vous l'écrivez (la pieuvre GS est derrière donc il n'y a pas de fumée sans feu) c'est la perte de souveraineté de tous les pays de la zone euro qui est l'objectif final avec pour conséquence le nouvel ordre mondial à la botte d'une caste et le retour à la féodalité (riches + esclaves).
Réponse de le 07/09/2012 à 15:27 :
Mise sous tutelle, abandon de pans de souveraineté. Vous avez un vrai problème avec la démocratie, vous vous en rendez compte ?
a écrit le 07/09/2012 à 10:56 :
attention c'est encore du Goldman Sachs : après les subprime, la grèce, maintenant l'Europe tout entière...
a écrit le 07/09/2012 à 10:51 :
Les problèmes économiques demeurent : l'engrenage rigueur budgétaire / récession, les déséquilibres de productivité dans l'Europe, la gangrène des bulles financières et immobilières... Pas de quoi se la jouer "culturiste qui se fait un bisou sur l'épaule en se regardant dans un miroir"...
a écrit le 07/09/2012 à 10:17 :
Si la récession s'installe, même des taux à 3 % deviendront insupportables. C'est un coup de poker très imprudent et très dangereux. Cela peut marcher, mais cela peut aussi entraîner l'UE dans des troubles monétaires très graves. Je me demande comment les juges constitutionnels allemands vont prendre la chose le 12. C'est fou d'avoir placé un Italien à ce poste.
Réponse de le 07/09/2012 à 10:45 :
Ce plan vise à diminuer le coût du crédit sans alourdir la fiscalité pour les pays en danger... Vous avez raison sur le fait qu'une récession sévère peut être fatale aux finances d'un pays qui a déjà une dette disons au delà de 60 % du PIB... On dit du mal de la construction de l'euro, peut être à raison, mais les critères de Maastricht n'étaient pas absurdes. Ceci apparaît maintenant : une fois qu'une dette dépasse un certain niveau, une forte récession à un effet catastrophique dans la zone euro.
a écrit le 07/09/2012 à 9:11 :
Les speculateurs contre l'europe et l'euro qui depuis 4 ans essaient de se refaire vont devoir encore patienter ainsi que les cassandre nationalistes qui honissent l'euro. La politique de draghi allemagne france est habile , laisser l'incertitude juste assez pour que les speculateurs viennent s'y frotter et les cogner d'un uppercut quand ils se sont trop decouverts. Les sommes dépensées seront compensées par une diminution equivalente de la masse monétaire. Cela ne coutera pas grand chose comparé au milliards dépensés par une relance keynesienne qui a fait flop ( la relance ne peut que permettre de passer un cap difficile, pas de redresser l'economie, c'est comme une saignée, si le malade est trop atteint, ça le tue)
Les taux se desserrent , mais surtout Draghi ne lache rien sur la necessite d'equilibrer les budgets et la competitivité, gage de confiance pour l'avenir. La convalescence sera rude il faudra de la reeducation.
Mais la victoire médiatique sur les prophètes en tous genres et les speculateurs est encore visiblement loin. Ce serait secondaire si les elections n'en dépendaient pas.
Réponse de le 07/09/2012 à 9:31 :
Like, +1, un utilisateur aime ça..
Réponse de le 07/09/2012 à 11:17 :
La politique de Draghi est éminemment habile contrairement à un Trichet naguère président qui semblait en permanence marcher sur des oeufs et manquer de conviction.
a écrit le 07/09/2012 à 8:39 :
Analyse sommaire et superficielle d'un idéologue! Pourquoi les taux d'intérêt ont-ils divergé? Certainement pas par magie mais faute de pouvoir dévaluer dans une zone monétaire unique. Draghi n'a pas résolu la crise de compétitivité de la zone euro déclenchée par la déflation salariale allemande. C'est bien de rappeler que Draghi a travaillé chez Goldman Sachs. Ila surtout satisfait les "investisseurs" c'est à dire les quelques banques d'affaires internationales à l'exemple de Goldman Sachs... A bientôt pour la suite de la crise.
Réponse de le 07/09/2012 à 9:44 :
L'article constitue (au contraire de votre commentaire) une excellente analyse de la situation. M. Draghi semble faire preuve d'une ezfficacité remarquable. Il faut maintenant que les politiques suivent. Notre Président va devoir encore longtemps manger son chapeau !
Réponse de le 07/09/2012 à 10:05 :
@Saint-Just : vous dites n'importes quoi... les mec de chez Goldman doivent etrent en train de s'arracher les cheveux... Eux qui ont tant miser sur un eclatement de l'euro...
a écrit le 07/09/2012 à 8:32 :
MR MELANCHON AVAIS AVEC JUSTE RAISONS APPOSTROPHE LA BE OUI OU NON,?
a écrit le 07/09/2012 à 7:49 :
"les taux d'intérêt des différents pays de la zone euro, qui ont divergé de façon anormale"

Le journaliste, enfin celui qui se fait nommé, qui a écrit cela est un débil!!

La Grèce n'aurait donc eu AUCUN problème de surendettement?

Allez-y insulter moi ce journaliste, il le mérite grandement.
Réponse de le 07/09/2012 à 11:45 :
Sinon, il y a toujours une alternative : écrire en français pour être compris. L'injure ne cache pas la faiblesse intellectuelle.
a écrit le 07/09/2012 à 7:08 :
Question: est-ce que la Grèce, l'Irlande (qui va tellement bien que le FMI vient de lui accorder une aide supplémentaire de pratiquement 1 milliard), le Portugal, l'Espagne, l'Italie peuvent se redresser et rembourser leurs dettes à la fois ? En clair, échapper à la spirale récessive dans laquelle les mesures de contrôle budgétaires strictes vont les entraîner et/ou les maintenir (vous avez noté l'enthousiasme fou de l'Espagne pour demander de l'aide) ? Clairement NON ! Si ce n'est pas le cas, qui va payer dans un, deux, ou trois ans ? Nouveaux achats de dettes pour rembourser les anciennes ? ad vitam eternam ? ou facture pour la BCE (donc pour nous) ? Qui peut raisonnablement penser que l'on peut tranquillement laisser crever à petit feu les grecs, les portugais, les espagnols, etc.. sans qu'il y ait "d'incident de parcours" ? Est-ce réaliste de penser que cela va durer ainsi (business as usual, sans crise systémique) pendant des années ?
Réponse de le 07/09/2012 à 8:48 :
@coco "ad vitam eternam ?" ça dure depuis 2008 on peut imagnier que ça va durer encore quelques années.
Réponse de le 07/09/2012 à 14:28 :
Aux USA ça date depuis les années 80!
a écrit le 07/09/2012 à 0:29 :
Si les contribuables et les épargnants pouvaient comprendre que la farce qui est jouée en ce moment par la BCE est ni plus ni moins celle qui les a toujours floués : inonder l ' économie réelle de trilliards d euros , qui , un jour ou l ' autre , devront bien etre remboursés par de la vraie monnaie issue de la vraie économie . Le massacre des épargnants et des contribuables a réellement commencé ce 06 Septembre 2012 . Pas étonnant que les Banques , les marchés et les Etats s ' en réjouissent ...Le tour de force réussi par le magicien noir Draghi est que les victimes s ' en réjouissent également ....La Goldman Sachs est vraiment très forte ...
a écrit le 06/09/2012 à 21:45 :
Victoire de Sarkozy??? On sait pour qui vous roulez mais tout de même...
a écrit le 06/09/2012 à 21:44 :
Super Mario
L expérience du monde financier (GS) rassure les marchés. Depuis 3 ans que l on tourne en rond, cette initiave va calmer les marchés.
Est ce que c est la fin de la crise ?
Réponse de le 06/09/2012 à 22:07 :
Non, un simple répit. Nous en reparlerons dans moins de 6 mois, quand l'inflation sera galopante et que les gens s'appauvriront et ne pourront ni consommer, ni investir.
Réponse de le 06/09/2012 à 22:59 :
@Lola Ca fait des années qu'on nous promet une hyperinflation dans les 6 mois et que les prix restent sages. L'hyperinflation on la verrait plutôt du côté des impôts et du chômage mais pas sur les prix dans une économie ouverte où le consommateur est inondé de produits à bas coûts. Le fait est que tout cet argent se déverse sur les marchés et la dette publique mais pas dans l'économie réelle. Conséquence, les marchés sont rassurés mais le système tourne à vide.
Réponse de le 07/09/2012 à 0:51 :
L hyperinflation n 'est pas encore là , parce que les gigantesques masses de fausse monnaie crées par la BCE ne sont pas encore en mouvement . L inflation , c est la masse monétaire X par la vitesse de circulation . C est pourquoi le BCE a " rassuré " les marchés en expliquant " stériliser " cette fausse monnaie , c 'est à dire en promettant de ne pas la mettre en circulation avant les maturités des obligs rachetées , soit de trois mois à trois ans ...juste le temps espéré pour tondre l ' épargnant le contribuable par toutes sortes de techniques baptisées joliment " plans d ' austérité " , " règles d 'or " etc ... Les Etats esperent ainsi faire payer par le contribuable leurs folles dépenses nées de l ' emprunt .... Mais évidemment , ni l ' épargnant , ni le contribuable ne suffiront à convertir cette gugantesque masse de fausse monnaie en argent réel . C est à ce moment là que ces masses monétaires fictives seront lachées dans l ' économie réelle , et que l hyperinflation qui en résultera achèvera l ' écolomie réelle , mais nos Dragui et consorts seront alors bien loin . L Argentine a connu cela .En attendant , applaudissons " Super Mario " venu de Goldman Sachs pour " sauver l ' Europe " . L Occidental est un incorrigible amateur de contes de fées ...
Réponse de le 07/09/2012 à 6:27 :
Si elle n'est pas encore là, les premiers effets réels du débasement de la monaie ont bel et bien commencés à se faire sentir. Il suffit pour s'en convaincre de regarder le prix du pétrole par rapport à l'or. Il est etonnament stable sur de longues périodes. Quant au gigantesque transfert que représente les taux bas imposés par les banques centrales, il est de plus en plus perceptible. On n'en mesurera véritablement les effets destructeurs que quand ceux qui ont épargné ne pourrront plus financer les propres projets, accentuant l'effet mortifère d'une réallocation forcée du capital vers les mauvais investissements imposés par la force publique et réglementaire.
Réponse de le 07/09/2012 à 6:53 :
à Excalibur : à baser sa compréhension de la monnaie sur la seule théorie quantitative, comme ce cher Mario d'ailleurs puisque celui ci "stérilise" la masse monétaire en en enlevant l'équivalent des achats ailleurs, fait que comme lui, vous n'y comprenez rien. La théorie quantitative ne fonctionne que hors économie financiarisée. Il ne pourrait y avoir inflation en réel que si cette monnaie créée était réellement distribuée dans le monde réel, et encore à condition que la demande qu'elle génère soit telle que les capacités de productions ne soient plus sous utilisées. Mais ce n'est pas le cas : cette monnaie créée ne rajoute aucune demande dans l'économie réelle : elle ne sert au final qu'à acheter de la dette c'est à dire des dépenses déjà existantes et non pas des dépenses supplémentaires. Cette monnaie reste dans la sphère financière et n'aboutit qu'à une chose : l'éventuel ( car c'est juste une menace pour calmer tout le monde, Draghi ne compte pas réellement s'en servir), je disais, l'éventuel remplacement du financement de la dette publique par cette monnaie centrale au détriment des masses financières privées ( dont une bonne partie est issue des cadeaux fiscaux qui au final font la dette publique). Et c'est tout. Appliquer bêtement des formules, comme la plupart de nos économistes au pouvoir, aboutit au final à l'incompréhension de la situation.
Réponse de le 07/09/2012 à 9:04 :
l'inflation est-elle un mal? elle liquiderait la dette, ferait baisser le'uro donc permettrait d'exporter meiux etc.
Réponse de le 07/09/2012 à 11:15 :
Oui, mais au détriment de ceux qui détiennent la capacité d'investissement productif et du marché intérieur. On fini dans ce cas là par se retrouver à devoir importer de plus en plus, avec une monaie de plus en plus faibel et un marché intérieur insuffisant au développement des entreprises locales. Donc au bout de quelques cycles on est devenu un pays pauvre.
Réponse de le 07/09/2012 à 11:58 :
à Greg . ET cette sphère financière restera un BEAU rêve ET ne deviendra JAMAIS un CAUCHEMAR ! (d'après vous!) . Ensuite il ne restera qu'à jouer les prolongations à la prochaine occasion et c'est dans la poche ET ainsi de suite ! ON devrait vous proposer au poste de Ministre des Finances (avec votre capacité en Finance ,la France est SAUVEE !!!!!)
Réponse de le 07/09/2012 à 12:53 :
Il y a deux types de monnaies . Celle qui nait du travail et celle qui nait de la BCE . La première est réelle et irrigue l ' économie réelle , la seconde est fictuve , et ne correspond à aucun travail , aucune activité . La fausse monnaie tue la vraie monnaie . C est ce qui va se passer lorsque cette fausse monnaie sera " lachée " par trilliards dans l ' economie réelle . Greg '" le Prolétaire " voudrait que cette fausse monnaie soit tout de suite " distribuée dans le monde réel " . Pardonnez lui , car il ne sait pas ce qu il dit ...
Réponse de le 07/09/2012 à 14:15 :
évidemment l'inflationest défavorable aux épargnants... mais parfois la cigale a raison de la fourmi
Réponse de le 07/09/2012 à 15:27 :
La cigale a raison de la fourmi ? Certes...Mais une fois la cigale morte , crève la fourmi ...
Réponse de le 07/09/2012 à 16:15 :
Vous dites des âneries : la monnaie que vous dites "réelle" est fabriquée elle aussi par la BCE, et la monnaie "fictive" (le crédit ?) sert à acheter des biens de consommation donc est investie directement dans l'économie réelle.

Un peu d'humilité, et cessez de croire à la légende du Roi Arthur, ce n'est qu'une légende.
Réponse de le 07/09/2012 à 16:56 :
"simple citoyen " que la capacité d'investissement productif soit réduite par l'inflation c'est possible mais pas si évident pour la France. Par 'contre devoir importer plus' ça me semble faux et au contraire favoriser le 'développement des entreprises locales'. Vous basez vos remarques sur un exemple historique précis ou sur vos impressions. Merci
Réponse de le 07/09/2012 à 20:13 :
@Excalibur n arrive pas à comprendre la difference entre de l argent né d ' un travail , et de " l argent " né d un faux monneyage , AInsi vont les anes au précipice ..
a écrit le 06/09/2012 à 20:41 :
" La victoire posthume de Sarkozy", il fallait vraiment la osé celle là, bravo
a écrit le 06/09/2012 à 20:41 :
Coup de poker...
Réponse de le 07/09/2012 à 10:08 :
Ouai, sauf que la il vient de poser carré d'as... Et GS et compagnie sont en train de s'arracher les cheveux. Eux qui on fait tapis sur 'leclatement de l'euro....
Réponse de le 07/09/2012 à 13:44 :
J'ai lu sur mediapart (où je ne suis pas abonné), que la BCE rachèterait les obligs au NOMINAL. Est-ce vrai ? Je ne vois pas où l'auteure de ce blog a vu ça dans les déclarations de Draghi. Cela me semble insensé si c'était vrai, donc j'attends la preuve si quelqu'un l'a.
En tous cas, si Marie Caroline (l'auteur du billet dans mediapart) a piloté là dessus, ça la décrédibilise totalement car si la BCE rachetait les oblige espagnoles au pair, cela voudrait dire qu'elle offre un profit immédiat de 30% aux détenteurs (banques, assurances,...), ce qui n'aurait aucun sens. De plus, cela signifierait que le contribuable européen devra payer une plus grosse somme (que si rachat de ces oblige pourries à la valeur de marché), s'il y a défaut de l'Espagne.
Réponse de le 07/09/2012 à 16:42 :
@ Merle moqueur : vous n'avez jamais entendu parler de la maxime favorite du privé :

On privatise les bénéfices, on nationalise les pertes. (et on vous enc... NDLR)

Là c'est pareil, mais puissance 1000. On sera euro-cocus, alors préparez la vaseline ou le fusil de chasse.
Réponse de le 08/09/2012 à 18:38 :
@merle moqueur : rassurez-vous, c'est l'inverse. La BCE se fera rembourser les obligations au nominal à leur terme, mais les achète (ou les accepte en collatéral) sur le marché secondaire (occasion) au prix du marché. Mieux même : les collatéraux acceptés par la BCE sont réévalués quotidiennement pour ajuster les positions des banques débitrices qu'ils sont censés couvrir. Au final, c'est bel et bien la BCE qui gagne la différence. Je ne connais pas l'auteur que vous citez mais elle se trompe complètement.
Réponse de le 08/09/2012 à 19:26 :
La BCE se fera rembourser par qui ??? Vous avez la Foi , la vraie FOI ! BRAVO !!!
Réponse de le 09/09/2012 à 9:30 :
Par tous les xxx européens.
Réponse de le 09/09/2012 à 16:40 :
à " par qui ? " Bravo ! Vous êtes futé ,vous !!!! Et,Vous avez RAISON !!!! Mais comme ils n'en ont pas les moyens il faudra que la BCE se contente de peu de chose !!!!! Soyons sérieux : QUI pourra jamais rembourser ces trilliards d'EURO ????? Ils ne seront JAMAIS remboursés !!! Mais le Prêteur le sait bien --au fait :qui est LE prêteur ?-- CAR ,si j'ai bien écouté les spécialistes TOUT le MONDE a des dettes : les ETATS , les Sociétés , les Entreprises , les LANDERS , les Régions , les particuliers (même chaque Chinois serait endetté!) MAIS.... Qui a bien pu prêter tout ce Pognon ???à tous les êtres vivants de la Création ??? ( il y a les dettes croisées aussi ! c'est amusant, mais la France en doit à l'Espagne qui en doit à la France ET ainsi de suite pour TOUS les Pays ) . Cela va sûrement finir comme une Grande Farce !!! mais avec des terriens atterrés !!!!!

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :