Pourquoi les millionnaires russes affluent vers la Grande-Bretagne

Par Tiphaine Honoré  |   |  417  mots
Le propriétaire du club de foot de Chelsea, Roman Abramovich et sa compagne Dasha Zhukova font partie des plus grosses fortunes russes en Grande-Bretagne. (Crédits : Reuters)
Les statistiques britanniques officielles font état d'un nombre record de visas octroyés aux investisseurs russes cette année : 69% de plus qu'en 2013 à la même période. La chute des prix du pétrole, du rouble et les sanctions occidentales poussent les entrepreneurs à l'expatriation.

Les "immigrants investisseurs" - comme les désigne le bureau britannique de l'Immigration - se bousculent aux portes du Royaume Uni. Selon ces statistiques mentionnées dimanche 21 décembre par le Sunday Times, au cours des neufs premiers mois de l'année, 162 "visas investisseurs" ont été délivrés à des Russes, contre 96 lors de la même période en 2013, soit une augmentation de 69%. L'an passé, 118 de ces visas avaient été accordés au total.

Une voie rapide vers l'obtention de la nationalité

La législation britannique permet en effet aux citoyens hors Union européenne d'effectuer une demande de ce type de visa à la condition d'investir au moins 2 millions de livres (2 548 300 euros) au Royaume Uni. Dans certains cas, l'obtention du sésame peut prendre moins de 24 heures indique le Sunday Times. Une fois en main, il donne le droit de rester jusqu'à trois ans et quatre mois sur le territoire britannique.

Mais ce qu'il permet surtout - et c'est majoritairement l'objectif de ces multi-millionnaires russes qui en font la demande selon le Financial Times-  c'est un accès plus rapide à la nationalité britannique. Le quotidien explique en effet que ce visa donne aux étrangers en situation régulière la possibilité d'accéder plus facilement à la citoyenneté ou à un permis de séjour en échange de l'achat de 1 à 10 millions de livres d'obligations d'Etat.

Fuite des capitaux

A l'origine de cette fuite des capitaux russes, la chute des prix du pétrole qui représente 70% de ses exportations et 50% des recettes de l'Etat, assortie d'un plongeon du rouble (-36% la semaine passée!) et de sanctions occidentales qui grèvent l'économie russe. Le nombre de demande de visas aurait d'ailleurs fortement augmenté à partir du mois de mars 2014 explique le Sunday Times, ce qui coïncide avec les premières sanctions économiques imposées à la Russie.

Mais le gouvernement britannique pourrait bien réduire les vannes de ces nombreuses arrivées. Pour la première fois en vingt ans, il a engagé des mesures pour rendre ce visa plus difficile à obtenir en augmentant par exemple le mois dernier le seuil minimum d'investissement de 1 à 2 millions de livres (2,5 millions d'euros), indique le Financial Times.

Le bureau de l'Immigration en a également restreint la nature, en empêchant dorénavant l'acquisition de capitaux dans l'immobilier. Des mesures qu'il n'a pas justifié mais qui seraient une réponse aux craintes d'un certain nombre de Londoniens de voir des investisseurs étrangers s'approprier des propriétés de la capitale restées vacantes.