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Afrique Centrale

Gabon : peur sur la CAN 2017

Aboubacar Yacouba Barma

Publié le 06 décembre 2016 à 16:36 - Mis à jour le 06 décembre 2016 à 17:10

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A quelques semaines du démarrage du plus grand événement sportif du contient que la Gabon accueille en janvier prochain, des acteurs de la société civile du pays sont montés au créneau pour appeler à son boycott. Il ne s’agit que pour l’heure de quelques voies dispersées, mais le contexte politique que vit le pays depuis la dernière crise post-électorale d’Août dernier, ne sont pas sans raviver les inquiétudes sur la tenue du tournoi continental de football.

C'est un ultimatum assorti d'une menace de « sabotage et de boycott » qui fait actuellement grand bruit dans le monde footballistique africain. A presque un mois du coup d'envoi de l'édition 2017 Coupe d'Afrique des nations (CAN 2017) que le Gabon va abriter du 14 janvier au 5 février prochain, deux acteurs bien connus de la scène politique du pays viennent d'adresser une lettre ouverte à Issa Hayatou, le président de la Confédération africaine de football (CAF), l'instance en charge de l'organisation de l'évènement. Dans leur lettre, le gabonais  Marc Ona Essangui et le français Laurent Duarte ont demandé à la CAF, la délocalisation de la compétition vers un autre pays. «La répression sanguinaire contre le peuple et l'instabilité actuelle du pays imposent de transférer l'organisation de l'événement sportif majeur du continent vers un autre pays» ont estimé les deux activistes membres du collectif « Tournons la page », une structure de la société civile gabonaise qui affirme se battre pour l'alternance démocratique dans le pays. «Sans réponse effective à la date du 15 décembre inclus, nous appellerons les populations au boycott et au sabotage de cette CAN» ont poursuivis les coauteurs de la lettre.

«La répression sanguinaire contre le peuple et l'instabilité actuelle du pays imposent de transférer l'organisation de l'événement sportif majeur du continent vers un autre pays (...) Sans réponse effective à la date du 15 décembre inclus, nous appellerons les populations au boycott et au sabotage de cette CAN»

Menaces à prendre au sérieux

C'est donc une sorte de chantage en bonne et due forme que les deux membres de la société civile gabonaise viennent d'adresser à la CAF, ce qui a aussitôt ravivé les inquiétudes sur la tenue de l'événement au moment où les préparatifs entrent dans leurs dernières lignes droite. La CAF et les autorités gabonaises n'ont pour le moment pas réagit à cet appel au boycott mais comme l'a confirmé à la LTA un membre du bureau exécutif de la confédération africaine, « c'est une menace sérieuse qu'il conviendrait de tenir compte et de gérer à temps afin de prévenir tout risque qui pourrait ternir la tenue de cette fête sportif panafricaine ». La réaction des amateurs du ballon ne s'est pas faite en tout cas attendre et si au Gabon, on essaie de minimiser la portée de cet appel au boycott, l'assurance des autorités est loin d'occulter les inquiétudes. Le contexte politique est toujours assez délétère, conséquence de la crise post-électorale qui a suivi la dernière élection présidentielle d'Aoùt dernier. Il y a quelques jours, le gouvernement a même décidé de reporter à au plus tard juillet 2017, les élections législatives qui devait se tenir en principe en ce mois de décembre. Certains observateurs estiment que l'opposition politique et une partie de la société civile pourrait bien profiter de cet appel au boycott pour remettre à jour leur contestation de la légitimité du président Ali Bongo Ondimba.

La tenue de la CAN 2017 pourrait en effet offrir une nouvelle fenêtre de légitimité internationale au régime, chose que l'opposition la plus radicale verrait d'un mauvais œil surtout qu'elle maintien encore intact, ses velléités de faire tomber le président réélu. Il y a donc de sérieuses raisons de s'inquiéter en attendant la réaction de la CAF et des nouvelles assurances que donneront les autorités gabonaises.

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Ce n'est pas la première fois que la tenue de la CAN 2017 au Gabon est menacée puisqu'à l'époque de la crise électorale, une polémique a enflé sur le continent et certains médias ont relayés l'information selon laquelle la CAF a déjà engagé le processus de recherche d'un pays vers lequel serait délocalisé l'événement sportif. Il a fallut un démenti formel de la confédération, en novembre dernier, pour mettre fin aux rumeurs. La CAF avait en effet démenti  l'information, soulignant « qu'il n'a jamais été question de trouver un pays de substitution».

Aboubacar Yacouba Barma

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