Si le secteur de la défense sera mis en avant durant le salon aéronautique de Farnborough, Airbus et Boeing s’attendent à engranger une nouvelle moisson de commandes d’appareils. Mais leurs capacités à livrer des avions restreignent cette dynamique commerciale.À l’instar du salon aéronautique du Bourget l’an dernier, celui qui se tient du 20 au 24 juillet à Farnborough sera sans aucun doute l’occasion d’une mise en avant des acteurs de la défense plus forte qu’à l’accoutumée, contexte géopolitique oblige. Pour autant, l’événement britannique – organisé en alternance avec son homologue français – devrait bien donner lieu au traditionnel match des commandes entre Airbus et Boeing. Une confrontation commerciale qui n’avait pas eu lieu en 2025, le groupe américain ayant dû faire face au crash du 787 d’Air India intervenu quelques jours avant le salon du Bourget.
À quel volume de commandes faut-il s’attendre ? Plus de 875, pronostique le cabinet britannique IBA, spécialisé dans l’aviation. Un chiffre incluant les commandes fermes, mais aussi les intentions d’achats, les options, les protocoles d’accord et les contrats déjà annoncés mais qui pourraient être confirmés. Soit un niveau supérieur à celui atteint lors des salons organisés ces deux dernières années, avec 601 commandes enregistrées au Bourget en 2025 et 438 à Farnborough en 2024, d’après le décompte d'IBA. Mais loin derrière les 1 338 avions commandés en 2023, au sortir de la crise Covid.
Quelque 42 000 avions à livrer d'ici 20 ans
Toutefois, d’autres estimations sont moins optimistes, qui prévoient un nombre total de commandes de tout juste 300 appareils, comme le relève l’agence Reuters. Un faible niveau qui s’explique par un contexte géopolitique peu favorable au trafic aérien, mais surtout par l’incapacité d’Airbus et de Boeing de répondre à la demande en raison des nombreuses tensions persistantes au sein de leurs chaînes de fournisseurs. Les moteurs, mais aussi nombre d’équipements, constituent toujours des goulets d’étranglement.