Déployer des voitures électriques autonomes sur les plus petites lignes ferroviaires. C’est le pari original de la Ferromobile d’Arnaud Montebourg qui promet de faibles coûts d’investissement et d’exploitation. Après des essais techniques en Gironde et des tests passagers fin 2026, la commercialisation est espérée pour 2028, mais les obstacles restent nombreux.« À l’intérieur du rail, on est à 60 °C ! » Valérie Bernard, large chapeau sur la tête, effectue une série de relevés de températures sur la voie ferrée frappée par le soleil caniculaire de juillet. Avec ses deux collègues, la salariée de Ferromobile est en pleine session d’essais de ce curieux Peugeot Traveler équipé d’essieux de train. De quoi permettre à ce van de huit places de circuler sans difficulté sur des rails « Ce prototype est bardé de plus de 170 capteurs qui ont déjà fait remonter 700 millions de données depuis le début de cette série d’essais au Verdon il y a trois semaines », montre Olivier Le Cornec, le directeur général de la start-up créée en 2021.
Quelques instants plus tard, le véhicule s’élance à plus de 100 km/h en produisant le bruit saccadé caractéristique du passage d’un train. Puis il enchaîne freinages et accélérations sur cette voie ferrée de quelques kilomètres longeant l’estuaire de la Gironde. Propriété du Grand port maritime de Bordeaux, cette infrastructure privée et fermée à la circulation commerciale est devenue ces derniers mois le terrain de jeu des équipes de Ferromobile.
Une flotte de véhicules à la demande
« On a signé une convention d’occupation avec le Port de Bordeaux. L’objectif est de générer des retours d’expérience en conditions réelles et avec différentes contraintes climatiques », précise le dirigeant arrivé de chez Navya en 2023.
Détenue à 100 % par le fonds Made in France d’Arnaud Montebourg, Ferromobile se positionne à la croisée de l’automobile et du ferroviaire pour tenter de répondre à l’abandon des plus petites lignes de train. Le véhicule n’est pas autorisé à circuler sur route mais reste capable de manœuvrer hors des rails sur des plateformes dédiées pour déposer ou prendre des passagers ou effectuer une manœuvre de croisement ou de demi-tour. Mais la fourgonnette ne peut accueillir que six à huit passagers ce qui reste très limité pour un transport public collectif.