Angola : quel président sera João Lourenço, le successeur de J.E. Dos Santos ?
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«Tout a changé pour que rien ne bouge», commente un fin connaisseur de la vie politique angolaise. Sans suspense et sans surprise, João Lourenço a été désigné, troisième président de l'Angola au sein du Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA), arrivé en tête des élections générales du 23 août dernier et qui domine la vie politique du pays depuis quatre décennies.
Après un «très long règne» selon son propre commentaire, José Edouardo Dos Santos, 74 ans dont 38 ans au pouvoir, cède son fauteuil usé à son ex-ministre de la Défense, au terme d'une succession policée comme du velours et présentée comme la première «alternance» pacifique au pouvoir depuis l'indépendance de cette ancienne colonie portugaise en 1975.
Dans l'ombre du lourd héritage de «Zedu» (contraction de José Edouardo), quel genre de président sera donc le nouveau locataire du Palais Rose qui incarne le nouveau visage du pouvoir dans ce qui ressemble plus à un «changement dans la continuité» du jeu de chaises musicales, comme le résume Jon Schubert, anthropologue politique et chercheur au Global Studies Institute de l'Université de Genève ?
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João Lourenço, c'est d'abord l'histoire d'un homme qui a su attendre son heure. Avant son élection, c'est dans l'antichambre du parti au pouvoir qu'il s'est préparé à enfiler le costume de président. Vice-président du parti d'Etat après en avoir été le secrétaire général, ce sexagénaire polyglotte décrit comme «modéré» et «intègre» a su se positionner du bon côté de la vague. Au milieu des ténors du parti, Lourenço a habilement manœuvré sa barque vers le Palais, avec les vents favorables de la disgrâce de Manuel Vicente, l'ancien président de la Sonangol sur des soupçons de corruption, ou encore de la renonciation pour raisons de santé du puissant général Manuel Hélder Vieira Dias, alias «Kopelipa», l'ex-chef de la Maison militaire. L'histoire aurait pu prendre un autre cours.