Moyen-Orient : la guerre du détroit aura bien lieu
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Des Marines de la 11e unité expéditionnaire procédent à une inspection à bord du pétrolier Wen Yao dans le golfe d'Oman.
LTD / US MARINE CORPS / AFP
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Des Marines de la 11e unité expéditionnaire procédent à une inspection à bord du pétrolier Wen Yao dans le golfe d'Oman.
LTD / US MARINE CORPS / AFP
Faut-il se résoudre à ce que la trêve au Moyen-Orient soit définitivement enterrée ? Hier, pour le huitième jour consécutif, le Golfe a en tout cas été le théâtre de nouveaux affrontements. Aux bombardements américains de la nuit, qui, selon Téhéran, ont notamment détruit des infrastructures civiles privant d’eau 10.000 habitants du Sud-Est iranien, la République islamique a répliqué, en frappant, comme à son habitude, les monarchies de la région, en particulier le Koweït.
Un mois après la signature du mémorandum d’entente entre Washington et Téhéran qui avait instauré le cessez-le-feu et ouvert des négociations pour une éventuelle paix, c’est bien la guerre qui semble avoir repris le dessus au Moyen-Orient.
Il ne faut pas s’y méprendre. Malgré certaines ressemblances – mêmes moyens aériens, mêmes répliques iraniennes, même guerre de communication –, cet épisode ouvert par l’armée américaine n’est pas de même nature que les quarante premiers jours de conflit amorcés le 28 février. Il diffère d’abord par son ampleur. « Nous sommes davantage dans une campagne américaine limitée, un conflit à intensité modérée », souligne David Khalfa, codirecteur de l’observatoire Afrique du Nord Moyen-Orient de la Fondation Jean-Jaurès.
Cette nouvelle phase diverge aussi dans sa méthode et ses objectifs. Aux bombardements erratiques du printemps, aux buts de guerre changeants sinon inexistants, a succédé une ligne bien plus lisible. Après avoir réinstauré un blocus naval et frappé les installations militaires iraniennes le long des côtes qui bordent le détroit, l’idée, côté américain, est de mener des frappes plus ciblées et dans la profondeur afin de couper les routes d’approvisionnement et d’empêcher les Gardiens de la révolution de se réorganiser militairement.