Airbus va commencer à assembler le premier flotteur destiné à transformer un ATR 72 en bombardier d'eau pour offrir dès 2029 une alternative au Canadair dans la lutte contre les feux de forêt. Pour industrialiser son projet, la start-up toulousaine Positive Aviation est en quête de financements.Avec près de 11 000 feux et 35 000 hectares touchés par les flammes, la surface brûlée en France à la mi-juillet a d’ores et déjà dépassé les sinistres enregistrés sur l'ensemble de l'été 2025, a déploré jeudi le directeur général de la sécurité civile, Julien Marion, lors d'un déplacement d'Emmanuel Macron auprès des acteurs mobilisés dans l'incendie de la forêt de Fontainebleau.
Dans le même temps, la production des plus emblématiques bombardiers d'eau, les Canadair, a cessé en 2015. Une pénurie d'autant plus conséquente que le constructeur détenait le quasi-monopole du marché. De Havilland entend développer un successeur mais le projet a pris du retard.
Face à ce constat alarmant, en France, de nouveaux acteurs tricolores développent des alternatives souveraines pour lutter contre les incendies. La start-up Hynaero a ainsi l'ambition de créer un nouvel avion, le Frégate F-100, capable d'écoper dix tonnes d'eau (contre six actuellement pour le Canadair), grâce à des moteurs Pratt & Whitney plus puissants. La société toulousaine Kepplair Evolution a opté pour un rétrofit d'un ATR 72 pour réaliser à la fois une attaque directe du feu avec le largage d'eau et une attaque indirecte avec du retardant qui limite la progression de l'incendie.
Casser les coûts d'accès à la lutte anti-incendie
Pour sa part, la société toulousaine Positive Aviation mise sur le rétrofit d'un ATR 72 pour casser les coûts d'accès à ce type d'avion. Alors que le gouvernement a officialisé début juin la commande de deux Canadair nouvelle génération produits par De Havilland pour 200 millions d'euros, beaucoup de nations sont démunies face aux incendies. « Actuellement, les pays qui ont le plus besoin de s'équiper, ce ne sont pas des nations riches, mais l'Indonésie, la Malaisie, le Congo, le Brésil, l'Équateur... Aujourd'hui, la sécurité civile française a douze avions et a pour objectif de passer à seize avions. Le marché mondial est, lui, estimé à 400 appareils », analyse Laurent Schmitt, président de Positive Aviation.