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Mali - La Tribune Afrique

Mali : la confusion et la violence bloquent le processus de paix

Emmanuel Atcha

Publié le 17 novembre 2016 à 13:37 - Mis à jour le 17 novembre 2016 à 14:54

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Les dissensions guerrières et les confusions continuent de décimer le Mali alors que des initiatives de paix sont prises régulièrement. Échouant les unes après les autres ou presque, elles montrent un manque de conviction des parties impliquées et suscitent l'impatience de la communauté internationale qui ne s'entend plus avec ses interlocuteurs.

La situation au Mali et surtout dans le nord, laisse place à une incertitude à craindre. Malgré les préparatifs des élections communales et la signature de l'accord de paix, la violence a repris le dessus. En milieu de semaine dernière seulement, des jihadistes ont assiégé Banamba (140km de Bamako, au nord-est). Ils ont vidé la prison et libéré les leurs, se sont attaqués à la Gendarmerie et ont dévalisé une banque. « On est à nouveau, comme à plusieurs reprises depuis 2013, à un moment charnière », commente Jean-Hervé Jezequel, un spécialiste du Sahel à l'International crisis group (ICG). Mais pourtant la France est entrée en guerre depuis 2013 aux côtés du Mali pour chasser les jihadistes qui occupaient le nord du pays.

18 mois après avoir signé des accords de paix, personne ne comprend pourquoi la situation est restée ainsi. « La situation est un peu confuse », dénonce J.-H. Jezequel qui fait remarquer des avancées tardives du côté du gouvernement et en face une ''configuration politico-militaire préoccupante'' qui fait avancer les jihadistes vers le centre du Mali.

Il faut dire que les groupes jihadistes tels Ansar Dine du Touareg malien Iyad Ag Ghaly ou celui de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, rallié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), ne sont pas encore prêts à arrêter leur activité de toujours.

La communauté internationale en froid avec Bamako ?

Aujourd'hui, le Mali n'a aucun moyen pour se protéger contre les attaques terroristes et jihadistes. Si ce n'est ses partenaires et ses alliés, qui commencent pourtant à perdre patience.

L'accord de paix conclu entre les protagonistes des conflits maliens, avaient pour but de neutraliser définitivement les jihadistes de l'ex-rébellion à dominante touareg et devait conduire  à la création dans le nord d'Assemblées régionales élues par les populations et aux pouvoirs importants. Certes il y a eu des avancées considérables, même si très en retard, dont la nomination en octobre dernier, des membres des autorités intérimaires qui devront gérer les cinq régions du nord. Mais si le gouvernement traîne, c'est parce qu'on manque de conviction à Bamako. On estime que l'unité prônée par les accords doit aller de pair avec la lutte contre le terrorisme, évoquent certaines sources. La communauté internationale n'est pas de cet avis.

« Je répète régulièrement au président Ibrahim Boubacar Keïta qu'il faut prendre les initiatives nécessaires pour assurer l'intégration des peuples du Nord dans la communauté malienne », a martelé le 6 novembre dernier le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian. Pour lui la paix passe forcément par là.

Un accord de paix avec un désaccord en arrière-plan

A la signature de l'accord de paix, la plupart des protagonistes en ont salué les termes. Mais une fois partis, avec l'actualité, un retour en arrière s'impose. A se demander si l'accord avait été signé en âme et conscience.

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D'aucun avance que l'accord a été imposé par les partenaires du Mali. Pour certains analystes, aucun des protagonistes ne croit vraiment que cet accord est capable de changer quoi que ce soit de significatif. « Chacun essaye de jouer ses cartes: si le dossier politique avance un peu, on va voir ce qu'on peut en obtenir » tout en s'efforçant de perdre le moins de terrain possible militairement, explique Jean-Hervé Jezequel. Selon l'expert, l'accord de paix a avancé mais la paix n'a pas progressé.

Une source à la Minusma confie que « des groupes ne veulent pas appliquer l'accord, c'est clair ». Cela est  du aux liens persistants, notamment tribaux ou familiaux, entre '' groupes armés signataires'' et ''groupes armés terroristes''. A chaque étape de l'accord de paix, « ça reprend, ils actionnent leurs alliés jihadistes. Ces derniers ne voient pas également du tout d'un bon œil les avancées du processus de paix, qui sont pour eux un danger », ajoute la source à la Minusma qui garde l'anonymat.

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Malgré son sentiment d'esseulement, la communauté internationale est tout de même obligée de tout faire pour obtenir la paix au Mali. Le nord du pays, une zone favorable et très stratégique à la fois aux terroristes et aux jihadistes, pourrait devenir intenable et se transformer en bastion du terrorisme en Afrique.

Emmanuel Atcha

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