« L'effort concerne tout le monde » : David Amiel, ministre des Comptes publics, alerte sur le budget
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David Amiel le 1er juillet à Paris.
LTD/Hans Lucas - BASTIEN OHIER
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David Amiel le 1er juillet à Paris.
LTD/Hans Lucas - BASTIEN OHIER
Si David Amiel n’est pas, et de loin, le premier ministre des Comptes publics à alerter sur la dégradation de la situation financière du pays, avec une dette supérieure à 3 500 milliards d’euros (117,5 % du PIB) et un déficit estimé à 5 % cette année (mais qui sera certainement supérieur), il est le seul à avoir lâché, le 28 juin : « On est assis sur un baril de poudre. » Pour ce normalien et économiste de formation, en poste depuis le 22 février, il ne s’agit pas d’une simple formule.
Son propos reflète une réelle inquiétude, partagée par les marchés, face à la « marée montante de la dette », alors que les taux d’intérêt s’envolent : celui de l’OAT (obligation assimilable du Trésor) à dix ans, à 3,9 %, frise son plus haut niveau depuis la crise financière de 2008. La seule charge de la dette coûtera 77,4 milliards d’euros cette année. « Un ministre n’est pas là pour construire des villages Potemkine, mais pour dire les choses telles qu’elles sont », martèle-t-il.
Dès le 28 février, lors du déclenchement de la guerre en Iran, le nouveau patron du budget plaide pour des « aides ciblées, temporaires et financées », face aux conséquences de la fermeture du détroit d’Ormuz. Pour rompre avec le « mal français », qui consiste « à grimper les marches d’escalier de la dette à chaque crise, sans jamais les redescendre ». La mise en place d’une « mission “transparence” », décidée avec le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, et confiée à quatre économistes indépendants chargés d’analyser les perspectives d’évolution des finances publiques, concrétise le souhait d’une « vérité macroéconomique ».