Une Bourse européenne, ou plutôt mondiale ?

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Euronext a décidé de se marier avec les Américains plutôt que les Allemands. Ces derniers restent pour l'instant sur la touche. L'Europe de la finance a décidément du mal à voir le jour.

Toujours plus fort! Jean-François Théodore, le patron d'Euronext, la plate-forme de transactions boursières qui regroupe Paris, Bruxelles, Amsterdam et Lisbonne, devrait signer son plus bel accord. Avec la plus grande Bourse du monde, le New York Stock Exchange. De quoi damer le pion à plus d'un de ses adversaires. Les Britanniques d'abord, puisque, même s'il n'a pas pu avaler le London Stock Exchange, Euronext a quand même réussi, en 2001, à faire ses emplettes à Londres et à s'emparer du Liffe, le marché à terme.

Les Allemands, ensuite, qui n'ont cessé de lui faire des avances - qu'il ne peut se résoudre à accepter, ne serait-ce que parce que le siège d'une nouvelle entité franco-allemande devrait être en Allemagne. Les Allemands ont déjà la Banque centrale européenne, que diable, cela devrait leur suffire, entend-t-on à Paris!

Et si le mariage avec Wall Street se passe bien, il est possible que Jean-François Théodore gagne sur tous les tableaux. Se retrouvant isolées en Grande-Bretagne et en Allemagne, il n'est en effet pas totalement impossible que l'une ou l'autre des deux autres grandes Bourses européennes rejoigne un jour la nouvelle entité créée par Euronext et le Big Board.

Cela dit, malgré tous ces cocoricos, on peut quand même se poser une question: comment se fait-il que les Européens n'aient pas réussi à s'entendre entre eux pour former une méga-Bourse capable, précisément, de rivaliser avec le géant américain? Le grand dessein européen achopperait-il sur des considérations bassement matérielles, comme le prix à payer pour acheter une place de marché, ou le lieu symbolique de son siège? Le patriotisme économique ferait-il encore des ravages?

Peut-être. Mais il est clair aussi que pour les grandes entreprises, la notion d'Europe s'efface devant celle de "monde". Après tout, nombreuses sont celles qui sont devenues multinationales. L'Europe en tant que telle est donc dépassée en ce qui les concerne. Ce qu'elles veulent, c'est une nouvelle source de financement, autrement plus intéressante s'il s'agit des Etats-Unis. La Bourse, quant à elle, peut aussi espérer que des sociétés de par le monde veuillent se faire coter sur cette nouvelle plate-forme, qui pourra offrir des plages de transactions très étendues, puisqu'elles couvriront les fuseaux horaires allant de Paris à New York.

Bref, le monde, dans les affaires, est plus important qu'un simple marché européen. Pour l'instant, l'Europe est d'ailleurs en fait le théâtre d'une bataille bien américaine entre le Nasdaq, qui veut s'emparer du London Stock Exchange, et le New York Stock Exchange, qui a choisi Euronext...

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