FRANCE OUT "Une nuit pour entreprendre". Rencontre organisée par la chambre de commerce et d'industrie ( CCI) entre personnes ayant un projet d'entreprise et des conseillers, des chefs d'entreprises, des financiers *** FRANCE OUT *** (MaxPPP TagID:...
JP AMET, Jean-PierreAMET
Dans les Alpes-Maritimes, plus d’un tiers des entreprises devront être transmises dans les prochaines années. La CCI alerte sur un risque économique et social majeur : sans relève, 109 000 emplois pourraient être fragilisés.
La pérennité du tissu économique azuréen repose désormais sur un défi majeur : la transmission d’entreprises. Selon la dernière étude de la CCI Nice Côte d’Azur, publiée le 16 septembre, la part des sociétés concernées par un changement de dirigeant s’accroît rapidement, portée par le vieillissement de la population entrepreneuriale et la fragilité structurelle des TPE locales. En 2024, plus d’un tiers des entreprises du département, soit 26 624 entités, représentant 36 % du tissu économique, sont considérées comme potentiellement transmissibles. Cette progression de cinq points en deux ans illustre une dynamique préoccupante : un grand nombre de dirigeants approchent de la retraite sans avoir anticipé la succession de leur activité.
Au-delà du risque de disparition d’entreprises, l’impact social est considérable. Près de 62 % des emplois du département dépendent de structures dirigées par des entrepreneurs âgés de plus de 55 ans, soit plus de 109 000 postes concernés. L’industrie apparaît comme le secteur le plus vulnérable, avec trois quarts de ses emplois liés à des entreprises à transmettre, suivie par la construction et les services.
Les disparités sectorielles sont marquées. Dans les services, qui concentrent la majorité du tissu économique local, 66 000 emplois sont directement exposés au risque de non-transmission. Les secteurs de l’immobilier et de la finance affichent des niveaux particulièrement élevés de dépendance, respectivement 51 % et 82 %. À cela s’ajoute la structure même du tissu entrepreneurial : 92 % des entreprises des Alpes-Maritimes sont des TPE, souvent familiales et sans relève identifiée.
Territorialement, la Métropole Nice Côte d’Azur concentre le plus fort volume d’emplois concernés, avec plus de 51 000 salariés, tandis que Sophia Antipolisen compte près de 29 000. En revanche, la ville de Nice présente la proportion la plus faible d’entreprises à transmettre, signe d’une économie plus diversifiée et d’un renouvellement générationnel plus avancé.
Avec un âge moyen de dirigeant de64 ans, la pression temporelle s’intensifie. La CCI appelle à une mobilisation collective : accompagnement des dirigeants dans la préparation de leur cession, formation des repreneurs, et valorisation des entreprises avant transmission. Car derrière ces chiffres se joue un enjeu essentiel : préserver les savoir-faire, les emplois et l’ancrage local d’un tissu économique qui constitue le socle de la vitalité maralpine.
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