Le Conseil départemental des Alpes-Maritimes a investi dans 11 hectares de terres agricoles à Gattières, La Roquette-sur-Var et Châteauneuf-Grasse. Une initiative destinée à redonner vie à des parcelles en friche.Dans les plaines fertiles de Gattières, La Roquette-sur-Var et bientôt Châteauneuf-Grasse, les terres laissées en friche reprennent vie. Courges, patates douces, choux et haricots s’y épanouissent désormais grâce à une initiative portée par le Département des Alpes-Maritimes, décidée à relancer une agriculture locale et biologique sur son territoire. Cette dernière a ainsi a investi 3,4 millions d’euros pour acquérir près de 11 hectares répartis sur trois sites. Ces terrains, réhabilités et raccordés aux réseaux d’eau et d’électricité, sont désormais mis à disposition d’agriculteurs sélectionnés par appel d’offres, pour une durée de cinq ans, via une convention signée avec la Safer. Le dispositif repose sur des loyers très modérés et rend ainsi possible l’installation de professionnels souvent freinés par le coût du foncier.
Cette politique s’inscrit dans une réalité économique préoccupante : l’autonomie alimentaire du département est tombée sous la barre de 1 %, contre 70 % il y a cinquante ans. Dans la plaine du Var, le nombre d’exploitants a même été divisé par deux en trente ans. Pour le Département, il s’agit donc autant d’un enjeu agricole que stratégique, visant à reconstruire une filière de production locale, durable et accessible.
Les bénéficiaires du programme ont été sélectionnés avec l’appui de la Chambre d’Agriculture, dans un objectif clair : promouvoir une agriculture biologique et encourager les circuits courts. Une partie des récoltes alimentera les cantines des collèges du département via la plateforme « 06 à table ! ». Les autres productions seront écoulées auprès de commerces bio et de collectivités locales, participant à la vitalité économique du territoire.
Ce programme s’inscrit dans le Plan agricole et rural 2021-2028 et dans la stratégie environnementale du Green Deal départemental. Il vise à créer une « Ferme départementale » pérenne, un laboratoire de production et de formation au service d’une souveraineté alimentaire retrouvée.