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Energie et IndustriePolitique industrielle

Autobus : Iveco confirme son virage vers l'électrique malgré un marché encore au ralenti

Photo de Anne Taffin

Anne Taffin

Publié le 24 septembre 2025 à 08:45 - Mis à jour le 24 septembre 2025 à 09:03

Le constructeur italien Iveco Bus poursuit son virage vers l'électrique en investissant notamment dans son site ardéchois d'Annonay.

Le constructeur italien Iveco Bus poursuit son virage vers l'électrique en investissant notamment dans son site ardéchois d'Annonay.

Iveco Bus

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Le constructeur italien de bus et d’autocars, Iveco, fête le centenaire de son usine ardéchoise d’Annonay. Dans le même temps, le groupe veut poursuivre sa transition vers l’électrique et l’hydrogène.

Premier employeur du département de l'Ardèche, avec 1.300 salariés sur le site d’Annonay, le constructeur italien d'autobus et d'autocar, Iveco se revendique également leader du marché français du transport de voyageurs (47,7% fin 2024) et numéro 2 européen face à des concurrents (Daimler ou Evobus). 

Côté à la Bourse de Milan, Iveco a « livré 3.000 véhicules à partir de la France sur un périmètre de 6.000 unités environ », précise Solène Grange, DG d'Iveco France. Et cela, avec 68% des immatriculations en énergie dite « alternative ». En France, la marque représente ainsi 56 % des immatriculations de bus électriques

« Face à l’explosion de la demande de véhicules électriques (50% des bus urbains immatriculés en Europe sont électriques), nous avons entamé une transition industrielle. L’année dernière, nous avons ouvert une nouvelle ligne de production à Annonay », développe Solène Grange, ainsi qu'une ligne d'assemblage de batteries. Celle-ci vient compléter la production de véhicules électriques réalisée à Rorthais (Deux-Sèvres) permettant désormais à l'usine ardéchoise de produire tous types d'autobus (thermique, biogaz, électrique). 

Cet investissement traduit une ambition : doubler la capacité industrielle d'ici la fin de l'année avec, en parallèle, l'adaptation à l'arrivée d'un nouveau modèle fonctionnant à hydrogène. 

Infrastructures : un maillage à parfaire

Si la direction se refuse à communiquer sa production exacte d'autobus électriques, soulignant une grande variabilité des demandes d'une année sur l'autre, la marche à franchir est grande. Alors que 90% des immatriculations des autobus urbains devront être électriques sur le continent d'ici à 2030, ce marché ne représente encore que 34% des immatriculations en France, contre 48% d'autobus roulant au biogaz.

Pour développer des alternatives au thermique, un enjeu de taille demeure : « L’électrique nécessite l’installation de stations de recharge, la transformation des dépôts de bus, etc. », reconnaît la DG d'Iveco France. Des infrastructures coûteuses, de même que les véhicules. 

« Les acteurs lèvent la main sur un sujet financier, explique Solène Grange. Des choses ont été faites avec la mise en place des certificats d’économie d’énergie qui sont fixés jusqu’à fin 2026. Mais après ? », interroge-t-elle. 

L'hydrogène, un marché ralenti 

Iveco vient également d'annoncer que son modèle d'autobus, vient d'obtenir la certification origine France garantissant que plus de 50 % du prix de

revient unitaire du produit sont acquis en France. Les villes de Cannes, Lorient ou encore la Roche-sur-Yon ont déjà effectué leurs commandes.


Avec ce nouveau véhicule, idéal pour parcourir de grandes distances sans recharge, l'objectif étant de pouvoir répondre aux besoins des différents territoires. D'où le regard porté sur un modèle d'autocar.

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« C’est un sujet que nous abordons avec la Région car l’autocar permet de parcourir plus de kilomètres ». 

La DG d'Iveco France reconnaît néanmoins « ralentissement dans le développement de l’hydrogène en France. On reste attentif sur l’évolution du marché, nous avons un produit pour répondre aux besoins ». 

Le secteur a rencontré de fortes turbulences depuis deux ans, frappant plusieurs acteurs français.

400 millions d’euros en quatre ans 

Pour mener cette transition, la direction d’Iveco affirme avoir investi 400 millions d’euros en quatre ans sur l'ensemble des activités françaises du groupe (unité d'assemblage électrique et de batteries électriques, centre de tests E-bench, etc). Une centaine de millions d’euros supplémentaires a également été annoncé mi-mai lors du sommet Choose France pour financer sa future gamme d'autobus.

Des investissements qui se traduisent par une montée en puissance des effectifs, avec 200 recrutements effectués depuis 2024 à Annonay, montant à 1300 le nombre actuel de collaborateurs.

Pour Solène Grange, les réglementations de décarbonation à horizon 2030 offrent un cap suffisant pour ce projet malgré l'incertitude politique. Le rachat de Tata Motors, fin juillet, doit lui aussi permettre au groupe d'étendre sa présence dans le monde.

« C’est une opportunité car on est très présent dans certaines régions du monde (Europe, Amérique latine, Asie). Tata motors nous offre une perspective plus mondiale et équilibrée. Il y a une complémentarité des zones géographiques sans chevauchement de gammes de produits », assure-t-elle. 

L'objectif est clair : devenir le numéro un mondial. 

Anne Taffin

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