Wall Street repart à la baisse, plombée par la chute de l'euro

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Les places américaines terminent dans le rouge ce mardi dans le sillage de la nouvelle dégringolade de la monnaie européenne. Le Dow Jones cède 1,08% à 10.511 points, le Nasdaq recule de 1,57% à 2.317 points et le S&P 500 abandonne1,42% à 1.121 points.

Le niveau de l'euro a de nouveau pesé sur Wall Street. Les indices new-yorkais ont clôturé en nette baisse ce mardi, dans le sillage de la dégringolade de la monnaie européenne, tombée sous la barre de 1,22 dollar pour la première fois depuis avril 2006. Le repli de la devise unique s'est accentuée après l'annonce de l'interdiction partielle des ventes à découvert en Allemagne. Les marchés avaient pourtant ouvert en hausse, profitant de la détente des tensions relatives aux dettes européennes après la réunion ce lundi soir des ministres des Finances de la zone euro. Les bons résultats trimestriels de Wal-Mart et de Home Depot, deux des géants américains de la distribution, étaient également de nature à rassurer.

A la clôture, le Dow Jones cède 1,08% à 10.511 points, le Nasdaq recule de 1,57% à 2.317 points et le S&P 500 abandonne1,42% à 1.121 points.

Sur le front des statistiques, les mises en chantier de logements ont augmenté davantage que prévu en avril pour atteindre leur plus haut niveau depuis octobre 2008. Elles ont progressé de 5,8% sur la période, atteignant 672.000 unités en rythme annualisé. Les économistes anticipaient en moyenne un chiffre de 650.000, contre 626.000 annoncées initialement pour mars. Sur un an, les mises en chantier ont bondi de 40,9%, soit leur plus forte hausse depuis mars 1994.

En revanche, les nouveaux permis de construire, censés préfigurer l'évolution de l'activité de la construction, ont reculé de 11,5% le mois dernier pour tomber à leur plus bas niveau depuis octobre 2009. En rythme annuel, seulement 606.000 demandes ont été enregistrées. Les marchés escomptaient une stagnation de cet indicateur, misant sur 680.000 demandes.

Par ailleurs, les prix à la production ont reculé de 0,1% en avril, après une hausse de 0,7% en mars. Les coûts hors énergie et alimentation sont restés contenus, montrant l'absence de pression inflationniste. Ils ont progressé de 0,2% sur le mois. Et la hausse est limitée sur un an à 1%. Le repli des prix à la production s'explique par la baisse des prix de l'énergie (-0,8% en avril), notamment de ceux des carburants qui ont chuté de 2,7% le mois dernier. Les prix alimentaires ont pour leur part reculé (-0,2%) pour la première fois depuis juillet 2009.

Les valeurs financières et technologiques sont les principales moteurs de la baisse du jour. Les grandes banques américaines font les frais de la décision de l'Allemagne. Bank of America recule de 2,51% à 15,94 dollars, JPMorgan cède 2,11% à 39 dollars, Citigroup chute de 3,63% à 3,72 dollars et Goldman Sachs abandonne 3,70% à 137,66 dollars. Les valeurs technologiques sont pour leur part pénalisés par la chute de l'euro: Intel perd 2,68% à 21,43 dollars, AMD plonge de 4,86% à 8,42 dollars et Hewlett-Packard laisse 1,56% à 46,78 dollars.

Wal-Mart progresse de 1,84% à 53,70 dollars. Le premier groupe mondial de distribution a engrangé 3,32 milliards de dollars de profits au titre de son premier trimestre, soit une progression de 10% sur un an. Par action, cela représente 88 cents, là où les analystes avaient anticipé 85 cents. Son chiffre d'affaires est également légèrement supérieur aux estimations: il ressort à 99,1 milliards de dollars contre 98,5 milliards attendus par les marchés. Mais les ventes de ses magasins discount aux Etats-Unis ont reculé de 1,4% sur la période à nombre comparable et hors carburants. Côté perspectives, le distributeur s'est montré assez prudent. Il mise sur un bénéfice par action (BPA) allant de 93 à 98 cents pour le compte de son deuxième trimestre. Le consensus est actuellement fixé à 98 cents.

Home Depot chute de 2,42% à 34,73 dollars. La chaîne américaine de magasins de bricolage a fait état ce mardi d'un bénéfice net de 725 millions de dollars entre février et avril. Il s'élève à 45 cents par titre et hors exceptionnels contre un consensus de 40 cents. Le chiffre d'affaires a augmenté de 4,3% à 16,9 milliards de dollars, alors que les opérateurs attendaient 16,4 milliards. Par ailleurs, le groupe a relevé ses prévisions de résultats annuels. Il table désormais sur un bénéfice par action et hors exceptionnels de 1,88 dollar, contre une estimation initiale de 1,79 dollar. Ses ventes devraient progresser de 3,5% cette année, un point de plus que précédemment escompté.

Abercrombie & Fitch plonge de 5,89% à 38,38 dollars. Le spécialiste de l'habillement pour adolescents a nettement réduit ses pertes lors du premier trimestre de son exercice décalé. Son déficit est passé de 59 millions à 12 millions de dollars. Cela représente 13 cents par action, un chiffre conforme aux attentes des marchés.

Ambac s'enfonce de 23,29% à 1,12 dollar. Après deux trimestres consécutifs de profits, le rehausseur de crédit est nettement repassé dans le rouge pour le compte de son premier trimestre, accusant une perte de 690 millions de dollars. Le groupe a notamment été pénalisé par une charge exceptionnelle de 495 millions de dollars. Les marchés espéraient qu'Ambac fasse beaucoup mieux, l'action bondissant de plus de 11% ce lundi.

Pfizer abandonne 1,80% à 15,82 dollars. Le premier groupe pharmaceutique mondial a annoncé ce mardi qu'il avait l'intention de supprimer 6.000 emplois d'ici à 2015, en raison de la fermeture de huit sites aux Etats-Unis et en Irlande et de la baisse de l'activité de six autres usines. Cela représente pas moins de 18% de ses effectifs actuels.

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