En Bourse, les années Gourgeon se soldent par une avarie pour Air France-KLM
Jacques Nedellec
Jacques Nedellec
Après avoir été à l'honneur la veille, le titre Air France-KLM décrochait ce mardi à la Bourse de Paris, en repli de plus de 3%. A l'origine de cette déconvenue, l'annonce officielle du départ de Pierre-Henri Gourgeon de la direction générale du transporteur aérien franco-néerlandais.
A la tête de la compagnie française depuis tout début 2009, Pierre-Henri Gourgeon a été lâché par Jean-Cyril Spinetta officiellement au motif des mauvais résultats d'Air France-KLM. En Bourse, les "années Gourgeon" se soldent également par de mauvaises performances.
Depuis le 1er janvier 2009, le titre a perdu pas moins de 40 % tandis que, dans le même temps, le SBF 120 se repliait de seulement 1 %. Comparé aux autres compagnies aériennes européennes, le groupe français fait également office de mauvais élève. Sur la même période, Lufthansa a réussi à limiter la casse n'affichant qu'une baisse de 12 %, tandis que Easy Jet progressait de 25 %.
Un différentiel entre le français et ses pairs qui s'est amplifié depuis le début 2011. Et pourtant l'année avait débuté sous les meilleurs auspices. Le 11 janvier, à 15,12 euros, le titre avait touché un niveau inconnu depuis fin octobre 2008. Mais depuis la valeur est en chute libre. Le décrochage atteint actuellement plus de 60 %. Dans le même temps, le recul de l'indice mondial aérien calculé par Bloomberg n'avoisine que 35 %.
Certes, face à la dégradation de la conjoncture économique en zone euro la valeur a souffert de son caractère hautement cyclique. Certes le printemps arabe a pénalisé l'activité de la compagnie aérienne. Mais la défiance accrue des investisseurs est à chercher ailleurs, et principalement dans la mauvaise santé financière du transporteur français. " L'endettement est trop élevé " indiquait, fin mai, Yan Derocles analyste chez Oddo. Et de souligner qu'en 2012, le gearing d'Air France devrait être de 122 %, à comparer avec les 35 % de l'Allemand.
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Jacques Nedellec