Euro Disney souffle ses 20 bougies avec une perte nette creusée

Triste 20e anniversaire pour Euro Disney : l'année 2012 s'est soldée par une perte nette creusée, supérieur à 100 millions d'euros. Et pourtant, les visiteurs ont été au rendez--vous. Disneyland Paris a en effet attiré 16 millions de visiteurs, entre mi-2011 et mi-2012, du jamais vu dans l'histoire du parc d'attractions de Marne la Vallée !

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(Crédits : Photo Reuters)

Le chiffre d'affaires annuel d'Euro Disney s'est inscrit en hausse de 2% à 1,324 milliard d'euros, dont 1,315 milliard d'euros pour les activités touristiques, soit une hausse de 5% sur un an. « Les festivités de notre 20e anniversaire nous ont donné une visibilité sans précédent dans toute l'Europe, ce qui a contribué à notre bonne performance au second semestre » se félicite Philippe Gas, Président d'Euro Disney. L'augmentation de la dépense par visiteur et une hausse de la fréquentation des parcs à thèmes, ont aussi partiellement compensé la baisse du taux d'occupation des hôtels.

Dans le détail, le spécialiste du divertissement a bénéficié d'une hausse de 4% du chiffre d'affaires des parcs à thème, pour s'établir à 750,5 millions d'euros, contre 723,2 millions d'euros au titre de l'exercice précédent. Une progression de l'activité qui s'est basée sur « une hausse de 1 % de la dépense moyenne par visiteur à 46,44 euros et une augmentation de 3 % de la fréquentation des parcs. » à 16 millions de personnes, un record de fréquentation pour Mickey. Les visiteurs français et belges, ont été au rendez-vous, compensant la désaffection des visiteurs espagnols, italiens mais aussi hollandais.

Diminution du taux d'occupation des hôtels

Le chiffre d'affaires généré par les activités touristiques augmente de 2 % pour s'établir à 518,6 millions d'euros, contre 10,8 millions d'euros au titre de l'exercice précédent, reflétant une hausse de 6 % de la dépense moyenne par chambre à 231,30 euros. Un chiffre record là aussi. Seule ombre au tableau, le taux d'occupation des hôtels s'est contracté de 3,1 points et n'atteint plus que 84 %. « La diminution du taux d'occupation des hôtels s'est traduite par 60 000 nuitées de moins qu'au ours de l'exercice précédent, correspondant essentiellement à une baisse du nombre de visiteurs en provenance des marchés étrangers, ainsi qu'à une baisse de l'activité de tourisme d'affaires, partiellement compensées par une hausse du nombre de visiteurs français passant la nuit sur le site », reconnaît Philippe Gas.

La part du développement immobilier reste encore peu significative et n'a représenté que 9,3 millions d'euros, contre 22,5 millions d'euros au titre de l'exercice précédent. Cette baisse s'explique « par un nombre inférieur de transactions conclues au cours de l'exercice par rapport à l'exercice précédent. »

Succès des festivités du 20e anniversaire

Le groupe a lancé en avril dernier les festivités du 20ème anniversaire de Disneyland® Paris avec la nouveauté « Disney Dreams », qui a « généré un excellent niveau de satisfaction des visiteurs » selon Euro Disney. Une nouvelle boutique « World of Disney» a ouvert le 12 juillet sur 1.400 mètres carrés, dont son emplacement qualifié de « stratégique » par le groupe « est susceptible de recevoir la visite de la plupart des visiteurs qui entrent ou sortent des parcs à thèmes », tient a indiqué la société. Rien que sur la seconde partie de l'année, 400 000 visiteurs de plus qu'il y a un an, ont foulé les allées du parc d'attraction, attitrés par les festivités liées au vingtième anniversaire du parc. Mais ces dernières ont un coût, les dépenses de marketing et de promotion ont progressé de 5,8%, à 136 millions d'euros. Le groupe espère toujours que « les améliorations apportées à Disneyland Paris devraient permettre de poursuivre [la] croissance et, sur le long terme, d'atteindre la rentabilité. » comme indiqué lors des résultats du troisième trimestre publiés en août dernier.

La rentabilité en question

La rentabilité est un des gros points noirs du groupe. La société d'exploitation de Disneyland Paris a fait état d'un résultat d'exploitation de 3,4 millions d'euros pour son exercice, les charges d'exploitation ayant englouti la quasi intégralité du chiffre d'affaires du groupe. Le résultat brut d'exploitation (Ebitda) s'élève à 177,2 millions d'euros, contre 184,5 millions un an plus tôt, grevé par la baisse de l'activité de développement immobilier (-58,7%). La perte nette s'est quant à elle creusée à 100,2 millions d'euros fin septembre 2012 contre un déficit de 63,9 millions d'euros. Pas de quoi s'inquiéter, tente de rassurer Philippe Gas « Ces pertes sont liées au refinancement de notre dette et à des dépenses d'investissement en hausse, en aucune façon à un désamour du parc, assure-t-il. Pour preuve, nous n'avons jamais accueilli autant de visiteurs. » Par ailleurs, le bilan de l'exploitant du parc de loisirs reste fragile avec une dette qui s'élève à 1,71 milliard d'euros pour seulement 114,3 millions d'euros de trésorerie...

En septembre dernier pourtant, le parc d'attractions a annoncé avoir obtenu un prêt de 1,33 milliard d'euros de The Walt Disney Company, mais sans contrepartie au capital. Alors qu'au départ, les opérateurs croyaient dur comme fer à un rachat d'Euro Disney par sa maison mère américaine... L'assainissement du bilan de la société est donc le chantier auquel elle est confronté alors que les comptes sont dans le rouge. A 11 euros avant la crise de 2008, le parcours boursier de l'action Euro Disney a été émaillé par nombre de baisses liées aux déceptions sur les résultats du groupe. Toutefois, depuis le début de l'année, Euro Disney a repris des couleurs et s'adjuge plus de 45%, les supputations sur un rachat par Walt Disney en septembre dernier avaient propulsé le dossier aux encablures des 7 euros et ce, après avoir touché un plus bas historique sous les 3,50 euros l'an dernier.

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Commentaire 1
à écrit le 08/11/2012 à 23:52
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Certains ont sans doute oublié que Mickey, cela s'est traduit par l'acquisition gratuite du terrain, des subventions pour construire et des exonérations d'impôts. Mais, c'est pas grave, c'est encore le contribuable qui s'est appuyé la note :-) C'est ...

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