Emploi : la Fed désigne le coupable inattendu du chômage des jeunes diplômés américains

Le taux de chômage a même augmenté de 20 % chez les moins de 29 ans, par rapport à la période pré-Covid.
AK - REUTERS - REUTERS - ANDREW KELLY

Le taux de chômage a même augmenté de 20 % chez les moins de 29 ans, par rapport à la période pré-Covid.
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Alors que tout le monde s’inquiète de l’intelligence artificielle et des possibles pertes d’emplois à venir, aux États-Unis, elle ne serait pas la première responsable concernant le chômage des jeunes. C’est ce que relève une étude de la Réserve fédérale de New York parue lundi. Le principal fautif : le télétravail. Selon ses auteurs, il expliquerait même 64 % de la hausse du chômage chez les jeunes diplômés.
Avec une flambée à 5,8 % en 2025 pour les moins de 27 ans, soit le niveau le plus haut depuis 2012 (hors pandémie), les Américains fraîchement arrivés sur le marché du travail ont de plus en plus de difficultés à être recrutés. Le taux de chômage a même augmenté de 20 % chez les moins de 29 ans, par rapport à la période pré-Covid. Pourtant, celui des diplômés expérimentés a, lui, baissé.
Selon l’étude, la hausse du chômage des jeunes « coïncide » avec la pandémie et le recours au télétravail qui a été multiplié par quatre. Une période antérieure à la diffusion de l’IA générative dans les entreprises. Le chômage touche également plus les emplois qui peuvent être exercés en télétravail. « Les employeurs pourraient hésiter à intégrer de jeunes diplômés à des équipes dispersées, car il est plus difficile de leur transmettre les compétences requises à distance », écrivent Natalia Emanuel, Emma Harrington et Amanda Pallais.
Les trois auteures ont ainsi épluché les données d’une entreprise appartenant au classement Fortune 500. Au travers de leur analyse, elles mettent en évidence que les jeunes employés ont davantage de « retours » et « bénéficient d’un meilleur accompagnement », lorsqu’ils travaillent à côté de leurs collègues. Par ailleurs, les employés qui ont pu être mieux encadrés sont plus efficients et travaillent mieux en télétravail que ceux qui ont eu peu de contacts avec leurs collègues.
L’entreprise en question avait connaissance de ces difficultés pour mener ses recrutements. Résultat, « pendant la fermeture de ses bureaux en raison de la pandémie, elle a embauché moins de jeunes diplômés et davantage de profils expérimentés, susceptibles d'avoir moins besoin d'encadrement pour bien faire leur travail », indiquent les auteures. Après la réouverture des bureaux, elle a de nouveau recruté des jeunes. Néanmoins, elle privilégie désormais les profils plus expérimentés lorsque les emplois sont davantage à distance. Le télétravail a donc « réduit les incitations à embaucher des jeunes en limitant la formation en milieu professionnel », concluent-elles.
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De nombreuses études ne montrent pas de relation claire entre l’intelligence artificielle et le chômage. Selon le Budget Lab, un centre de recherche politique indépendant de l’université de Yale, l’IA ne semble pas, pour le moment, perturber le marché du travail. « Il est encore trop tôt pour évaluer son impact sur l’emploi », indique le laboratoire budgétaire.
De son côté, Anthropic, la maison mère de l’IA générative Claude, explique dans un article de recherche ne pas constater d’augmentation du chômage chez les employés les plus exposés depuis fin 2022. Mais l’entreprise a tout de même trouvé « des indices suggérant un ralentissement de l'embauche des jeunes travailleurs dans les professions exposées ».
Les auteures de l’étude de la Réserve fédérale de New York ne ferment pas non plus la porte à une montée du chômage causée par l’IA : « Bien entendu, l'intelligence artificielle générative et d'autres facteurs pourraient jouer un rôle plus déterminant dans l'évolution du marché du travail des jeunes actifs ».