La sismique, une activité fantastique ?

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(Crédits : via Bloomberg News)
Le séisme de la crise économique n'a pas l'air d'ébranler l'industrie sismique si l'on se base sur les dernières publications des sociétés du secteur. Leur spécialité : deviner ce qu'il y a dans notre sous-sol, en mobilisant des moyens techniques toujours plus sophistiqués. Notamment pour découvrir de nouveaux gisements de pétrole ou de gaz dans des endroits de plus en plus difficiles d'accès.

Le numéro un mondial des services pétroliers, Schlumberger, est bien placé dans la course à la découverte de l'or noir. Le groupe n'a pas faibli sur le trimestre écoulé en enregistrant une hausse de ses facturations de 11% à 10,61 milliards de dollars. Les profits du groupe sont également bien orientés avec un bénéfice net en hausse de 9% à 1,42 milliard de dollars, soit 1,07 dollar par action. Le groupe s'est payé le luxe de dépasser les attentes des analystes, ces derniers tablaient sur un bénéfice net par hors éléments exceptionnels, à 1,06 dollar en moyenne. La performance du troisième trimestre a été principalement tirée par la branche sismique, les activités nord-américaines de Schlumberger ont été mises en difficulté par un phénomène de surcapacités sur le marché de la fracturation hydraulique. Aussi, comme pour la plupart des sociétés, les pays émergents sont venus soutenir les activités de l'américain. Alors, le groupe reste confiant pour la suite de l'exercice en continuant d'anticiper une croissance de ses activités supérieure à 10% en 2012. Aux cours actuels, le dossier est valorisé 14,6 fois le bénéfice net attendu pour 2013. Mais cette valorisation est justifiée par la capacité de résilience du groupe à un environnement économique adverse.

CGG Veritas gagne près de 49% sur un an

 CGG Veritas, notre représentant national, n'a pas à rougir devant Schlumberger. Le groupe né de la fusion absorption de CGG avec l'américain Veritas, en 2005, réalise 4 milliards de dollars de chiffre d'affaires et un milliard de profits. Mais petite parenthèse historique, CGG et Schlumberger sont intimement liés puisque c'est Conrad Schlumberger, l'un des frères des fondateurs de l'empire américain éponyme, qui a donné naissance à la Compagnie Générale de Géophysique en 1931. Depuis, beaucoup de chemin a été parcouru...

Concrètement que fait CGG ? Pour faire simple, le groupe recueille des données de plus en plus précises, à des couches de plus en plus profondes, sur la terre comme au fond des océans en mobilisant des outils informatiques de plus en plus pointus. Pour prendre de l'embonpoint dans cette spécialité, le groupe a racheté les activités sismiques de son concurrent sismique Fugro pour la bagatelle de 1,2 milliard d'euros. Cette acquisition est en ligne avec la stratégie de CGGVeritas à savoir devenir leader du segment haut de gamme des marchés de la géologie en développement. D'autant plus le groupe a indiqué en début d'année s'attendre à une forte demande pour les équipements sismiques de haute technologie en 2012. Alors quand une occasion se présente devant soi autant ne pas la rater. Le groupe avait réalisé une bonne première partie d'année, à mettre une fois de plus au crédit de la filiale Sercel, leader mondial des capteurs. Si Sercel ne compte pour un tiers environ dans les ventes du groupe, mais, avec sa marge opérationnelle de 33%, elle représente les deux-tiers du groupe. Depuis le premier janvier, CGG Veritas gagne plus de 35% et près de 49% sur un an. Actuellement aux portes des 25 euros, le titre est peu cher payé avec un PER sous les 12...

Technip ajuste ses prévisions à la hausse

Et comment ne pas parler de Technip, l'autre acteur français des services pétroliers ! Le groupe a publié en fin de semaine dernière, des résultats du troisième trimestre en nette hausse, en ligne avec les attentes, et a globalement ajusté à la hausse ses prévisions pour 2012. Le dynamisme de la division Subsea doit y être pour grand-chose. Les ventes annuelles de la division devraient atteindre "au moins" 3,50 milliards d'euros (contre une fourchette de 3,35 à 3,50 milliards auparavant), avec un taux de marge opérationnelle courante autour de 15%. Une activité rentable et dynamique quoi demander de plus ? L'excellente visibilité du groupe lui confère une bonne résistance sur le terrain boursier. L'action Technip s'adjuge plus de 20% depuis le début de l'année. La valorisation commence d'ailleurs à devenir un peu tendue avec un PER de 18,85 estimé pour 2012 contre 17,11x pour Vallourec et 11,6x pour le géant américain Halliburton. De plus, la valeur entreprise de Technip se paye 8,88 fois l'Ebitda, contre un ratio de 5,33 fois pour Halliburton et un multiple de 7,25x pour Vallourec. La valeur devient ainsi l'une des plus chères de son secteur mais pour les analystes, la valorisation de la parapétrolière est amplement justifiée eu égard à la résistance du groupe dans une conjoncture économique très incertaine.

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