La force de l'emploi américain fait chuter l'euro face au dollar

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Selon un rapport mensuel publié vendredi par le département du Travail, l'emploi américain a retrouvé des couleurs éclatantes en octobre avec un bond des créations de postes et un recul du taux de chômage.
Selon un rapport mensuel publié vendredi par le département du Travail, l'emploi américain a retrouvé des couleurs éclatantes en octobre avec un bond des créations de postes et un recul du taux de chômage. (Crédits : © Lucy Nicholson / Reuters)
La devise européenne chutait vendredi à ses plus bas niveaux depuis plus de six mois face au billet vert, après que d'excellents chiffres sur l'emploi américain ont rassuré sur l'économie des Etats-Unis et encore accru la possibilité d'une normalisation monétaire dès décembre.

Vendredi soir, vers 23h, heure de Paris, l'euro valait 1,0742 dollar contre 1,0881 dollar jeudi vers la même heure. La monnaie unique est auparavant tombée en séance à 1,0707 dollar, son plus bas niveau depuis fin avril.

L'euro reculait légèrement face à la monnaie japonaise, à 132,30 yens contre 132,46 yens la veille. Là aussi, l'euro a chuté vendredi à son plus bas niveau depuis plus de six mois, à 131,51 yens.

Le dollar montait nettement face au yen, à 123,16 yens contre 121,74 yens jeudi.

De très bons chiffres pour l'emploi américain

"Tout vient de chiffres bien meilleurs que prévu sur l'emploi" aux Etats-Unis, a résumé Boris Schlossberg, de BK Asset Management.

En effet, selon un rapport mensuel publié vendredi par le département du Travail, l'emploi américain a retrouvé des couleurs éclatantes en octobre avec un bond des créations de postes et un recul du taux de chômage.

Non seulement ces chiffres sont en eux-mêmes rassurants pour l'économie américaine, après une période d'indicateurs mitigés, mais ils donnent un argument massif à la banque centrale du pays, la Fed, pour relever avant la fin de l'année ses taux, presque nuls depuis 2008, ce qui renforcerait l'attrait du dollar.

"En plus des bons chiffres sur les embauches - et ce qui est peut-être la cerise sur le gâteau pour la Fed - la hausse des salaires a atteint son rythme le plus élevé depuis la crise financière de 2008/2009", a souligné Christopher Vecchio, de DailyFx.

Désormais, "le marché est vraiment sûr qu'il faut attendre une hausse des taux en décembre", date de la prochaine réunion de politique monétaire de la Fed, "et cela met l'euro sous pression face au dollar", a jugé M. Schlossberg. Avant d'ajouter:


"On verra jusqu'où (le dollar) va aller lors des prochaines semaines, mais il y a maintenant une divergence manifeste entre les politiques monétaires américaines et européennes, et le marché le prend en compte"

De multiples interventions

En effet, la Banque centrale européenne multiplie depuis plusieurs semaines des interventions qui laissent croire à une accélération de ses rachats d'actifs en décembre, alors que ce programme de soutien à l'économie, entamé en mars à hauteur de 60 milliards d'euros par mois, pèse déjà sur la monnaie unique en diluant sa valeur.

Toujours vers 23h, la livre montait un petit peu face à la monnaie européenne, à 71,38 pence pour un euro, mais baissait franchement face au dollar, à 1,5051 dollar pour une livre.

La devise suisse avançait légèrement face à l'euro, à 1,0807 franc pour un euro, mais reculait nettement face au dollar, passant sous la parité à 1,0061 franc pour un dollar.

La monnaie chinoise a terminé à 6,3535 yuans pour un dollar, contre 6,3461 yuans la veille.

L'once d'or a quant à elle fini à 1.088,90 dollars au fixing du soir - après être tombée vers 14H20 GMT à 1.085,52 dollars, son niveau le plus faible en trois mois - contre 1.106,30 dollars jeudi.

        Cours de vendredi   Cours de jeudi

        ----------------------------------

        22H00 GMT            22H00 GMT

EUR/USD 1,0742               1,0881

EUR/JPY 132,30               132,46

EUR/CHF 1,0807               1,0830

EUR/GBP 0,7138               0,7155

USD/JPY 123,16               121,74

USD/CHF 1,0061               0,9952

GBP/USD 1,5051               1,5208

(Avec AFP)



© 1994-2015 Agence France-Presse

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Commentaires
a écrit le 09/11/2015 à 9:22 :
85 millions d' américains us subsistant de bon alimentaire, 1/3 de la population en âge de travailler ne travaillant pas, disparu qui plus est corps et biens des statistiques... sur que ce sont de bons chiffres appelant à l' euphorie générale...
Réponse de le 09/11/2015 à 15:20 :
J'adore votre pseudo ! bien à propos !! et tout ce qui fait baisser l'Euro est bienvenu !!
a écrit le 09/11/2015 à 8:54 :
@ Yesman
Dans notre cas précis , le destruction du Shale Oil par l'Arabie Saoudite et le décrôchage Structurel d'Adaptation au Cycle de la Chine , ajoutées aux changements de paradigmes dans la consommation américaine et mondiale nous donnent un effet depressif que la FED ne pourra plus contrer , effet du au taux de dispersion trop important dans les marchés de Dérivés. 10/2 devient inefficient.
Dans ce cas , on adopte généralement les unités de Temps inférieures pour les Deltas. Et de plus en plus inférieures. ;-)
Mais , déjà , nous sommes en fin de cycle : 2008/2015.
Début de nouveau cycle , donc , volatilité très importante.
Have a nice day.
a écrit le 09/11/2015 à 8:24 :
@ Yesman.
La déflation n'est pas une solution socialement envisageable. Economiquement non plus. Ceci étant , veuillez noter aussi le concept connu de vous : Deleveraging.
Ces 2 notions se déploient actuellement en simultané , déflation en moyen terme , Deleveraging en long terme.
J'ai répondu à votre question.
Kondratieff est trop long pour rendre compte des ruptures de plus en plus fréquentes , et autres black-swans. Un cycle de 7 est assez approprié en MT-LT. Au-delà , tout n'est pas gérable.
Mais , si vous raisonnez en termes d'échanges Macro-Economiques , on peut modéliser ...à peu près !
a écrit le 08/11/2015 à 13:42 :
Je vais résumer ...
Les quantitatives permettent une extension indéfinie des budgets.
Pour relancer l'économie.
Leur financement est un autre problème.

On se trouve alors très vite dans une situation où il faut 10 dollars de quantitative easings pour créer 2 dollars de croissance.
Vers ces niveaux , le système ne fonctionne plus , définitivement , même si son effet ne pouvait être que Temporaire , c'est ainsi que l'on comprend le mot Stimulus.

Imaginez-vous dans un avion qui grimpe à la verticale. Lorsque vous atteignez la perte de vitesse , pendant un moment critique , plus aucune commande ne répond.
Réponse de le 09/11/2015 à 3:32 :
Exact mais certains expliquent que la Fed a tort d'empêcher la dépression du cycle de Kondratiev ce qui repousserait la reprise et créerait des bulles spéculatives...Mais les longs cycles ne sont pas prouvés par la théorie mathématique ni acceptés par beaucoup de gens...Alors quelles sont les solutions à part la déflation ?
a écrit le 08/11/2015 à 13:24 :

De l'or en épargne, du fondamental, en petites pièces et petits lingots. Pour le long terme et pour sa retraite , sinon pour les enfants...
En attendant le prochain "2008" à Wall Street. Goldman Sachs et Morgan Stanley nous prépare un petit coup , pas de doute là dessus.
a écrit le 08/11/2015 à 8:47 :
ça va rien changer au quantitative et aux budgets ?
a écrit le 08/11/2015 à 8:26 :
Seriously , il est urgent d'être prudent. Très prudent.
Si l'économie ne doit pas se faire à la corbeille , elle ne doit pas davantage se baser uniquement sur un conclave d'économistes cooptés et fédéraux. Ou autres...
La croissance des emplois aux USA year over year est égale à 0.
Sans même avoir à recourir aux normes du bureau international du travail.
Toutes les velléités enthousiastiques ont été douchées par le recul de la croissance en Chine , et l'important décrôchage par rapport aux optimistes projections du pays.
Et ce décrochage sera très long. La Chine absorbait quand même 30 % du pétole produit. Cela donne une idée du reste.
Et toutes les faillites de l'offre ont capoté. On va m'opposer les ventes de voitures aux USA ? Auto-subprimes...
En Chine , Il est difficile de gérer une situation où prolifèrent des catégories très diverses d'entreprises , correspondant à autant de types de gestion et ...d'injections quantitatives.
Or , les quantitatives , non seulement ne marchent pas mais provoquent des déséquilibres dangereux , bulle des dérivés , shadow banking...captations des flux.

Parler des variations de devises est une chose. Les stabiliser ou les dynamiser dans le sens de l'enrichissement général en est une autre.
Les flash-flows de flux à travers la planète entière et en quelques secondes ne peuvent être propices à la croissance d'une majorité d'entreprises qui ont besoin de capitaux , de temps et de stabilité.

On ne peut pas retourner en arrière , mais il est sans doute bon de garder en mémoire la Théorie de la Monnaie , von Mises.
Juste pour savoir où nous en sommes.
a écrit le 08/11/2015 à 7:05 :
Ô Brave New World...
Ainsi donc , les créations d'emploi auraient bondi !
Propulsant le USD vers de nouveaux horizons Mont-Blancnesques...
Que dis-je , Everest-iquesquiens !!!
Las , doute , déception méthodiste :
Toutes les sociétés du S&P souffrent déjà d'un USD trop fort
Et , à y regarder de plus près , le bond des créations d'emplois s'est fait sur une hausse très inhabituelle des catégories 55 ans et Plus et non 25 ans à 45 ans...
Engineered Numbers ?
Follow the White Rabbit... and you'll finally find the way ...
a écrit le 07/11/2015 à 22:10 :
Je lis dans les commentaires " 300 millions d américains montrant la voie aux 7 milliards d hommes de la planète." Quand la servilité prend de telles proportions c est inquiétant pour la paix dans le monde.
Réponse de le 07/11/2015 à 23:53 :
Crois le ou pas, les usa sont le modèle du monde entier. En Russie, les jeunes russes rêvent de vivre comme les américains, et chantent des chansons américaines, et s'habillent de jeans basket et veulent etre capitalistes avec démocratie, liberté, etc...
Réponse de le 08/11/2015 à 11:10 :
Vous comprenez mieux pourquoi il n'y a justement pas de paix dans le monde !
a écrit le 07/11/2015 à 18:00 :
Et comme d'habitude, on doit croire des chiffres bidon ou des millions d’américain en âge de travailler ne sont pas compter dans les statistiques officielles.

http://www.agefi.fr/articles/la-fed-est-encore-loin-de-son-objectif-de-plein-emploi-1374435.html

la dernière ligne du tableau parle d'elle même.
http://www.bls.gov/news.release/empsit.a.htm

A prendre avec des pincettes

http://www.dailyfx.com/actualite_forex_trading/fondamentaux/strategie_forex/2015/10/05/les-nfps-de-septembre-font-reapparaitre-la-faiblesse-sous-jacente-du-marche-du-travail-americain-1109.html
Réponse de le 07/11/2015 à 20:57 :
Mais oui on connait le refrain: l'Amérique décline. On entend ça depuis 40 ans. Sa force est sa capacité de rebond, sa créativité, son capitalisme constructif. Elle a la technologie. Le socialisme y est proscrit. C'est pour ça que le USD est bienvenu partout même chez ses concurrents. 300 millions d'hommes montrent le chemin aux 7 milliards qui suivent. La France socialiste s'efface pendant ce temps mais rien n'y fait. Elle continuera jusqu'à sa complète soumission à faire de la morale tout en grugeant son peuple qui sombre dans la pauvreté et le désarroi.... Oui, rien n'y fait, elle continuera...
Réponse de le 08/11/2015 à 0:48 :
@Markus. "On entend ça depuis 40 ans" ? Un peu comme vos éternels propos déclinistes sur la France et votre germanophobie permanente.
a écrit le 07/11/2015 à 15:05 :
La force du USD, c'est la force politique et économique des USA. Ils dominent le monde. Ils sont LE refuge mondial. L'euro est une monnaie politiquement incertaine malgré l'Allemagne car la France socialiste pourrait basculer dans le gouffre qu'elle creuse avec délice.
a écrit le 07/11/2015 à 14:25 :
Le cours euro/dollar n'a rien à voir avec la situation économique américaine, il ne s'agit ici que d'une opportunité à lisser la tenue de la moyenne annuelle. En réalité il a commencé depuis des années à emprunter un "serpent" monétaire négocié et secret identique avec celui ayant servi à la convergence des devises européennes pour la création de l'euro. A terme va apparaître une nouvelle devise générale, pourquoi pas "l'Unité" qui couvrira toutes ces déjà anciennes devises. Le dollar lui remontera bientôt comme lui dicte la nécessité de son rythme de convergence. Pour l'emploi américain il s'agit d'un mensonge que l'on s'ingénie à répéter. Espérances de départ basses, taux de "dégoutés" important, natalité et immigration supérieures à tout ce qui est créé, etc. Les entreprises voient leurs profits et chiffres d'affaire -même hors pétrole- baisser et les relais manquer tandis que les survalorisations forment un danger qu'il convient de ne pas ignorer et que la dette générale du pays dépasse les 340%. Il serait étonnant que les taux remontent en décembre, ni dans les prochains mois, dans ce contexte de crise.
a écrit le 07/11/2015 à 13:08 :
Enfin une bonne chose pour l'économie européenne cette quasi parité entres les deux monnaies, mais ça va pas durer; les américains ne sont pas dupes !
a écrit le 07/11/2015 à 12:07 :
Avec le futur grand marché transatlantique, la prochaine étape disparition de l'Euro et tous au dollar.....

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