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Le M&A va reprendre un cycle de trois ans...en douceur

reuters.com

Publié le 20 septembre 2013 à 12:56 - Mis à jour le 20 septembre 2013 à 15:54

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par Alexandre Boksenbaum-Granier

PARIS (Reuters) - La reprise tant attendue des opérations de fusions-acquisitions (M&A) est bel et bien lancée, mais ce redémarrage ne devrait pas donner lieu à une explosion du nombre des transactions et se faire plus en douceur que les précédents cycles au cours des trois prochaines années, estiment analystes et gérants.

La prise de contrôle de Verizon Wireless par l'opérateur télécoms américain Verizon Communications pour 130 milliards de dollars (98 milliards d'euros), l'acquisition de l'activité mobile de Nokia par Microsoft pour 5,44 milliards d'euros ou encore la fusion entre Publicis et Omnicom semblent avoir définitivement lancé la sixième vague de M&A depuis la fin du XXème siècle.

Selon les données Dealogic utilisées par Société générale, l'activité M&A atteint 1.971 milliards de dollars depuis le début de l'année, contre une moyenne annuelle de 2.621 milliards de dollars sur la période 2009-2012 et 4.618 milliards en 2007.

"On a un cycle qui a mis beaucoup de temps à démarrer mais il devrait se lancer pour une durée de deux-trois ans, comme les précédentes périodes, avec une accélération dans le temps des tailles d'opérations", estime Olivier Huet gérant actions européennes chez Edmond de Rothschild AM.

Ce dernier, comme d'autres investisseurs, souligne la bienveillance du marché à l'égard des opérations dès lors qu'elles ont du sens sur un plan stratégique et qu'elles se réalisent à des niveaux de valorisation intéressants tout en créant de la valeur à un horizon suffisamment proche.

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"BESOIN DE REMETTRE DE LA DETTE"

"On est au début de la reprise du M&A car pas mal d'entreprises ont moins investi et beaucoup ont besoin de remettre de la dette dans leur bilan et d'investir leur liquidité pour redresser la rentabilité de leur capitaux propres", indique Patrick Legland, responsable mondial de la recherche chez SGCIB.

Depuis fin 2009, l'environnement d'investissement est favorable aux transactions avec des niveaux de valorisations inférieurs à leur moyenne historique, des montants de trésorerie élevés dans les bilans d'entreprises, un endettement réduit et des taux d'intérêt très bas.

"Mais jusqu'ici les opérations étaient bloquées par un seul facteur : le manque de confiance dans les perspectives économiques", observe Estelle Ménard, gérante action européennes chez Amundi. "Les incertitudes économiques ont pesé comme une chape de plomb, qui a été partiellement levée par le regain de confiance des marchés."

L'amélioration de l'activité économique aux Etats-Unis, les signes économiques encourageants observés en Europe où les entreprises ont également publié des résultats semestriels jugés solides, suggèrent la fin de cinq années de crise.

"Le plus probable, c'est que l'on assiste pendant quelque temps à des opérations de tailles raisonnables ne posant pas de problème de financement et ne passant pas par des appels au marché", relève Olivier Huet jugeant que les investisseurs ne sont pas encore prêts pour des 'deals' hostiles.

"LES IPO SONT BEAUCOUP MOINS D'ACTUALITÉ"

Ce dernier note que les dirigeants d'entreprises recherchent plutôt des compléments d'activité, des ajouts géographiques ou des rachats d'équipes, mais pas des grosses opérations structurantes dans l'immédiat.

Les opérations lancées par les acteurs d'un secteur peuvent également inciter les autres à réfléchir ou à accélérer leur décision alors que beaucoup de projets sont en attente depuis que la deuxième phase de la crise a éclaté à l'été 2011 mettant fin à une première tentative de reprise de M&A débutée en 2010.

De son côté, Patrick Legland définit plusieurs types de M&A: celui de crise, qui concerne des secteurs dans lesquels une restructuration s'impose, le M&A de reprise, comme dans les biens d'équipement, et enfin les opérations concernant des secteurs très atomisés où la seule façon de progresser consiste à racheter de marques, comme dans le luxe.

Si de nombreux secteurs peuvent participer à la reprise actuelle du M&A (biens d'équipements, aérospatial et défense, métaux et mines, éditeurs de logiciels, ou le luxe), l'industrie des télécommunications semble la plus concernée.

Depuis le début de l'année, l'indice Stoxx du secteur européen des télécoms gagne 19% en Bourse, contre +12% pour l'indice Stoxx 600, une surperformance davantage liée à l'activité M&A qu'aux fondamentaux.

"Mais ce n'est pas terminé, le contexte reste favorable à la consolidation du secteur", assure Estelle Ménard.

Et de citer, la convergence des offres entre téléphonie fixe et mobile incitant les acteurs absents de l'un des deux segments à racheter celui qui leur manque, la nécessité de rendre les business model plus rentables pour pouvoir investir ou encore une réglementation européenne plus favorable.

S'agissant des introductions en Bourse (IPO), autre catégorie d'opérations financières dont la reprise est attendue, les analystes se montrent plus prudents estimant qu'il y a encore du temps avant que la dynamique ne s'enclenche vraiment même si les annonces se multiplient ces derniers temps.

"Les IPO sont beaucoup moins d'actualité. On a l'impression que les introductions en Bourse correspondent davantage aujourd'hui à des solutions défensives", explique Estelle Ménard citant l'exemple de l'échec de la vente d'une activité.

Faute de repreneur, Kering avait dû opter pour une scission de la Fnac en juin, et les actionnaires de Numericable ont dû se résoudre à introduire en Bourse le câblo-opérateur après l'échec de discussions avec Vivendi en vue d'un rapprochement avec SFR.

"On a encore le temps (...) Dans le marché il y a pratiquement trois années de gros dossiers à traiter devant nous alors que beaucoup de choses ont été arrêtées avec le début de la crise", souligne David Thebault, responsable du trading quantitatif chez Global Equities.

A plus long terme, les investisseurs se montrent d'ailleurs optimistes pour les IPO que devraient favoriser la hausse des marchés d'actions et la perspective d'une augmentation des liquidités en Europe alimentée par les flux en provenance des marchés émergents et des Etats-Unis.

Edité par Jean-Michel Bélot

reuters.com

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