Israël libère des Palestiniens et annonce de nouvelles colonies
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par Mohammed Abu Ganeyeh
BETHLEEM, Cisjordanie (Reuters) - Le gouvernement israélien a libéré mercredi 26 prisonniers palestiniens dans le cadre des négociations de paix soutenues par les Etats-Unis, tout en cherchant à apaiser son aile dure en annonçant la construction de 1.500 logements dans une colonie de peuplement à Jérusalem-est.
Les détenus, condamnés pour le meurtre d'Israéliens avant ou juste après les accords de paix intérimaires de 1993, ont été accueillis en héros à leur arrivée en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, où ils ont été transférés dans la nuit.
"Nos héros sont de retour chez eux, longue vie aux prisonniers", ont chanté des centaines de personnes rassemblées devant les bureaux du président palestinien, Mahmoud Abbas, à Ramallah.
A Bethléem, Issa Abed Rabbo, condamné pour le meurtre de deux étudiants israéliens en 1984, a été porté en triomphe dans les ruelles de la ville.
"Je me sens comme un commandant rentrant de la bataille, porteur de la bannière de la victoire et de la liberté", a-t-il déclaré en faisant le V de la victoire.
La libération des 26 détenus est la deuxième étape d'une amnistie partielle destinée à relancer des négociations de paix, sous l'égide des Etats-Unis.
Ces libérations ont provoqué des tensions au sein de la coalition gouvernementale conduite par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
Le Foyer juif, formation ultranationaliste qui prône les activités de peuplement en Cisjordanie, a ouvertement soutenu les demandes de la part de victimes et de proches de victimes d'attentats palestiniens d'annuler l'amnistie. La Cour suprême israélienne a rejeté mardi un recours présenté en ce sens.
"POLITIQUE DESTRUCTRICE"
Cherchant visiblement à apaiser les partisans de la colonisation et les tenants de la ligne dure au sein du Likoud, le ministère de l'Intérieur a annoncé la construction de 1.500 logements à Ramat Shlomo, une colonie peuplée de juifs ultra-orthodoxes, sur un territoire considéré par les Palestiniens comme faisant partie de leur futur Etat.
Le projet de construction avait été initialement dévoilé en 2010, juste avant une visite en Israël du vice-président américain, Joe Biden. Les vives critiques de ce dernier avaient convaincu le gouvernement Netanyahu d'en retarder l'exécution.
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Le projet avait refait surface en décembre 2012, avant d'être une nouvelle fois gelé en prévision d'une visite du président américain Barack Obama, en mars dernier.
Israël considère que Ramat Shlomo fait partie de la ville de Jérusalem, présentée par l'Etat juif comme sa capitale éternelle et indivisible, et restera sous son autorité en cas d'accord de paix.
Les Palestiniens, qui réclament la restitution de tous territoires conquis par Israël en 1967, dont Jérusalem-est, ont condamné la construction de nouveaux logements. "Cette politique est destructrice pour le processus de paix", a déclaré le porte-parole du président Abbas, Nabil Abou Rdeineh.
Les négociations ont repris en juillet à Washington après une interruption de trois ans. Menées dans le plus grand secret, elles n'ont guère rassuré les Palestiniens qui s'inquiètent de la colonisation en Cisjordanie ou les Israéliens qui doutent que Mahmoud Abbas soit en mesure d'obliger le Hamas à respecter tout accord de paix futur.
Malgré tout, ni les Israéliens, ni les Palestiniens ne souhaitent décevoir l'administration Obama qui a fait de cette question sa priorité au Proche-Orient.
Pierre Sérisier, Pascal Liétout et Tangi Salaün pour le service français, édité par Gilles Trequesser
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