Les obstacles s'accumulent pour la conférence de Genève II
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par Stephen Kalin et Khaled Yacoub Oweis
BEYROUTH/AMMAN (Reuters) - Bachar al Assad a déclaré mercredi à l'émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, que des pourparlers de paix n'auraient de chance de succès que si les rebelles ne bénéficient plus d'aide étrangère.
Le diplomate algérien achevait à Damas une tournée au Proche-Orient visant à préparer la conférence de paix de Genève II, dont la date envisagée -le 23 novembre- semble de plus en plus hypothétique compte tenu des divisions de l'opposition syrienne et des divergences entre Washington et Moscou.
Selon la télévision d'Etat syrienne, Bachar al Assad a dit à Brahimi que "le succès d'une solution politique est lié à l'arrêt du soutien apporté aux groupes terroristes et à la pression exercée sur les Etats qui les financent".
Le président syrien s'est dit prêt à participer à la conférence de paix, mais seulement si elle se déroule sans condition préalable -une réponse aux insurgés, qui exigent que le départ du pouvoir de Bachar al Assad soit acté pour s'asseoir à la table de négociations.
Alors que les opposants de la Coalition nationale syrienne (CNS), reconnus par une part de la communauté internationale, n'ont toujours pas décidé s'ils se rendraient à Genève, Moscou et Washington sont en désaccord sur la forme que devrait prendre la représentation de l'opposition, dit-on de sources diplomatiques.
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Les onze pays arabes et occidentaux du groupe des "Amis de la Syrie", réunis la semaine dernière à Londres, ont ainsi estimé que devraient être présentes à Genève "une délégation unique du régime syrien et une délégation unique de l'opposition, dont la Coalition nationale syrienne sera le coeur et la tête en tant que représentante légitime du peuple syrien".
La Russie ne considère à l'inverse la CNS que comme une composante de l'opposition et défend l'idée de plusieurs délégations d'opposants, incluant des personnalités politiques tolérées par le régime de Damas.
"LES RUSSES FURIEUX"
Hassan Abdel Azim, une figure de l'opposition de gauche syrienne, qui vit à Damas, a défendu une idée assez proche devant Lakhdar Brahimi en suggérant que les délégués se rendent à la conférence de paix sous la bannière de l'"Opposition nationale syrienne" et non de la CNS.
Le communiqué publié à l'issue de la conférence de Londres a également avancé que Genève II aurait pour objectif la mise sur pied d'un gouvernement de transition et que, d'ici-là, "Assad et ses proches ayant du sang sur les mains ne joueront aucun rôle en Syrie".
Cette formulation a rendu "les Russes furieux", confie un diplomate occidental. Des émissaires de Moscou, Washington et des Nations unies doivent se retrouver mardi prochain à Genève pour tenter d'aplanir leurs différences.
L'une d'elles porte sur le rôle de l'Iran, principal allié d'Assad, dont Lakhdar Brahimi a envisagé la participation à la conférence de paix, irritant les rebelles syriens et les pays du Golfe qui les soutiennent.
L'ambassadeur d'Iran à Damas, Mohammad Riza Shebani, a déclaré mercredi que son pays était prêt à se rendre à Genève. "Tout le monde connaît les efforts de l'Iran pour parvenir à une solution politique à la crise syrienne. L'absence de l'Iran ne servirait pas la conférence", a-t-il mis en garde.
Compte tenu de l'ampleur des divergences, la date du 23 novembre semble de plus en plus difficile à tenir. "Il va falloir du temps à la Russie et aux Etats-Unis pour aplanir leurs différences. On espère désormais organiser la conférence entre le 23 novembre et Noël", dit-on de source diplomatique.
Avec Oliver Holmes à Beyrouth, Pascal Liétout et Tangi Salaün pour le service français, édité par Gilles Trequesser
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