Nationalisme et xénophobie inquiètent José Manuel Barroso
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par Luke Baker et Stephen Adler
BRUXELLES (Reuters) - Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, craint une percée des mouvements nationalistes et xénophobes à l'occasion des élections européennes du printemps prochain.
"La crise et la hausse du chômage, il faut le reconnaître, sont l'occasion pour les forces populistes de devenir plus agressives et de gagner des suffrages", a-t-il déclaré dans le cadre d'un entretien accordé à Reuters.
"Ce que nous n'aimons pas, c'est le discours qui sous-tend souvent les slogans anti-européens, un discours qui promeut ce que j'appelle des valeurs négatives, des choses comme le strict nationalisme, le protectionnisme et la xénophobie. C'est une source d'inquiétude", a poursuivi l'ancien chef du gouvernement portugais issu du centre droit.
"Il ne faut pas oublier qu'il y a quelques décennies, en Europe, nous avons assisté au développement très, très inquiétant de la xénophobie, du racisme et de l'intolérance. Je pense donc que tous ceux qui sont attachés aux principes européens doivent être inquiets face à ces mouvements."
José Manuel Barroso n'a cité aucun nom, mais les formations de droite qui prônent la fermeté face à l'immigration peuvent espérer de bons scores dans plusieurs pays membres de l'UE à l'occasion des européennes qui auront lieu du 22 au 25 mai.
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En France, un sondage Ifop pour Le Nouvel observateur plaçait début octobre le Front national en tête des intentions de vote pour le scrutin avec 24%.
En Grande-Bretagne, le Parti pour l'indépendance du Royaume uni (UKIP) arrive également en tête ou en deuxième position.
L'extrême gauche et les mouvements contestataires ont quant à eux le vent en poupe en Grèce et en Italie, tout comme l'AfD en Allemagne dont le programme se résume à l'abandon de l'euro.
"Les forces pro-européennes (...) doivent prendre l'initiative, ne pas la laisser aux extrémistes, et expliquer de façon rationnelle et raisonnable ce que l'Europe apporte", a ajouté José Manuel Barroso.
"C'est pourquoi nous invitons les partis dits dominants à trouver le courage de renoncer à leur confort, à comprendre qu'aujourd'hui, en temps de crise, on ne peut pas tenir l'Union européenne pour acquise".
Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Gilles Trequesser
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