L'Onu et la Russie espèrent "Genève II" avant la fin de l'année
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L'Onu et la Russie espèrent "Genève II" avant la fin de l'année
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par Erika Solomon et Stephen Adler
BEYROUTH/MOSCOU (Reuters) - L'envoyé spécial de l'Onu en Syrie, Lakhdar Brahimi, a déclaré vendredi qu'il n'y aurait pas de conditions préalables à la tenue de la conférence de paix de Genève II, opposant une fin de non recevoir à l'opposition syrienne qui exige que le départ du président Bachar al Assad y soit acté.
Lakhdar Brahimi et Dmitri Medvedev, le Premier ministre russe, ont chacun de leur côté exprimé vendredi l'espoir de réunir dans les prochaines semaines cette conférence censée mettre fin à la guerre civile en Syrie.
Compte tenu des obstacles qui se sont accumulés depuis le lancement de l'initiative au printemps dernier par Moscou et Washington, la date jusqu'alors évoquée pour Genève II - le 23 novembre - apparaît de plus en plus hypothétique.
Lakhdar Brahimi, qui avait estimé il y a quelques temps que Bachar al Assad ne pourrait pas faire partie du gouvernement de transition que la communauté internationale espère voir émerger de la conférence, a précisé vendredi que cette "opinion personnelle" ne devait pas peser sur l'organisation de la conférence.
"Mon avis n'a pas d'importance. Il y a un accord pour que la participation à Genève II se fasse sans condition préalable d'un côté ou de l'autre", a-t-il au cours d'une conférence de presse à Beyrouth.
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"Les deux parties, quand elles seront assises à la table des négociations (...) discuteront des moyens de sortir de cette crise choquante et meurtrière à laquelle le peuple syrien est exposé, des moyens de passer de cette situation à une nouvelle république syrienne", a-t-il dit.
Quelques heures plus tôt, à Damas, où il venait d'achever une tournée régionale, Lakhdar Brahimi s'était montré raisonnablement optimiste sur la tenue de la conférence "dans les prochaines semaines, pas l'année prochaine ou plus tard".
L'envoyé spécial de l'Onu et de la Ligue arabe a précisé qu'il se rendrait la semaine prochaine à Genève pour des discussions avec des émissaires américains et russes, auxquels se joindront par la suite des représentants des trois autres membres permanents du Conseil de sécurité - Chine, France et Grande-Bretagne - afin de fixer une date.
"ASSAD N'EST PAS FOU"
A Moscou, Dmitri Medvedev a également émis le souhait de tenir l'objectif de la fin de l'année, tout en reconnaissant l'impuissance de la communauté internationale et en critiquant les conditions posées par les opposants à Bachar al Assad pour s'asseoir à la table des négociations.
"J'espère qu'il sera possible d'organiser la conférence d'ici la fin de l'année mais nous constatons que l'influence de tous ceux qui s'y emploient est limitée", a dit le Premier ministre russe pendant une interview accordée à Reuters.
"Cela dépend en grande partie des positions adoptées par les belligérants syriens. Nous (les Russes) les poussons dans cette direction et j'espère que tous ceux qui parlent aux différents cercles syriens en feront de même", a-t-il poursuivi.
"C'est un processus difficile et tout le monde doit chercher le compromis, y compris les dirigeants de l'opposition et le gouvernement syrien, bien entendu."
Dmitri Medvedev a critiqué l'intransigeance des opposants de la Coalition nationale syrienne (CNS), qui ont dit qu'ils ne se rendraient à Genève que si le départ de Bachar al Assad est acté - et sont plutôt partis pour boycotter la conférence après les dernières déclarations de Lakhdar Brahimi, a déclaré vendredi à Reuters un membre de la CNS, Melhem Droubi.
"Je crois que les idées qui sont parfois mises en avant - 'excluons le président Assad et ensuite entendons-nous sur tout le reste' - sont irréalistes tant qu'Assad est au pouvoir", a commenté le Premier ministre russe.
"Il n'est pas fou. Il doit obtenir certaines garanties ou, au moins, entendre des propositions sur le développement du dialogue politique en Syrie, sur de possibles élections, sur le sort qui lui sera réservé."
Dmitri Medvedev estime que Bachar al Assad, qui a envisagé le mois dernier de se présenter à l'élection présidentielle théoriquement prévue en 2014, n'a pas envie de finir comme ses homologues égyptien Hosni Moubarak - emprisonné et jugé après avoir été renversé - et libyen Mouammar Kadhafi, tué par des rebelles.
"Vous devez reconnaître que quand il pense au destin du président Moubarak et du colonel Mouammar Kadhafi (...) son humeur ne doit pas s'améliorer", a insisté le dirigeant russe. "Il ne suffit donc pas de dire 'va-t-en et on s'entend sur le reste'."
Avec Alexander Dziadosz et Stephen Kalin à Beyrouth et Timothy Heritage à Moscou; Tangi Salaün pour le service français
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