La valorisation du géant des puces a encore baissé ce vendredi, lui faisant perdre sa place de plus grosse capitalisation mondiale. Nvidia, comme d’autres géants des semi-conducteurs, subit de plein fouet la vague de ventes sur les bourses mondiales qui touche le secteur.
Ce n’était plus arrivé depuis mai 2025. Nvidia a perdu ce vendredi son titre de plus grande capitalisation mondiale, laissant la place à Apple. La valorisation du géant des puces s’établit autour de 4 850 milliards de dollars, selon le site TradingView, en recul de plus de 3 % par rapport à la veille.
En cause : un mouvement de vente à Wall Street touchant les valeurs technologiques, particulièrement celles concernant les entreprises de semi-conducteurs. Une « vague » à l’échelle mondiale qui ne montre, pour l’heure, « aucun signe d’essoufflement », selon Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.
Nvidia n’est pas la seule concernée. L’autre géant du secteur, le taïwanais TSMC, a lui aussi vu sa valeur fortement baisser. Le repli a même dépassé les 7 % ce jeudi, pour une valorisation s’établissant à 1 980 milliards de dollars.
1. Pourquoi une telle baisse après des mois de fort engouement ?
Ce recul s’inscrit à contre-courant de l’effervescence enregistrée par le secteur des semi-conducteurs depuis le début de l’année. Ce dernier a en effet connu une hausse spectaculaire depuis janvier, avec certains titres qui ont bondi de plus de 600 %, comme le spécialiste des puces mémoire SanDisk.
Le secteur a profité ces derniers mois des effets des promesses de croissance et de révolution industrielle liées à la diffusion de l'intelligence artificielle (IA) dans l'économie mondiale. Sauf que les investisseurs semblent de plus en plus douter de la rentabilité future des investissements pour développer cette technologie et des valorisations boursières gigantesques des entreprises de semi-conducteurs, ses principaux bénéficiaires.
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Si bien que, depuis plusieurs jours, les entreprises de puces subissent de nets reculs en Bourse. « Les investisseurs préfèrent vendre, en attendant de savoir si les géants de la tech vont confirmer, pendant la saison des résultats, leurs prévisions d'investissements », explique à l'AFP Alexandre Baradez, expert chez IG France.
Preuve en est : l’indice Philadelphie des semi-conducteurs, qui représente les trente principales sociétés américaines du secteur, a déjà perdu plus de 8 % depuis le début de la semaine. Alors qu’il s’établissait encore fin juin à son plus haut niveau depuis sa création en 1993, il a dévissé de 20 % depuis ce pic.
2. Quel impact sur la Bourse ?
Cette déroute n’est pas sans conséquence : elle entraîne un recul de tous les indices boursiers. À Wall Street, l’indice Nasdaq, composé de nombreuses valeurs technologiques, a reculé de 1,75 % dans les premiers échanges ce vendredi, vers 16 heures (heure française). L'indice élargi S&P 500 perdait, lui, 0,81 % quand le Dow Jones, qui réunit des valeurs plus traditionnelles, ne reculait que de 0,10 %.
En Europe, la Bourse de Paris perdait 0,47 %, Francfort 0,49 % et Milan 1,11 %. Seule Londres résistait (+0,21 %), « grâce à sa faible exposition aux valeurs technologiques », explique Kathleen Brooks.
3. Le contexte géopolitique, avec la guerre en Iran, a-t-il un lien avec cette déroute ?
La guerre au Moyen-Orient n’est pas pour rien dans «la morosité actuelle des marchés», souligne par ailleurs Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote, auprès de l’AFP. « Le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz est tombé à des niveaux comparables à ceux observés en période de guerre » et « aucune solution rapide ne semble se dessiner », ajoute-t-elle.
Les États-Unis ont bombardé l'Iran pour la sixième nuit consécutive vendredi, Téhéran les accusant d'avoir visé des cibles civiles, tandis que plusieurs pays alliés de Washington au Moyen-Orient ont fait état d'attaques les ciblant. Les affrontements ont repris le 7 juillet après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent depuis le cessez-le-feu d'avril, minant les efforts diplomatiques pour mettre un terme durable au conflit.