Nouveau budget d'austérité voté en première lecture au Portugal
reuters.com
reuters.com
par Andrei Khalip et Sergio Goncalves
LISBONNE (Reuters) - Les députés portugais ont adopté vendredi en première lecture le projet de budget 2014 qui prévoit de nouvelles coupes dans les dépenses publiques pour la quatrième année consécutive.
Le projet a été voté par les élus du Parti social-démocrate (PSD, droite) du Premier ministre Pedro Passos Coelho et ses alliés du Parti populaire (CDS/PP). La coalition gouvernementale dispose de 132 des 230 sièges du Parlement. Les autres groupes ont voté contre le texte.
Plusieurs milliers de manifestants s'étaient rassemblés vendredi devant le Parlement pour dénoncer les nouvelles baisses prévues des salaires dans la fonction publique et des pensions de retraites.
Au total, le projet de loi de finances, fondé sur une hypothèse de croissance du PIB de 0,8%, prévoit de réduire de 3,2 milliards d'euros les dépenses publiques. Il fixe le déficit budgétaire à 4% du PIB fin 2014, contre 5,9% prévu cette année.
Un petit groupe de manifestants a réussi à gagner les galeries du public, dans l'enceinte, scandant "Gouvernement démission" avant d'être reconduits vers la sortie par la police.
La loi de finances 2014, dont le vote définitif est attendu le 26 novembre, oriente le Portugal vers une quatrième année consécutive de politique d'austérité dans le cadre du plan de sauvetage négocié en mai 2011 avec l'Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international (FMI) et portant sur 78 milliards d'euros.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Elle est aussi censée être la dernière avant que Lisbonne ne sorte de ce programme d'assistance financière et ne retourne se financer sur les marchés obligataires, dans le courant du second semestre 2014.
Mais les manifestants ont réclamé que le budget soit transmis à la Cour constitutionnelle. Les Sages ont censuré ces derniers mois plusieurs mesures d'austérité que le gouvernement entendait mettre en oeuvre. Une nouvelle censure, même partielle, pourrait remettre en cause le scénario de sortie du plan d'assistance.
"Nous sommes dans la dernière étape de ce cauchemar qui a transformé le Portugal en un patient admis en soins intensifs", a dit aux députés le vice-Premier ministre Paulo Portas, critiquant l'attitude de l'opposition et l'accusant de refuser de voir les signaux récents d'une reprise de l'économie.
Le Portugal a renoué avec la croissance au deuxième trimestre, le PIB progressant de 1,1% après une contraction de 0,4% sur les trois premiers mois de l'année.
Mais pour Antonio José Seguro, qui dirige le Parti socialiste, ce budget est "un programme d'appauvrissement qui ne fera qu'apporter de la souffrance aux Portugais sans ajustement durable des finances publiques".
Henri-Pierre André pour le service français
reuters.com