Manifestation à Téhéran aux cris de "Mort à l'Amérique !"
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par Marcus George
DUBAI (Reuters) - Plusieurs milliers d'Iraniens ont manifesté lundi à Téhéran aux cris de "Mort à l'Amérique !" pour marquer le 34e anniversaire de la prise d'otages à l'ambassade américaine, illustrant les obstacles considérables sur la voie de l'apaisement avec les Etats-Unis recherché par le président Hassan Rohani.
La foule s'est rassemblée dans la matinée devant le bâtiment qui abritait l'ambassade des Etats-Unis, présentée comme un "nid d'espions", en agitant des drapeaux et en brandissant des banderoles portant des slogans hostiles à l'Amérique.
La télévision iranienne a couvert en direct cette manifestation et montré les murs de l'ancienne ambassade couverts de grandes affiches dénonçant la "duplicité" des Etats-Unis.
"Il y a trente-quatre ans, notre nation a montré au monde quelle était la réalité, elle a prouvé que les ambassades américaines sont des centres d'espionnage et de complot", a lancé à la foule l'ancien négociateur sur le dossier nucléaire, le radical Saeed Jalili.
"La prise de ce nid d'espions a montré que la révolution était sur la bonne voie", a-t-il ajouté, rapporte l'agence de presse officielle Irna.
Saeed Jalili a affirmé que le slogan "Mort à l'Amérique !" ne visait pas le peuple américain mais ses dirigeants. "Mort à l'Amérique, cela signifie mort à l'arrogance, mort à la violence, c'est un symbole pour ceux qui veulent la liberté et l'indépendance", a-t-il dit.
La prise d'otages avait débuté le 4 novembre 1979 lorsque des étudiants avaient pris d'assaut l'ambassade. Cinquante-deux membres du personnel diplomatique américain furent retenus en captivité pendant 444 jours.
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MÉFIANCE
L'occupation a provoqué la rupture des relations diplomatiques entre l'Iran et les Etats-Unis, qui ne sont toujours pas rétablies.
Le rassemblement commémorant l'occupation de l'ambassade se déroule tous les ans à Téhéran mais la mobilisation cette année revêtait une signification accrue du fait de la politique d'ouverture affichée par le gouvernement de Rohani, qui a succédé en août à l'équipe de Mahmoud Ahmadinejad.
Hassan Rohani, qui a remporté l'élection présidentielle de juin, a notamment promis d'améliorer les relations diplomatiques de l'Iran et de relancer les négociations sur le programme nucléaire contesté de la République islamique.
En septembre, son bref échange téléphonique avec le président Barack Obama, une première depuis la crise des otages, a été diversement accueilli en Iran.
Samedi, le quotidien conservateur Kayhan a mis en garde contre le risque qu'il y a à faire confiance aux Etats-Unis et a fait état de signes indiquant que "les Américains entendent tromper la République islamique" lors du prochain cycle de négociations sur le nucléaire prévu en fin de semaine à Genève.
Mais l'ayatollah Ali Khamenei a apporté dimanche un soutien appuyé aux négociations sur le programme nucléaire et prévenu les partisans d'une ligne dure de ne pas accuser à tort le président Rohani de se compromettre avec le "Grand Satan" américain.
"Personne ne devrait considérer nos négociateurs comme des gens qui se compromettent", a déclaré le guide suprême de la Révolution islamique. "Leur mission est difficile et personne ne doit affaiblir un officiel qui fait son travail."
Henri-Pierre André et Guy Kerivel pour le service français, édité par Gilles Trequesser
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