Désaccord russo-américain sur les participants à Genève II
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par Stephanie Nebehay
GENEVE (Reuters) - Les entretiens russo-américains de mardi à Genève n'ont pu déboucher sur la fixation d'une date pour la prochaine conférence de paix sur la Syrie en raison d'un désaccord persistant sur le rôle de l'Iran et sur qui représentera l'opposition syrienne.
"Nous espérions être en mesure d'annoncer une date aujourd'hui. Malheureusement, nous ne le sommes pas", a déclaré l'émissaire international pour la Syrie, qui a présidé à la rencontre au Palais des Nations.
"Mais nous nous efforçons toujours de voir si on peut tenir semblable conférence d'ici la fin de l'année", a ajouté Lakhdar Brahimi.
Le diplomate algérien, qui est mandaté à la fois par les Nations unies et la Ligue arabe, a eu des entretiens avec la sous-secrétaire d'Etat américaine Wendy Sherman, l'ambassadeur des Etats-Unis en Syrie, Robert Ford, et les vice-ministres russes des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov et Guennadi Gatilov.
La réunion a été, par la suite, élargie à des représentants britanniques, français et chinois, ainsi qu'à ceux de pays voisins de la Syrie (Irak, Jordanie, Liban et Turquie) et à des membres de la Ligue arabe.
L'émissaire de l'Onu et de la Ligue a indiqué qu'il reverrait les responsables américains et russes le 25 novembre. Il a aussi dit espérer que l'opposition syrienne finisse par arrêter la composition d'une délégation crédible quelques jours avant cette date.
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"L'opposition traverse une période très, très difficile, elle est divisée, ce n'est une secret pour personne. Elle est confrontée à toutes sortes de problèmes et n'est pas prête", a dit Brahimi.
Pour l'un des deux négociateurs russes, les Etats-Unis ne disposent pas de l'influence nécessaire pour assembler une délégation de l'opposition qui soit crédible. "On n'a pas seulement besoin que l'opposition soit présente, mais d'une délégation représentative d'un large éventail des forces de l'opposition", a déclaré Guennadi Gatilov cité par l'agence de presse russe RIA. "Et c'est précisément ce que les Américains ne parviennent pas à mener à bien".
LE DEPART D'ASSAD, PIERRE D'ACHOPPEMENT
L'hypothétique conférence dite de Genève II est censée consolider la "déclaration de Genève" de juin 2012 appelant à la création d'une autorité de transition dotée des pleins pouvoirs exécutifs, sans réclamer explicitement la démission du président Bachar al Assad.
Un départ que réclament toujours les opposants syriens et les Occidentaux.
A la veille de la rencontre présidée par Lakhdar Brahimi, Damas a réaffirmé que le président syrien se maintiendrait au pouvoir quoi qu'il arrive, jetant un doute sur la "transition" que "Genève II" est justement censée faciliter.
"La Syrie - l'Etat, la nation et le peuple - demeureront et (...) Assad restera président de ce pays", a déclaré lundi soir le ministre syrien de l'Information Omran Zoabi, cité par l'agence de presse officielle Sana.
"J'ignore qui peut croire que l'opposition consentira au maintien au pouvoir d'Assad", a répondu mardi le secrétaire d'Etat américain John Kerry lors d'une visite à Varsovie.
Au cours du week-end, le chef de la Coalition nationale syrienne (CNS), Ahmad Jabra, a déclaré que l'opposition ne participerait pas à "Genève II" si aucun calendrier n'est fixé pour le départ de Bachar al Assad. Il a exclu que l'Iran, qui soutient Assad, participe à la conférence, autre point majeur de désaccord avec les alliés de Damas.
La Russie insiste pour que Téhéran soit partie prenante aux discussions et Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe, a rejeté mardi matin les conditions posées par la CNS.
"Tous ceux qui peuvent avoir une influence sur la situation (en Syrie) doivent évidemment être invités (...), cela ne vaut pas seulement pour les pays arabes mais aussi pour l'Iran", a déclaré Sergueï Lavrov à la presse.
Le ministre russe a toutefois laissé entendre que l'Iran ou d'autres acteurs extérieurs à la Syrie n'auraient besoin d'être représentés qu'à l'ouverture d'une éventuelle conférence.
"Lors des phases suivantes, les Syriens, comme l'ont proposé les Américains et les Russes avec l'accord de tous les autres, se parleront directement par la médiation de (...) Brahimi et son équipe", a-t-il dit.
Mais l'Arabie saoudite sunnite, rivale régionale de l'Iran chiite, et les Etats-Unis refusent que des représentants de Téhéran soient invités.
Avec Tom Miles à Genève, Dominic Evans à Beyrouth, Steve Gutterman à Moscou et Lesley Wroughton à Varsovie; Jean-Stéphane Brosse et Jean-Loup Fiévet pour le service français
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