Les taliban pakistanais rejettent tout dialogue de paix
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par Haji Mujtaba Jibran Ahmed
MIRANSHAH, Pakistan (Reuters) - Les taliban pakistanais, qui ont désigné un "dur" à leur tête après la mort de leur chef tué par un drone américain, ont rejeté jeudi le principe de pourparlers de paix avec le gouvernement d'Islamabad.
Le mollah Fazlullah, ancien commandant dans la vallée de Swat réputé pour ses opinions radicales et son opposition à tout dialogue de paix, a été élu lors d'un Conseil de la Choura (assemblée traditionnelle). Il succède à Hakimullah Mehsud, tué vendredi lors d'une attaque de drone américain.
"A la suite de consultations appropriées (...), nous avons choisi notre commandant, le mollah Fazlullah, pour être notre nouveau chef", a annoncé Shahidullah Shahid, joint par téléphone dans un endroit tenu secret situé en Afghanistan voisin.
Ce porte-parole a précisé que le nouvel "ameer" (chef) avait pris immédiatement ses fonctions et prendrait prochainement une décision sur le bien-fondé de lancer une nouvelle campagne d'attentats à la bombe et d'assassinats pour venger la mort d'Hakimullah Mehsud.
Surnommé "le mollah Radio" pour ses prêches enflammés sur les ondes, Fazlullah est considéré comme un "dur" au sein même du mouvement taliban.
DOUBLE JEU
Il commandait les hommes qui ont tiré en 2012 sur la jeune Pakistanaise Malala Yousafzai pour dénoncer sa campagne pour la scolarisation des filles, à laquelle les taliban sont hostiles.
Malala Yousafzai a survécu à cette attaque et vit actuellement à Birmingham, en Grande-Bretagne.
Lorsqu'il contrôlait avec ses hommes la vallée de Swat en 2009, le futur chef des taliban pakistanais avait imposé une application stricte des préceptes de la "charia" (loi coranique).
Les campagnes de vaccination contre la poliomyélite, présentées comme un "complot judéo-chrétien" visant à nuire aux musulmans, avaient été proscrites, et les écoles pour filles fermées.
Hakimullah Mehsud et ses alliés étaient relativement ouverts à l'idée de négocier avec le gouvernement, ce qui va radicalement changer avec son successeur.
"Il n'y aura pas de nouveaux pourparlers étant donné l'hostilité du mollah Fazlullah à ce processus", a dit le porte-parole des taliban. "Tous les gouvernements ont joué un double jeu avec nous. Au nom des négociations de paix, ils nous ont trompés et ont tué notre peuple. Nous sommes sûrs à 100% que le Pakistan soutient pleinement les attaques de drones américains".
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Les taliban pakistanais se battent pour tenter de renverser le gouvernement du Premier ministre, Nawaz Sharif, et imposer la "charia" dans ce pays qui détient, comme son grand voisin et rival indien, l'arme nucléaire.
Aucune négociation significative n'a eu lieu depuis l'arivée au pouvoir de Nawaz Sharif en mai. La désignation d'un "dur" à la tête du mouvement risque d'être suivie d'une nouvelle période d'incertitude et de violence dans une région déjà très instable, surtout à l'approche du départ, fin 2014, des dernières troupes combattantes étrangères d'Afghanistan.
Avec Saud Mehsud et Mehreen Zahra-Malik; Jean-Loup Fiévet pour le service français, édité par Gilles Trequesser
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