Un défilé nationaliste dégénère en violences à Varsovie
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par Marcin Goettig et Pawel Florkiewicz
VARSOVIE (Reuters) - Des batailles de rue ont opposé lundi la police anti-émeutes et des militants d'extrême droite en plein coeur de Varsovie en marge d'une manifestation nationaliste à l'occasion de la fête de l'Indépendance de la Pologne.
Des violences avaient déjà éclaté en 2011 et 2012 lors de cet événement annuel dans le centre de la capitale polonaise.
Le Premier ministre, Donald Tusk, a déclaré dans la soirée que ce qui aurait dû rester un jour férié avait été gâché par ces actes de violence. "Ce qui s'est passé est inacceptable", a-t-il dit.
Le défilé de plusieurs milliers de manifestants a débuté dans le calme sous la surveillance d'un service d'ordre mis en place par les organisateurs et d'un hélicoptère de la police survolant le rassemblement.
Les violences ont éclaté lorsque quelques dizaines de jeunes cagoulés ou le visage masqué par des écharpes de football ont quitté le cortège pour se diriger vers une rue adjacente afin d'y attaquer un immeuble occupé par des squatteurs d'extrême gauche.
Lorsque les policiers anti-émeutes sont intervenus, ils ont été la cible de jets de pétards et de pierres de la part des jeunes d'extrême droite, qui ont brûlé plusieurs voitures en se dispersant.
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La police a fait usage de balles en caoutchouc, de matraques et de gaz irritant contre ces émeutiers, a dit un porte-parole de la police, Mariusz Sokolowski. Plusieurs personnes ont été arrêtées. Cinq policiers ont dû être hospitalisés, ont rapporté les médias polonais.
VERS L'AMBASSADE DE RUSSIE
Une fois la manifestation passée, le squat était jonché de débris calcinés et de verre brisé. "Vous avez lâché des chiens fascistes sur nous", a lancé un occupant des lieux aux policiers en leur reprochant leur passivité.
Les émeutiers se sont ensuite dirigés vers la place du Rédempteur (Zbawiciela), dans un quartier vivant du centre de Varsovie réputé pour ses cafés à la mode prisés par les étudiants.
Au milieu de cette place s'élève une arche aux couleurs de l'arc-en-ciel, composée de fleurs artificielles et devenue un symbole de tolérance et de diversité. Après le passage des émeutiers, cette arche était réduite lundi soir à un simple squelette métallique noirci par le feu.
Avant ces violences, les manifestants ont défilé sous des drapeaux rouges et blancs de la Pologne en scandant "Dieu, honneur, patrie".
Une partie de la foule a tenté de marcher en direction de l'ambassade de Russie, pays honni dans les milieux nationalistes pour sa présence passée en Pologne, mais un cordon de police barrait l'accès au bâtiment.
Pascal Liétout, Bertrand Boucey et Eric Faye pour le service français
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