Les djihadistes du Nord syrien affaiblis, selon un chef kurde
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Les djihadistes du Nord syrien affaiblis, selon un chef kurde
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par John Irish
PARIS (Reuters) - Les mouvements islamistes jusqu'ici dominants dans le nord de la Syrie ont été considérablement affaiblis militairement, ce qui a permis aux milices kurdes du secteur de gagner du terrain à leurs dépens, selon un dirigeant kurde interrogé mercredi par Reuters à Paris.
Saleh Muslim, chef de file du Parti de l'union démocratique (Partiya Yekîtiya Demokrat, PYD), formation proche du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) actif en Turquie, a par ailleurs assuré que l'administration créée la veille dans les zones majoritairement kurdes en vue de leur autonomie n'était qu'une solution "provisoire" en attendant la fin de la guerre civile.
Les mouvements kurdes et les djihadistes arabes qui sont farouchement hostiles à toute partition de la Syrie se disputaient depuis plusieurs mois les régions où l'ethnie est majoritaire, mais les premiers ont pris le dessus début novembre.
"Environs 3.000 salafistes ont été tués. Au début, ils étaient forts, mais ils ne le sont plus désormais", a déclaré Saleh Muslim, dont le fils a été tué récemment dans les combats avec les islamistes.
Prié de dire si les récents succès militaires de son mouvement l'incitent à poursuivre au-delà des zones majoritairement kurdes, Saleh Muslim assure qu'il n'a pas l'intention d'aller jusqu'à Damas pour contribuer au renversement de Bachar al Assad. Mais il promet d'aider tous ceux qui combattent les djihadistes dans les zones mixtes arabes et kurdes.
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"Nous avons l'intention d'aller dans les secteurs où nous combattons ensemble. Nous n'avons pas à aller où il n'y a pas de Kurdes", dit-il, précisant que le PYD a reçu de l'argent et des armes du Parti démocratique du Kurdistan (PDK) et de l'Union patriotique du Kurdistan, les deux principales formations du nord de l'Irak autonome, ainsi que du PKK.
Pour Assad et ses alliés, les territoires occupés par les Kurdes sont autant de zones qui échappent aux insurgés, mais le chef de file du PYD nie toute collusion avec Damas.
Il n'y a eu "aucun contact", dit-il. "Je ne crois pas qu'Assad accepterait que nous soyons autonome parce qu'il s'y est opposé jusqu'au bout."
Selon lui, 30% des puits de pétrole syriens sont désormais sous contrôle kurde mais ils ne sont pour le moment pas exploités et la reprise de la production n'est pas prévue à court terme.
Jean-Philippe Lefief pour le service français
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