Le maire de Toronto prié de se mettre en retrait
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par Cameron French
TORONTO (Reuters) - Le conseil municipal de Toronto a demandé mercredi au maire de la ville, Rob Ford, de se mettre en retrait de la vie politique pour gérer "ses problèmes personnels" liés à l'alcool ou la consommation de drogues.
La motion, que Rob Ford n'est pas tenu d'appliquer, a été votée par 37 voix contre 5 au terme d'une heure de débat pendant laquelle les opposants et les anciens alliés du maire n'ont cessé de l'interroger sur sa capacité à diriger la plus grande ville du Canada, qui compte 2,6 millions d'habitants.
Filmé il y a un an en train de fumer du crack "dans un de (s)es moments de stupeur alcoolique", selon ses propres termes, Rob Ford refuse de démissionner, estimant qu'il ne faut pas mêler affaires publiques et vie privée.
Le maire, proche des conservateurs au pouvoir, continue à prôner "la tolérance zéro pour la drogue et les gangs" mais il a admis lors de l'audience avoir déjà "acheté de la drogue au cours des deux dernières années", comme le lui demandait un conseiller. "Oui, je l'ai fait", a-t-il lâché dans un soupir après quelques secondes.
"Je ne souffre d'aucune addiction, je ne suis donc pas sûr de comprendre pourquoi vous dites que j'ai besoin d'aide", a-t-il ensuite rétorqué.
Elu en 2010 sur la promesse de mettre fin au "train dispendieux" de la municipalité, Rob Ford a admis la semaine dernière avoir fumé du crack, quelques jours après la confirmation par le chef de la police de Toronto de l'existence d'une vidéo le montrant, selon deux médias, en train de consommer ce dérivé de la cocaïne.
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Une autre vidéo diffusée la semaine dernière par le Toronto Star montrait le maire proférant des jurons et menaçant plusieurs individus. Lui-même a admis qu'il était alors "extrêmement ivre".
FIGURINE
Le conseil municipal n'a pas le pouvoir de le démettre à moins qu'il ne soit condamné par la justice. La motion votée mercredi lui demande toutefois de faire une pause et de présenter ses excuses aux Torontois.
"Il est évident que les habitants de cette ville désapprouvent le comportement du maire", a déclaré Karen Stintz, une conseillère municipale. "A cause de ce comportement, je suis obligée d'expliquer à ma fille de neuf ans ce qu'est le crack. A cause de mon maire, je lui explique que ce n'est pas bien de mentir et de s'excuser ensuite quand on est pris."
Selon un sondage Ipsos-Reid réalisé pour plusieurs chaînes de radio et de télévision, trois quarts des électeurs de Toronto jugent que Rob Ford devrait démissionner ou prendre un congé, tandis que 24% continuent à le soutenir dans la tourmente.
Le lancement, mardi, d'une figurine à son effigie, conçue avant les scandales, a été un franc succès. Les mille "Robbie Bobbies", que le maire était venu dédicacer en personne, se sont écoulés comme des petits pains, certains apparaissant ensuite sur le site d'enchères eBay à un prix quinze fois plus élevé.
Jean-Stéphane Brosse pour le service français
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