Michelle Bachelet en favorite de la présidentielle au Chili
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par Anthony Esposito
SANTIAGO (Reuters) - Au moment où les électeurs chiliens sont appelés à se rendre dans les urnes ce dimanche pour élire leur nouveau chef d'Etat, la principale question est de savoir si l'ancienne présidente Michelle Bachelet peut être désignée dès le premier tour ou si elle devra en passer par un second tour, en décembre.
Il y a quatre ans, la candidate de la gauche modérée, qui était devenue en 2006 la première femme à présider un pays sud-américain, n'avait pu briguer un second mandat d'affilée du fait des limites fixées par la Constitution.
Investie par la coalition Nueva Mayoria (Nouvelle majorité), une alliance qui va des communistes aux chrétiens démocrates, elle semble quasi assurée de retrouver La Moneda, le siège de la présidence chilienne.
Des huit candidats qui s'opposent à elle dans les urnes, c'est une autre femme, Evelyn Matthei, de la coalition de droite Alianza, qui est la plus proche d'elle dans les sondages. Mais contraindre Bachelet à un second tour, le 15 décembre, serait déjà une bonne performance au vu des intentions de vote.
Au cours de sa campagne, Michelle Bachelet a insisté sur la réduction des inégalités: elle s'est notamment engagée à réformer le système éducatif en y instaurant davantage de gratuité financée par un relèvement de l'impôt sur les sociétés (qu'elle porterait de 20 à 25%) et la suppression de dispositifs d'optimisation fiscale.
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Elle a également promis de réformer la Constitution héritée de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990).
L'INCONNU DU CONGRÈS
Pour ce faire, il lui faudra pouvoir compter sur une majorité au Congrès, dont les Chiliens renouvellent également ce dimanche les 120 sièges de la Chambre des députés et 20 des 38 sièges du Sénat.
"Pour pouvoir nous attaquer aux inégalités, je vous invite à voter en masse pour Nueva Mayoria ce dimanche. Nous voulons gagner au premier tour parce que nous avons beaucoup de travail à accomplir", a dit Michelle Bachelet lors de son ultime réunion électorale, jeudi.
A soixante-deux ans, la favorite du scrutin, revenue à la vie politique chilienne après avoir dirigé Onu-Femmes, organisme des Nations unies pour l'égalité des sexes, bénéficie d'une forte popularité personnelle qui va au-delà de l'audience des partis qui la soutiennent.
Dans les sondages, elle dispose d'une très solide avance sur Evelyn Matthei, de deux ans sa cadette, investie en juillet par la coalition du président sortant Sebastian Pinera après que les deux premiers candidats successivement choisis avaient jeté l'éponge.
La fin du vote obligatoire, adoptée l'an dernier, pourrait toutefois avoir un effet sur la participation électorale, que les instituts de sondage ont du mal à évaluer.
L'indépendant Franco Parisi et l'ancien parlementaire socialiste Marco Enriquez-Ominami sont au nombre des autres candidats en lice.
Le Chili, premier producteur mondial de cuivre dont l'économie croît à un rythme annuel supérieur à 5%, a connu un développement spectaculaire depuis vingt ans qui a permis des avancées considérables sur la voie d'une éradication de l'extrême pauvreté.
Mais les inégalités de revenus demeurent. Elles furent au coeur du mouvement de contestation étudiante de 2011 dont l'une des figures, Camila Vallejo, est candidate à la Chambre des députés.
Avec Rosalba O'Brien, Henri-Pierre André pour le service français
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