Un officiel libyen enlevé à Tripoli, où la colère gronde
reuters.com
reuters.com
TRIPOLI (Reuters) - Le directeur-adjoint des services de renseignements libyens a été enlevé dimanche à l'aéroport de Tripoli, au moment où le Conseil municipal de la capitale appelait les habitants à se mettre en grève et à manifester pour exiger du gouvernement l'expulsion de toutes les milices de la ville.
Moustafa Noah, qui dirige l'espionnage libyen, a été embarqué de force dans une voiture alors qu'il quittait l'aéroport sans protection policière après un déplacement en Turquie, a-t-on appris de sources proches des services de sécurité.
Cet enlèvement n'a pas été revendiqué mais les diverses milices qui imposent leur loi en Libye depuis la chute du colonel Kadhafi il y a deux ans se sont souvent rendues coupables de tels actes.
Le Premier ministre Ali Zeidan, lui-même enlevé par des miliciens pendant quelques heures le mois dernier, est sous pression d'agir depuis la mort d'au moins 45 personnes vendredi dans les affrontements les plus meurtriers que Tripoli ait connu depuis 2011.
Les violences ont éclaté lorsque des miliciens originaires de la ville côtière de Misrata ont ouvert le feu sur des manifestants non armés qui réclamaient leur départ de la capitale. Les combats se sont ensuite étendus à d'autres quartiers.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Saadat al Badri, qui dirige le Conseil municipal de Tripoli, a déclaré dimanche à Reuters que les responsables de la ville exigeaient désormais du gouvernement le départ de toutes les milices de la capitale et l'ouverture d'une enquête sur la dernière vague de violences.
"Nous avons décrété une grève pour trois jours à partir d'aujourd'hui, mais si nos demandes ne sont pas exaucées, nous continuerons", a-t-il dit. "Nous ne négocierons pas avec eux. Nos demandes sont limpides, nous voulons une décision."
De nombreux magasins, écoles et universités sont restés fermés à Tripoli dimanche - premier jour de la semaine - et les habitants ont érigé des barricades avec du bois, des pneus et divers autres objets pour protéger leurs rues pendant qu'ils allaient manifester.
De nombreux miliciens et anciens combattants rebelles sont payés par les autorités pour protéger les ministères et autres bâtiments publics, mais ils restent fidèles à leurs commandants ou leurs chefs tribaux et s'affrontent régulièrement pour le contrôle de territoires, prenant les populations civiles en otage.
Ghaith Shennib, Pascal Liétout et Tangi Salaün pour le service français
reuters.com