Les ratés de l'Obamacare relancent les républicains
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Les ratés de l'Obamacare relancent les républicains
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par Steve Holland
WASHINGTON (Reuters) - Il y a quelques semaines à peine, les stratèges du Parti républicain s'arrachaient les cheveux pour minimiser l'impact électoral du "shutdown" de l'administration fédérale provoqué début octobre par les leurs.
Aujourd'hui, alors que des millions d'Américains assistent avec colère aux ratés de la réforme de la santé de Barack Obama, ils jugent possible non seulement d'amplifier leur majorité à la Chambre des députés mais aussi de s'imposer au Sénat lors des élections de mi-mandat de novembre 2014.
Karl Rove, l'architecte des deux succès présidentiels de George W. Bush en 2000 et 2004, s'attend à des gains plus conséquents que lors des élections de 2010, au milieu du premier mandat de Barack Obama.
"En 2014, dit-il à Reuters, il est probable que la victoire sera plus large, plus évidente et également mortelle pour les démocrates, surtout pour les sortants qui ont voté en faveur de cette monstruosité."
Les élections intermédiaires auront lieu dans un an, mais des publicités tournent déjà sur les médias sociaux et par courriers électroniques pour attaquer des sortants démocrates, et les spots à la télévision suivront dans quelques mois.
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"2014 sera un référendum sur les échecs de l'administration Obama", clame Greg Walden, élu de l'Oregon à la Chambre des représentants et président du comité de campagne des républicains à la chambre basse du Congrès.
Les démocrates contrôlent actuellement le Sénat par 55 sièges contre 45. Si les républicains conquièrent six sièges dans un an, la majorité basculera dans l'escarcelle du Grand Old Party déjà majoritaire à la Chambre des représentants avec 234 sièges contre 200.
Sur les 33 sièges de sénateur qui seront remis en jeu dans un an, 20 sont actuellement détenus par des démocrates.
"L'OBAMACARE A STOPPÉ LA DYNAMIQUE NÉE DU 'SHUTDOWN'"
Pour le parti présidentiel, c'est un étonnant revers de fortune qui s'est joué en quelques semaines.
Dans les jours ayant suivi la fermeture d'agences fédérales faute de budget pour l'année fiscale, l'opinion publique imputait majoritairement ce "shutdown" à l'intransigeance du Parti républicain et de sa frange la plus conservatrice du Tea Party.
Mais les dysfonctionnements de la mise en oeuvre de la réforme de la santé, grand oeuvre du premier mandat d'Obama, ont changé la donne.
Des millions d'Américains redoutent de voir leurs polices d'assurance résiliées car incompatibles avec les nouveaux contraires. Quant aux Américains dépourvus d'assurance maladie, qui sont 48 millions et pour lesquels la réforme a été conçue, bien peu ont pu pour l'heure obtenir une assurance subventionnée du fait des ratés du site internet construit pour ce faire.
"Il ne fait aucun doute que notre incapacité à mettre en oeuvre en douceur l'Affordable Care Act (loi pour une couverture maladie abordable) a embarrassé les démocrates, qu'ils soient candidats ou non, parce qu'ils se sont mobilisés et l'ont soutenue", a reconnu Barack Obama lors d'une conférence de presse jeudi dernier.
L'échec est tel que certains spécialistes de la Maison blanche, comme Michael Beschloss, le comparent au fiasco de la Baie des Cochons, l'invasion ratée de Cuba sous la présidence de John Kennedy, en 1961, ou au scandale des écoutes du Watergate qui conduisit à la démission de Richard Nixon en 1974. (voir )
La cote de Barack Obama a plongé à 39% d'opinions favorables selon un sondage réalisé la semaine dernière par l'université Quinnipiac.
"L'Obamacare a stoppé la dynamique qui s'était installée en faveur des démocrates après le 'shutdown', elle l'a gommée", estime Dave Wasserman, analyste politique du Cook Political Report.
Pour autant, le Parti républicain ne crie pas victoire. Parce que le risque d'un nouveau "shutdown" n'est pas exclu.
La crise d'octobre n'a été que temporairement réglée en effet et de nouvelles discussions, sur le budget comme sur le plafond de la dette fédérale, sont programmées cet hiver.
"Les républicains vont devoir la jouer malin", prévient Charlie Black, stratège électoral du parti.
"Si nous devions de nouveau être impliqués dans un nouveau 'shutdown' de l'administration ou refuser un relèvement du plafond de la dette, nous pourrions braquer les projecteurs sur nos propres vulnérabilités", ajoute-t-il.
Avec Thomas Ferraro; Jean-Philippe Lefief et Henri-Pierre André pour le service français
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